Une tribune pour les luttes

Fermeture des camps de rétention !

La Cimade : Une semaine presque ordinaire au centre de rétention du Mesnil-Amelot

+ Témoignage d’un retenu au Centre de rétention du Mesnil-Amelot début janvier 2011
+ La gale au centre de rétention de Nîmes

Article mis en ligne le jeudi 10 février 2011


TV Sud : Gale au centre de rétention de Nîmes : Un témoin parle ! [vidéo ]
Télé Miroir

http://www.educationsansfrontieres.org/article34480.html


http://www.cimade.org/nouvelles/306...


Une semaine presque ordinaire au centre de rétention du Mesnil-Amelot

04 février 2011

Alors que les sénateurs examinent en ce moment le projet de loi sur l’immigration et discutent de l’augmentation de la durée de rétention en brandissant statistiques et arguments d’efficacité, au centre de rétention du Mesnil-Amelot, les intervenants et les retenus ont vécu cette semaine un condensé des conséquences humaines dramatiques auxquelles peuvent conduire l’enfermement à tout prix et des dérives de la politique du chiffre.


* Une escalade de violences quotidiennes

Lundi : après avoir subi deux tentatives d’embarquement, un monsieur de nationalité algérienne, maintenu en rétention par la préfecture du Val de Marne depuis le 13 janvier se taillade avec des lames de rasoirs. La veille il avait déjà avalé du savon. Suite à ces tentatives d’embarquements forcés, les autres personnes retenues se sont particulièrement émues de sa situation. Ce monsieur sera malgré ses blessures embarqué vers l’Algérie le jour-même.


Mardi :
C’est au tour d’un autre monsieur, Marocain cette fois-ci et également maintenu par la préfecture du Val de Marne depuis le 12 janvier, de tenter d’échapper à une expulsion en avalant des lames de rasoir. Le lendemain, la préfecture, intraitable, reprogramme un vol. , Selon ce qu’il nous a rapporté, l’escorte de police aurait refusé de prendre la responsabilité de l’embarquer dans cet état. La préfecture s’acharne et le surlendemain, il est reconduit vers le Maroc malgré sa détermination à s’opposer à son expulsion.


* Des personnes vulnérables enfermées


Mercredi :
Suite probablement à des automutilations, un retenu est transféré d’urgence à l’hôpital. Il est enfermé au centre de rétention depuis deux semaines par la préfecture du Loiret. Il semble souffrir de problèmes psychologiques importants, il s’est notamment déféqué dessus et son comportement est très instable. Pourtant, après son passage à l’hôpital, il est de retour au centre de rétention et emmené à l’embarquement dès le lendemain. Nous apprenons qu’il n’a pas pu embarquer suite à la réaction de certains passagers. ll est donc de retour au centre de rétention.

Ce même mercredi, nous rencontrons trois jeunes hommes, un Nigérian et deux Sierra léonais, interpellés à Orly alors qu’ils arrivaient de Grèce. Tous les trois déclarent être mineurs. Mais une expertise osseuse, dont la fiabilité est remise en cause par de nombreux experts, les contredit. L’un d’entre eux semble refuser de s’alimenter depuis et est terrorisé par cet enfermement. Sa demande d’asile est aujourd’hui en cours d’examen.


* délation et interpellations déloyales

Jeudi, la semaine n’est pas finie. Ce sont des hommes interpellés de façon déloyale et choquante que nous rencontrons.

L’un a été interpellé à la poste d’Alfortville suite à la dénonciation du guichetier alors qu’il venait simplement prendre des renseignements, le distributeur automatique ayant avalé sa carte. Après un court séjour en prison, il est actuellement maintenu au centre de rétention du Mesnil-Amelot. Il serait pourtant client de la banque postale depuis 7 ans.

L’autre, hospitalisé d’office par le préfet du Loiret, est placé en garde à vue dès sa sortie de l’hôpital et transféré au CRA du Mesnil-Amelot. Après un jour en chambre d’isolement et quelques jours d’hospitalisation, il va découvrir une nouvelle forme d’enfermement.

