Une tribune pour les luttes

La "renaissance du nucléaire" décapitée :

la sûreté des deux principaux réacteurs actuels, l’EPR français et l’AP 1000 américain, gravement mise en cause

"Sortir du nucléaire" met en accusation l’Autorité de sûreté nucléaire française et demande au gouvernement d’annuler le rachat de Constellation (USA) et de British Energy (Grande-Bretagne) par EDF

Article mis en ligne le mardi 3 novembre 2009

Depuis plusieurs années, les dirigeants politiques et industriels annoncent un supposé "grand retour du nucléaire". Cette thèse est contredite par les faits, tant sur le plan économique que technique.

Sur le plan économique : plusieurs projets de construction de nouveaux réacteurs ont été annulés ces derniers mois [1], tout simplement parce que produire de l’électricité avec des réacteurs nucléaires nécessite de trop lourds investissements et parce que le retour sur investissement est peu probable.

Sur le plan technique : les deux principaux réacteurs actuellement sur le marché, l’EPR français et l’AP 1000 américain, rencontrent de très graves difficultés, tant sur le plan de la sûreté que sur les chantiers déjà engagés.

1) L’EPR :

- Défaillance du contrôle commande :
Le 2 novembre 2009, les Autorités de sûreté britannique (HSE), finlandaise (STUK) et française (ASN) ont publié une déclaration commune sur la conception du système de contrôle-commande du réacteur EPR. Il faut néanmoins rappeler que c’est la HSE qui, dès juin 2009, avait mis à jour cette grave défaillance qui avait échappé à l’ASN et à la STUK. Il est d’ailleurs légitime de se poser des questions sur la compétence et/ou l’indépendance des ces "autorités".

- Vulnérabilité en cas de crash d’avion de ligne :
Dès novembre 2003, le Réseau "Sortir du nucléaire" a révélé un document confidentiel défense issu d’EDF qui reconnaît que, contrairement à ce que prétendent les autorités françaises, le réacteur français EPR n’est pas conçu pour résister à un crash d’avion de ligne [2]

- Déconvenues sur les chantiers en cours :
Le chantier EPR de Finlande, lancé par Areva en 2005, est un véritable désastre industriel et financier : il compte à ce jour, 44 mois de retard et 3 milliards d’euros de surcoût. Le chantier EPR de Flamanville (Manche), lancé par EDF en 2007, compte déjà un an de retard et 1 milliard d’euros de surcoût… en attendant la suite.

2) L’AP 1000 :

- Défaillance de la sûreté :
Le 15 octobre, l’autorité de sûreté nucléaire des USA, la NRC, a jeté un incroyable pavé dans la mare [3] en recalant la "sûreté" du réacteur AP 1000, lequel ne semble pas apte à résister à des événements naturels (séismes, inondations, etc) ou à un crash d’avion de ligne. Il s’agit d’un très grave contretemps, et peut-être d’un coup mortel pour le programme AP 1000 et donc pour les quelques projets nucléaires encore en cours aux USA.

- Déconvenue sur le chantier en cours :
En août 2009, l’agence Platts révélait que de graves problèmes se posaient dans la fabrication des pièces prévues pour les réacteurs AP 1000 prévus à Sanmen (Chine).

Conclusions :

- Les problématiques industrielle et économique se rejoignent :

Alors que les électriciens hésitent ou renoncent à commander des réacteurs nucléaires du fait de leurs coûts, les graves problèmes rencontrés sur les chantiers EPR et AP 1000 font exploser les coûts réels. De fait, le nombre de réacteurs qui vont être réellement commandés risquent bien de se compter sur les doigts des deux mains, voire d’une seule…

-  Le prochain Tchernobyl sera-t-il chinois ?

On peut s’inquiéter en constatant que les responsables du nucléaire chinois ont validé la construction de l’AP 1000, qui est pourtant recalé par les USA, et celle de l’EPR, qui est pourtant recalé par la Finlande, la Grande-Bretagne et la France !

- Il faut stopper de toute urgence le programme EPR

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande l’annulation du projet de réacteur EPR prévu à Penly (Seine-Maritîme) mais aussi l’arrêt définitif du chantier EPR en cours à Flamanville (Manche). Ce ne serait d’ailleurs pas un précédent : plusieurs réacteurs en construction ou même déjà achevés ont été abandonnés dans différents pays.

