Une tribune pour les luttes

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Suite du débat "Vies et Mort de la Lutte de classes"

Faisons le point et allons plus loin !

Nous avons ces dernières semaines fait un bilan du débat qui a eu lieu à Mille Bâbords le 8 janvier autour du livre de R. KURZ et de la théorie critique de la valeur. Les satisfactions, les apports, les limites, les déceptions que cette discussion a fait apparaitre et a produit nous font faire un constat : Les concept fondamentaux qui ont été utilisé dans le discours de chacun sont parfois mal connus ou confus et au centre de ceux-ci la question de la lutte de classe.

Nous vous invitons donc à nous rejoindre lors d’Atelier de réflexion autour du manifeste du parti communiste de 1847 qui évoque en premier ces concepts. Il ne s’agit pas d’une formation où les présupposés domineraient, nous voulons proposer une réflexion ouverte et sans dogme.

Si ces discussion vous intéresse envoyez nous un mail à contact-biblio [at] millebabords.org nous vous communiquerons rapidement la date de ces ateliers.

A l’initiative de la Commission Bibliothèque, a été organisé un débat sur le thème : « Vies et mort de la lutte de classes » à partir d’une lecture critique du livre de R. Kurz « Vies et mort du capitalisme ». Pour la Commission, il ne s’agissait pas de discuter des thèses de cet auteur se réclamant du mouvement « Critique de la valeur » mais de se centrer sur l’affirmation qu’il n’existe pas, au sein de la société capitaliste, un sujet révolutionnaire. Pour la Commission, ce qui a motivé ce débat, c’est son désaccord avec la conception fataliste de Kurz excluant toute action humaine influençant l’évolution du capitalisme et donc son rejet de la notion de lutte de classes et de l’existence d’un sujet révolutionnaire. Pour la Commission, il s’agit de clarifier et pour cela de revenir sur une question de base, que recouvre ce concept « lutte de classes » et est-il encore opérant aujourd’hui ? et voir pourquoi une telle faiblesse actuelle du prolétariat ?

Le débat a réuni une trentaine de personnes venant d’horizons différents, des non organisés comme des organisés. Ce débat a été instructif puisqu’il a permis de mieux comprendre plusieurs types d’argumentations qui soit convergeaient vers les thèses de Kurz, soit affirmaient le contraire avec des points de vue différents, soit posaient simplement des questions. Différents courants étaient représentés, comme des partisans du courant bordiguiste, anarchiste, des représentants de « Théorie Communiste » et des militants du Courant Communiste International.

Il est impossible de traiter de manière exhaustive les différents positionnements et questionnements, mais seulement les grandes lignes qui se sont dégagées. Si nécessaire, un forum de discussions pourrait être ouvert pour une expression plus précise de ces différents positionnements. Ce qu’il ressort de ce débat, c’est :

-  Pour le courant bordiguiste, l’affirmation que la classe ouvrière est une classe historiquement révolutionnaire qui s’exprime à travers la création d’un parti révolutionnaire ;
-  Pour « Théorie Communiste », la classe ouvrière n’est pas une classe révolutionnaire, tout le mouvement ouvrier du passé avait comme objectif une meilleure intégration du prolétariat au sein du capitalisme, ceci était le programme des bolchéviks. En ce sens le prolétariat ne lutte pas contre son exploitation et encore moins pour se libérer des chaines du capitalisme. Il n’y a rien à espérer de la classe ouvrière ;
-  Une position plus traditionnellement anarchiste : les projets révolutionnaires sont multiples, les acteurs révolutionnaires sont aussi multiples. La classe ouvrière n’est pas le seul sujet révolutionnaire et le communisme n’est pas l’unique objectif, d’autres opprimés comme les paysans sont aussi révolutionnaires et leurs objectifs tels que l’autogestion sont aussi des projets révolutionnaires. En fait les luttes du Chiapas sont un exemple de mouvement révolutionnaire où se construit un autre projet de société.
-  Le Courant Communiste International, argumentant sur la nature révolutionnaire du prolétariat, porteur du projet communiste, s’est aussi attaché à analyser les faiblesses que rencontre le prolétariat actuellement : le poids encore très fort de la campagne anti- communiste après 89 qui lui a fait perdre toute perspective révolutionnaire du fait que les luttes des années 80, au cœur du capitalisme, avaient eu du mal déjà à dégager un tel objectif politique ; de la place de la classe ouvrière au sein des rapports de production capitalistes avec tout le poids de l’aliénation qui pèse renforçant ses difficultés actuelles.

Dans cette discussion, des interventions sont plus allées dans le sens de poser des questions :

-  Il est nécessaire de périodiciser les luttes ouvrières, comprendre ce qui s’est passé, ce que nous pouvons en retenir, dans quel contexte elles se sont déroulées ;
-  Une autre intervention s’interrogeait sur la perte actuelle de l’identité de classe, surtout en Occident, alors que dans les pays comme la Chine et d’autres, la notion de classe ouvrière est plus claire ;
-  Une autre intervention, disait que le Manifeste de Marx est son livre le plus exécrable, interrogeait l’assistance sur pourquoi on ne discutait pas de certains thèmes mis en avant dans le livre de Kurz, l’aliénation du travail, la question de l’argent, l’effondrement du système capitaliste.

Ce que fait apparaitre cette discussion, c’est que la notion de lutte de classe est soit différemment interprétée soit confuse pour certains des présents. Etant donné ce constat, pour la Commission, pour savoir de quoi on parle, pour comprendre et évaluer la pertinence actuelle des concepts comme « lutte de classe », « classe ouvrière »…il serait nécessaire de revenir aux textes fondamentaux, et en ce sens celui qui vient en premier, puisqu’il traite fondamentalement de cette question, c’est le « Manifeste du Parti Communiste » de Marx.

La réunion du 8/01 a ouvert un champ de réflexion à poursuivre, sous la forme d’ateliers de discussions. Reprendre le Manifeste de Marx, d’y réfléchir dessus autour de 3 axes :
-  Une lecture pour mieux comprendre les concepts qui s’en dégagent avec un esprit critique, ce qui reste valable et ce qui ne l’est plus ;
-  Comment ces concepts ont été opérants dans l’histoire : revenir sur le mouvement ouvrier révolutionnaire ;
-  Est-ce que le Manifeste est-il encore d’actualité ? Comment et pourquoi ?

Voici le document :

PDF - 189.7 ko

Pour la Commission, ces ateliers sont conçus comme un lieu de réflexion et non pas une « école » avec des élèves et des professeurs. Afin de mieux les organiser, la Commission propose, à ceux qui sont intéressés, et dans l’état d’esprit défini plus haut, de nous envoyer un mail. contact-biblio [at] millebabords.org

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