Le dernier s’est fait interpellé au commissariat de Pithiviers. Mal orienté, il y était venu une première fois pour déposer une demande de régularisation. Les fonctionnaires de la police municipale ont accepté le dépôt du dossier puis l’ont convoqué au motif qu’il devait apporter un complément : la quittance de loyer de la personne qui l’héberge. Suite à cette convocation piège, victime d’une interpellation déloyale, il est placé en garde à vue et conduit au centre de rétention du Mesnil-Amelot.

… Une semaine presque ordinaire au centre de rétention du Mesnil-Amelot, que l’on a eu envie d’écrire pour que personne n’oublie ce qui est en jeu dans le vote du nouveau projet de loi sur l’immigration et que l’enfermement des personnes n’est jamais quelque chose d’anodin.


Voici un nouveau témoignage d’une personne dite sans papiers qui était enfermée au centre de rétention du Mesnil-Amelot début janvier. Le recueil de témoignages de retenus a été initié début 2008 dans le cadre des luttes menées à l’intérieur des centres de rétention du Mesnil-Amelot et Vincennes. En récoltant et diffusant ces témoignages notre volonté est de décrire la réalité des centres du point de vue de celles et ceux qui y sont enfermé/es et de contribuer aux luttes non pas pour les réformer mais pour les faire disparaitre.

Début janvier 2011

Centre de rétention du Mesnil-Amelot

« Au centre on devient comme des animaux, on a les cheveux, la barbe... On a demandé pour avoir un coiffeur, mais ils veulent pas. Les rasoirs qu’ils nous donnent tu peux pas te raser avec, ça rase pas la barbe et tu te coupes le visage. Ils nous donnent ceux que t’achètes sur le marché les 100 pour 1 euro. Ma famille, quand ils sont venus me visiter ils m’en ont ramené, des rasoirs biens, de marque. Mais ils ont pas voulu. Je leur ai dit que s’ils voulaient pas que je les garde moi, ils pouvaient les mettre à l’endroit où on demande les rasoirs, pour que tout le monde les utilise, mais ça non plus, ils ont jamais voulu.

Ici, il n’y a pas d’hygiène, les toilettes sont bouchées. Ils disent que c’est à cause du papier toilette comme si c’était de notre faute, mais alors pourquoi ils nous donnent du papier toilette si ça bouche les canalisations ? Et ils veulent pas non plus mettre de poubelle. Ils nous sortent dehors de 8h à 12h pour faire le ménage. Pendant 4h on est dehors, parce qu’elles sont que deux pour faire le ménage dans les 6 blocs ! On a qu’une toute petite salle où il y a un ping-pong et un baby foot. Mais là, le centre il est rempli alors, c’est sur qu’on peut pas tous être à l’intérieur...

La bouffe elle est dégueulasse, y’en a pas assez et c’est pas AVS (hallal). Moi je suis musulman alors je mange que les carottes, les trucs comme ça. Les gens qui sont venus me visiter, quand ils m’ont vu ils ont été choqués parce que j’ai beaucoup maigri, j’ai pas bonne mine quoi. Les barquettes ils mettent du bromure dedans. C’est facile pour eux de le faire sans que ça se voit parce qu’il suffit de chauffer le plastique pour les refermer. Le bromure ça a deux effets : ils l’utilisent dans les casernes pour enlever l’envie de... Et aussi le deuxième effet : ça fait dormir. Après chaque repas on s’endort tous. Tout à l’heure après le repas du midi, je me suis endormi. Ils font ça à tout le monde, dans toutes les barquettes. Comme ça, ça calme et pour eux les policiers, c’est tranquille. On a fait des pétitions où on a parlé de la nourriture. La chef, elle a dit que c’était pas sa faute, que c’était les contrats avec les entreprises et que là comme c’était la nouvelle année, il y aurait des nouveaux contrats...

Comme les gens ont protesté, y’en a qui voulaient tout casser et mettre le feu, mais y’en a d’autres qui leur ont dit que c’était dangereux qu’on pouvait aller en prison et qu’il fallait plutôt faire une pétition. Là, les policiers, ils ont assoupli un peu. Y’en a un il a fait de la prison à cause du Mesnil-Amelot, il était à Fresnes et il a peur pour les autres, que eux aussi ils aillent en prison. Les policiers ils sentent que c’est tendu. Alors la nourriture elle s’est un peu améliorée. Normalement on mange à 18h et à 19h : c’est fini. Là ils laissent jusqu’à 20h, 21h. Ils font ça pour calmer les gens.