Notes

[1] Voir ici : http://www.sortirdunucleaire.org/ac...

[2] Document confidentiel défense : http://www.sortirdunucleaire.org/do...

[3] http://www.cbsnews.com/stories/2009...


Défauts des systèmes de contrôle du réacteur EPR - "Sortir du nucléaire" met en accusation l’Autorité de sûreté nucléaire française

C’est l’autorité de sûreté britannique qui a détecté en juin 2009 la grave faille du contrôle-commande de l’EPR... alors que l’ASN française n’avait rien signalé et avait déjà autorisé la construction de l’EPR

Ce lundi 2 novembre, les autorités de sûreté nucléaire britannique, finlandaise et française ont publié un communiqué commun mettant en lumière les failles du système de contrôle du réacteur nucléaire EPR. Mais cette démarche unanime masque la réalité : c’est l’autorité de sûreté britannique seule qui a détecté le problème en juin 2009... alors que l’autorité se sûreté française (ASN) avait depuis longtemps autorisé la construction de l’EPR : l’ASN n’a donc rien vu... ou rien dit.

Reprenons la chronologie des faits :

- Le 1er juillet 2009, le quotidien britannique The Times révèle (1) que l’Autorité de sûreté britannique (la NII) met sérieusement en cause la sûreté du système de contrôle-commande de l’EPR et vient d’écrire à ce sujet à EDF et Areva.

- Le 7 juillet 2009, après avoir découvert l’information venue de Grande-Bretagne, l’ASN annonce (2) qu’elle est "en train d’élaborer [sa] position sur le contrôle commande" du réacteur nucléaire EPR. Il est grand temps : depuis des années, elle a autorisé la construction de l’EPR en Finlande puis en France (3)

- Le 2 novembre 2009, les autorités de sûreté française et finlandaise se joignent à la NII pour remettre en cause le contrôle-commande del’EPR.

Il a donc fallu que ce soit l’Autorité de sûreté britannique - saisie par EDF et Areva qui espèraient alors construire des réacteurs outre-Manche - qui détecte de graves défauts... que n’avait pas signalé l’ASN française.

L’ASN se défend de façon parfaitement ridicule : pour évaluer la sûreté du contrôle-commande, elle attendrait que ce dernier soit en cours d’installation dans le réacteur EPR actuellement en construction à Flamanville (Manche). Mais pourquoi attendre ? L’autorité de sûreté britannique, elle, a immédiatement détecté ces graves défauts alors que l’EPR n’existe que de façon virtuelle en Grande-Bretagne... et pourrait bien ne jamais y être construit.

On est logiquement amené à envisager deux hypothèses :

- soit l’ASN a été gravement incompétente en ne détectant pas les défauts de l’EPR, et elle tente maladroitement de se cacher son erreur

- soit l’ASN a délibérément décidé de passer sous silence les défauts de l’EPR afin ne pas compromettre les intérêts de l’industrie nucléaire française, prenant le risque d’une ou plusieurs catastrophes nucléaires.

Dans les deux cas, cette affaire met profondément en cause la compétence et la fiabilité de l’ASN : si elle commet des fautes aussi graves concernant l’EPR, comment ne pas penser qu’elle en a commis aussi sur d’autres dossiers ? C’est d’ailleurs cette même ASN qui affirme actuellement (4) que les réacteurs français peuvent fonctionner au-delà de 30 ans.

Il semble donc nécessaire, avant que l’irréparable ne se produise, qu’une commission d’enquête indépendante fasse toute la vérité sur cette affaire et surtout sur la fiabilité de l’ASN. Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle d’ailleurs que la seule façon d’assurer la sûreté nucléaire est... de fermer au plus vite les centrales.

La solution passe par des investissements majeurs - à l’image de ceux dont a hélas bénéficié le nucléaire depuis 50 ans - dans les plans d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

(1) http://business.timesonline.co.uk/t...

(2) http://www.romandie.com/infos/news2/090707144556.dt6dmll8.asp

(3) http://www.asn.fr/index.php/content...

(4) http://bit.ly/Ln2Vh

Lien permanent vers ce communiqué :

http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php ?aff=633


Déboires des réacteurs EPR et AP 1000 - "Sortir du nucléaire" demande au gouvernement d’annuler le rachat de Constellation (USA) et de British Energy (Grande-Bretagne) par EDF

- EDF rachète ces entreprises pour construire des réacteurs nucléaires… qui n’obtiendront vraisemblablement pas l’autorisation de mise en service !

