Une tribune pour les luttes

Parution aux éditions Campagne-Première en mars 2007

Clinique de la servitude

de Jacques Félician

Article mis en ligne le vendredi 9 mars 2007

Il y a un an, le 26 février 2006, à Mille Bâbords, Jacques Félician nous avais donné la primeur de ses travaux lors d’une conférence - débat sur la servitude volontaire :
LA SOUMISSION AUX FORMES ACTUELLES DU POUVOIR.

Nous étions nombreux, le local était plein et les débats furent animés : passionnés et passionnants.

La parution du livre de Jacques vient enfin permettre à tout un chacun d’approfondir cette question qui reste centrale dans tout projet émancipateur.

En introduction à cette lecture, on pourra écouter utilement l’enregistrement de cette conférence sur Bibliothèque sonore

Argument

Depuis toujours on s’est interrogé sur le Pouvoir, plus récemment sur les pouvoirs, leur organisation, leur efficacité.

Mais « pourquoi obéit-on ? » ; cette question qui en est l’exact envers, est exceptionnellement posée. Sinon par La Boétie à l’aube de la modernité avec le « Discours de la servitude volontaire ».

La psychanalyse peut-elle en éclairer le ressort que La Boétie n’indique qu’elliptiquement ? Oui, si l’on admet avec Hannah Arendt l’hypothèse d’une expérience fondamentale de la condition humaine - l’être-en-abandon - que le totalitarisme a dévoilée. L’être-en-abandon, tel qu’on peut le repérer dans nombre d’organisations cliniques (psychose, mélancolie en particulier) ne renvoie pas tant à la mort qu’au traumatisme de la naissance, lorsque l’être chu, recueilli par le réseau de signifiants dont il est le produit ne peut qu’être l’objet de la jouissance de l’Autre.

Entre la chute dans le néant et l’identification aux signifiants de l’Autre, c’est le second terme qui est le passage obligé et détermine la servitude : l’a-sujet aura à y trouver - ou non - sa parole pour - jusqu’où il le peut - s’en délivrer. Dans un autre registre, c’est la même alternative que propose notre modernité : la servitude dans l’adhésion aux discours de maîtrise qui régissent notre société ou le néant de la marginalisation. A cette alternative, la psychanalyse indique une autre voie, si elle résiste à la mise au pas généralisée qui la menace. Ce qui est loin d’être acquis.

Cette thèse, étayée sur des expériences cliniques mais aussi sur des expériences institutionnelles, montre comment la boussole du transfert peut aider à trouver un chemin propre au-delà d’une servitude qui est un donné structural originaire. La troisième partie du livre développe la critique de certains concepts que les analystes n’ont que trop tendance à faire leurs.

En arrière-plan de ces différentes questions, l’énigme de « l’homme de masse » dont l’avènement est l’un des faits majeurs du « malaise de la culture ».

ISBN : 9782915789287 - 192 pages - 19 €

Distributeur : Union de Distribution (UD), diffusion PUF

Jacques Félician présentera son livre « Clinique de la servitude » (éditions Campagne-Première, mars 2007) :

- à Paris chez Tschann (125 boulevard du Montparnasse 75006) le lundi 19 mars 2007 à 20 h 30.

- à Marseille à l’Odeur du temps » (35 rue Pavillon 13006) le samedi 31 mars 2007 à 19 h.

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