Mais les policiers, ils provoquent tout le temps. L’autre jour y’en a un, un jeune (policier) de 1988 ou 87, il a accusé un vieux monsieur, qui a 50 ou 60 ans, de lui avoir jeté son café dessus. En fait il a juste jeté son gobelet vide par terre. Le policier, il a porté plainte contre lui, il va passer en procès pour ça, alors il a pris un avocat. Y’en a un autre, ils lui ont cassé le pied. Un matin ils sont venus le réveiller mais comme il était drogué à cause des médicaments, alors il se levait pas. Il l’ont tiré pour le faire sortir du lit et il est tombé, mais il était en haut sur un lit superposé en tombant il s’est cassé le pied et il les a insulté. Il voulait porté plainte contre eux ils sont venus le voir pour lui dire que s’il le faisait alors eux aussi ils porteraient plainte contre lui. Du coup il l’a pas fait, devant un juge la parole d’un clandestin contre trois policiers : ça vaut rien ! Lui, il sortait de prison, il a fait six ans à Fleury-Mérogis. L’autre jour j’ai fait une crise d’épilepsie, c’est la première fois de ma vie que je faisais une crise. Je sais pas comment il a fait pour faire rentrer son portable, mais y’a quelqu’un qui a réussi a filmé et après il m’a montré la vidéo. Des policiers sont arrivés, ils voulaient pas croire que c’était une crise. J’étais à terre et y’en a un qui m’a frappé, il m’a écrasé la tête avec son pied, et les policiers ils ont vraiment des grosses chaussures, jusqu’à ce que le médecin arrive et lui dise d’arrêter. C’est pas comme ça qu’on fait quand quelqu’un fait une crise d’épilepsie, c’est grave de faire ça ! Quand je suis revenu, ils (les retenus) m’ont montré la vidéo, moi je me rappelais de rien. Quand j’ai revu le policier, je lui ai craché dessus. Là, le policier m’a dit qu’il allait porter plainte contre moi. Mais c’est rien un crachat comparé à ce qu’il m’a fait ! Et il le sait très bien. Alors je lui ai dit que dans ce cas moi aussi je porterai plainte mais avec des preuves ! Au final il a pas porté plainte.

Même pour le 31, ils voulaient pas qu’on fasse la fête, mais nous on a forcé et du coup on a pu se mettre dans la salle. On a tous rapporté tout ce que nos familles nous avaient apporté au parloir et on a partagé, on a fait la fête. Les policiers, ils étaient dégoutés parce que eux ils étaient là alors que nous on faisait la fête ensemble. Après il y a eu des gens du village d’à côté qui sont venus faire un feu d’artifice pour nous, on est sorti, on les a vus et on a crié, on était très content. Là, les policiers sont arrivés et ils nous ont gazés avec la lacrymogène.

Le soir où je suis arrivé, c’était y’a à peu près 3 semaines, y’a eu deux évasions. Ils sont passés par derrière, ils ont coupé leurs draps pour faire des cordes, ils sont montés, ils ont passé les grillages puis ils ont rampé sur le sol. Il y avait des gens qui les attendaient en motocross et ils sont partis. On a eu des nouvelles d’eux, ils sont loin maintenant, ils sont à l’étranger. Les policiers ils ont fait l’appel le matin, ils ont vu qu’ils répondaient pas mais c’est que le soir qu’ils se sont vraiment aperçus qu’ils étaient plus là. Ils se sont évadés parce qu’ils avaient vraiment aucun espoir de sortir. Le consul de l’Algérie les avait reconnu, ils allaient se faire expulser. Après ils ont rajouté des caméras et ils ont dit à tout le monde de le dire à personne. On m’a dit aussi qu’en septembre il y a eu deux personnes qui se sont évadées de Cité. Le mec c’était en sortant du tribunal, je sais pas comment il a fait mais comme il était fort et très sportif et tout alors il a poussé les policiers et il a réussi à s ’enfuir. La meuf c’était quand ils l’ont emmenée à Pantin voir le consul. Elle a réussi à s’enfuir, elle est rentrée dans une cité, elle a frappé à une porte, on lui a ouvert et ils l’ont cachée.