- Il est temps d’investir en France dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables au lieu de gaspiller l’argent public pour des achats à l’étranger

A quelques jours d’intervalle, les deux principaux réacteurs nucléaires disponibles actuellement sur le marché international viennent d’être gravement remis en cause par les autorités de sûreté :

- le réacteur français EPR a été pointé le 2 novembre 2009 par les autorités de sûreté britannique, finlandaise et française, pour une grave faille du système de contrôle-commande. (1)

- le réacteur américain AP 1000 a été tout aussi gravement mis en cause le 15 octobre par l’autorité de sûreté des USA (la NRC), pour sa vulnérabilité face aux séismes, tempêtes ou crash d’avion de ligne. (2)
De fait, en quelques jours, la quasi-totalité des projets de construction de nouveaux réacteurs nucléaires sont devenus totalement virtuels. (3)

Or, ces dernier mois, EDF a dépensé des sommes gigantesques (4) pour racheter British Energy en Grande-Bretagne et la moitié des activités nucléaires de Constellation aux USA. Mais il apparaît que ces acquisitions ne sont pas définitivement finalisées, en particulier concernant Constellation.

Il est donc encore temps d’annuler ces acquisitions ruineuses et parfaitement inutiles : même du point de vue pronucléaire, il est absurde de racheter des entreprises pour construire des réacteurs… qui ne verront vraisemblablement jamais le jour. L’Etat français, actionnaire principal d’EDF, peut et doit intervenir.

Alors que la pénurie d’électricité menace la France, piégée par l’option nucléaire, l’annulation de ces acquisitions et du programme EPR serait l’occasion d’investir enfin, et de façon massive, dans les plans d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

(1) http://www.asn.fr/index.php/S-infor...
(2) http://www.nytimes.com/2009/02/18/u...
(3) Plusieurs projets de nouveaux réacteurs ont déjà été annulés pour des raisons financières, les autres sont donc compromis par la remise en cause de la sûreté de l’EPR et de l’AP 1000.
(4) Environ 14 milliards pour British Energy et 5 milliards pour Constellation

Lien permanent vers ce communiqué :

http://www.sortirdunucleaire.org/ac...

[1] Voir ici : http://www.sortirdunucleaire.org/ac...

[2] Document confidentiel défense : http://www.sortirdunucleaire.org/do...

[3] http://www.cbsnews.com/stories/2009...


Défauts des systèmes de contrôle du réacteur EPR - "Sortir du nucléaire" met en accusation l’Autorité de sûreté nucléaire française

C’est l’autorité de sûreté britannique qui a détecté en juin 2009 la grave faille du contrôle-commande de l’EPR... alors que l’ASN française n’avait rien signalé et avait déjà autorisé la construction de l’EPR

Ce lundi 2 novembre, les autorités de sûreté nucléaire britannique, finlandaise et française ont publié un communiqué commun mettant en lumière les failles du système de contrôle du réacteur nucléaire EPR. Mais cette démarche unanime masque la réalité : c’est l’autorité de sûreté britannique seule qui a détecté le problème en juin 2009... alors que l’autorité se sûreté française (ASN) avait depuis longtemps autorisé la construction de l’EPR : l’ASN n’a donc rien vu... ou rien dit.

Reprenons la chronologie des faits :

- Le 1er juillet 2009, le quotidien britannique The Times révèle (1) que l’Autorité de sûreté britannique (la NII) met sérieusement en cause la sûreté du système de contrôle-commande de l’EPR et vient d’écrire à ce sujet à EDF et Areva.

- Le 7 juillet 2009, après avoir découvert l’information venue de Grande-Bretagne, l’ASN annonce (2) qu’elle est "en train d’élaborer [sa] position sur le contrôle commande" du réacteur nucléaire EPR. Il est grand temps : depuis des années, elle a autorisé la construction de l’EPR en Finlande puis en France (3)

- Le 2 novembre 2009, les autorités de sûreté française et finlandaise se joignent à la NII pour remettre en cause le contrôle-commande del’EPR.

Il a donc fallu que ce soit l’Autorité de sûreté britannique - saisie par EDF et Areva qui espèraient alors construire des réacteurs outre-Manche - qui détecte de graves défauts... que n’avait pas signalé l’ASN française.