Tous, ils essaient de trouver ta nationalité parce qu’à chaque fois qu’ils trouvent la nationalité de quelqu’un on leur donne 500 euros. Tous, ça commence par les policiers, y’en a d’origine marocaine, tunisienne, algérienne... Ils essaient de te piéger. Ils commencent par te parler en arabe littéraire puis petit à petit ils te parlent avec les accents (des langues des pays cités) pour voir comment tu vas réagir. Un jour y’a une policière, elle a commencé à me parler en arabe, je l’ai arrêté tout de suite, je lui ai dit : « Ici, on est en France non ? Alors pourquoi tu me parles en arabe ? Parle moi en français ! ». Moi je parle quatre langues, alors je leur parle en français, espagnol ou italien mais jamais en arabe. Mais ceux qui viennent d’arriver ils savent pas, y’en a plein qui se font piéger. Y’a un jeune qui venait d’arriver, c’était un tunisien. Son interprète, il lui a dit en arabe : « Donne-moi ton passeport et je vais te faire sortir ». Le jeune, il lui a fait confiance, il lui a dit où il l’avait caché. L’interprète est allé le chercher et le jeune il s’est fait expulser.

Moi je fais plus confiance à personne, c’est eux qui m’ont appris ça : la police, la justice, les associations. Les deux associations qui sont dans le centre, l’OFII et la cimade, elles travaillent avec la police. (Nous lui disons que les deux c’est normalement pas la même chose, que l’OFII c’est l’Etat alors que la cimade est censée être une asso indépendante, il nous répond : )Les deux c’est l’Etat de toute façon. La cimade, elle te pose plein de questions, ils disent que c’est pour comprendre ta situation, pour t’aider mais après ils font un rapport. Ils disent que c’est bizarre parce que tout le monde dit qu’il est tunisien, marocain mais jamais algérien1... Ils nous demandent de leur dire notre « vraie » nationalité et que c’est pour nous, pour nous aider et nous envoyer vers des associations de notre pays. Et si jamais tu leur donne ta vraie nationalité alors ils le disent à la police. Y’a un mec, il s’est confié à eux, il leur a dit qu’il était parti d’Espagne parce qu’il avait été condamné à 3 mois de prison là-bas et qu’il avait un avis de recherche. Il croyait qu’ils allaient l’aider mais eux, ils ont fait leur rapport et il s’est fait expulser en Espagne, il doit être en prison maintenant.

Moi, ils m’ont emmené à Pantin voir le consul de Tunisie, il a commencé par me parler en arabe, je lui ai parlé en français, il a pas posé trop de questions. Mais des fois ils posent plein de questions et si tu réponds pas ou qu’il a pas ton identité alors il peut pas te reconnaître. Pour voir le consul de la Tunisie ou du Maroc, c’est la police qui t’emmène, y’a que le consul de l’Algérie qui se déplace jusqu’ici.

Ils regardent toutes tes réactions, c’est pour ça qu’il y a des caméras partout, et quand tu vois le consul aussi des fois y’a des caméras. Y’a aussi des caméras à côté des cabines (téléphoniques), pour voir ce que tu racontes. De toute façon tout est contrôlé. Même ton portable quand tu arrives ils l’ouvrent, ils enlèvent la puce et ils notent tous les numéros, c’est pour t’écouter. Ils regardent aussi les numéros dans le répertoire pour voir quels pays, pour trouver ta nationalité. Moi, ils ont regardé mais j’ai des numéros de tous les pays alors je leur ai dit : « j’ai plein des numéros français, alors je suis français ! ». Mais eux ils t’interdisent d’avoir un téléphone avec appareil photo, c’est pour pas que tu filmes à l’intérieur. Ils savent que c’est tellement la merde ici qu’il faut pas que ça se sache dehors, il faut pas qu’on montre tout ça. Alors quand t’arrives ils prennent ton téléphone et si y’a une caméra, ils la cassent. Moi j’avais un i phone, ils voulaient le casser, je leur ait dit non. C’est dommage quand même un portable si cher alors ils l’ont mis dans ma fouille et ma famille elle m’en a rapporté un vieux.