L’ASN se défend de façon parfaitement ridicule : pour évaluer la sûreté du contrôle-commande, elle attendrait que ce dernier soit en cours d’installation dans le réacteur EPR actuellement en construction à Flamanville (Manche). Mais pourquoi attendre ? L’autorité de sûreté britannique, elle, a immédiatement détecté ces graves défauts alors que l’EPR n’existe que de façon virtuelle en Grande-Bretagne... et pourrait bien ne jamais y être construit.

On est logiquement amené à envisager deux hypothèses :

- soit l’ASN a été gravement incompétente en ne détectant pas les défauts de l’EPR, et elle tente maladroitement de se cacher son erreur

- soit l’ASN a délibérément décidé de passer sous silence les défauts de l’EPR afin ne pas compromettre les intérêts de l’industrie nucléaire française, prenant le risque d’une ou plusieurs catastrophes nucléaires.

Dans les deux cas, cette affaire met profondément en cause la compétence et la fiabilité de l’ASN : si elle commet des fautes aussi graves concernant l’EPR, comment ne pas penser qu’elle en a commis aussi sur d’autres dossiers ? C’est d’ailleurs cette même ASN qui affirme actuellement (4) que les réacteurs français peuvent fonctionner au-delà de 30 ans.

Il semble donc nécessaire, avant que l’irréparable ne se produise, qu’une commission d’enquête indépendante fasse toute la vérité sur cette affaire et surtout sur la fiabilité de l’ASN. Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle d’ailleurs que la seule façon d’assurer la sûreté nucléaire est... de fermer au plus vite les centrales.

La solution passe par des investissements majeurs - à l’image de ceux dont a hélas bénéficié le nucléaire depuis 50 ans - dans les plans d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

(1) http://business.timesonline.co.uk/t...

(2) http://www.romandie.com/infos/news2/090707144556.dt6dmll8.asp

(3) http://www.asn.fr/index.php/content...

(4) http://bit.ly/Ln2Vh

Lien permanent vers ce communiqué :

http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php ?aff=633


Déboires des réacteurs EPR et AP 1000 - "Sortir du nucléaire" demande au gouvernement d’annuler le rachat de Constellation (USA) et de British Energy (Grande-Bretagne) par EDF

- EDF rachète ces entreprises pour construire des réacteurs nucléaires… qui n’obtiendront vraisemblablement pas l’autorisation de mise en service !

- Il est temps d’investir en France dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables au lieu de gaspiller l’argent public pour des achats à l’étranger

A quelques jours d’intervalle, les deux principaux réacteurs nucléaires disponibles actuellement sur le marché international viennent d’être gravement remis en cause par les autorités de sûreté :

- le réacteur français EPR a été pointé le 2 novembre 2009 par les autorités de sûreté britannique, finlandaise et française, pour une grave faille du système de contrôle-commande. (1)

- le réacteur américain AP 1000 a été tout aussi gravement mis en cause le 15 octobre par l’autorité de sûreté des USA (la NRC), pour sa vulnérabilité face aux séismes, tempêtes ou crash d’avion de ligne. (2)
De fait, en quelques jours, la quasi-totalité des projets de construction de nouveaux réacteurs nucléaires sont devenus totalement virtuels. (3)

Or, ces dernier mois, EDF a dépensé des sommes gigantesques (4) pour racheter British Energy en Grande-Bretagne et la moitié des activités nucléaires de Constellation aux USA. Mais il apparaît que ces acquisitions ne sont pas définitivement finalisées, en particulier concernant Constellation.

Il est donc encore temps d’annuler ces acquisitions ruineuses et parfaitement inutiles : même du point de vue pronucléaire, il est absurde de racheter des entreprises pour construire des réacteurs… qui ne verront vraisemblablement jamais le jour. L’Etat français, actionnaire principal d’EDF, peut et doit intervenir.

Alors que la pénurie d’électricité menace la France, piégée par l’option nucléaire, l’annulation de ces acquisitions et du programme EPR serait l’occasion d’investir enfin, et de façon massive, dans les plans d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

(1) http://www.asn.fr/index.php/S-infor...
(2) http://www.nytimes.com/2009/02/18/u...
(3) Plusieurs projets de nouveaux réacteurs ont déjà été annulés pour des raisons financières, les autres sont donc compromis par la remise en cause de la sûreté de l’EPR et de l’AP 1000.
(4) Environ 14 milliards pour British Energy et 5 milliards pour Constellation

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