Dans le centre il y a un médecin et un psychiatre, mais pas la nuit. Ils donnent des médicaments à tout le monde, et des médicaments forts : Atarax, Rivotril et Valium, à des gens qui en ont jamais pris. Pendant les trois jours où on a fait la grève de la faim, ils continuaient de donner des cachets, alors que tu peux pas les prendre à jeun, c’est trop fort. Du coup les ambulances elles faisaient des allers-retour vers l’hôpital. Les médecins ils donnent ça parce que les gens ils sont anxieux ou énervés. Ils disent qu’ils sont comme ça parce qu’ils prennent pas les médicaments. Mais si les gens sont anxieux ou énervés c’est parce qu’ils sont
enfermés ! Les médecins, en fait c’est des policiers habillés avec une blouse !

Pour éviter l’expulsion, y’a de tout : y’a des gens qui se lacèrent le corps avec des lames de rasoir. Moi aussi quand j’étais en Espagne je me suis ouvert les veines, ils m’ont emmené à l’hôpital et je suis sorti. J’ai fait deux fois 45 jours là-bas. Y’en a qui avalent des pièces de monnaie ou des lames de rasoir, le temps qu’on les emmène à l’hôpital pour laver l’estomac, leur vol il part. Y’a un mec, y’a pas longtemps, il a mordu quelqu’un. Il avait déjà refusé une fois l’embarquement, alors cette fois-ci ils l’avaient attaché, menotté et tout. Il a été calme, alors quand il a été dans l’avion, il a demandé qu’on le détache pour boire de l’eau, les policiers ont accepté et tout de suite il s’est jeté sur un passager et il l’a mordu. Et ça a marché : ils l’ont débarqué de l’avion ! Y’en a un autre il s’est fait caca dessus, du coup ça puait la merde dans tout l’avion. Imaginez, les passagers qu’ont payé super cher leur billet Air France, ils veulent pas voyager avec l’odeur de merde ! Alors ils l’ont sorti. Y’a plein d’histoires comme ça. Moi y’a aucun consul qui m’a reconnu alors ils peuvent pas m’expulser, j’ai qu’à attendre de faire mes 32 jours. C’est marqué dans le centre sur un tableau, qu’à partir du mois de mars ça va passer à 45 jours... pfff...

Mais ce qui m’énerve le plus, c’est la préfecture. Tu passes devant le juge, tu peux à peine parler et de toute façon quand tu parles, quand tu t’expliques, il t’écoute même pas. Moi quand j’ai parlé à la cour, à un moment le juge il m’a arrêté et il m’a dit que la décision avait déjà été prise par la préfecture. Pourquoi ils t’emmènent là s’ils ont déjà pris la décision ? C’est vraiment juste de la comédie. Les avocats commis d’office ils travaillent avec la préfecture, ils sont payés par l’Etat, ils s’en foutent de toi. Y’a que ceux qui ont des avocats qu’ils paient eux même qui sortent, même s’ils ont ton passeport, ils arrivent à te faire sortir ! Y’a des numéros d’avocats qui tournent dans le centre, je crois que c’est l’OFII qui les donne. Tu les appelles, ils viennent te voir et si t’as pas d’argent, c’est pas grave : tu signes une reconnaissance de dette de 3000 euros ! Eux, ils font ça parce qu’ils savent très bien que tu vas sortir et ils prennent 3000 euros à chaque fois... C’est l’argent, c’est comme ça.

Mais si t’as un avocat commis d’office, alors tu sors du tribunal avec une interdiction du territoire français (ITF1). Et quand tu sors du centre de rétention, si jamais ils te re-chopent, c’est 3 mois de prison. Quand tu sors de prison, tu signes un papier qui dit que tu es libre. Alors toi tu commences à faire des plans dans ta tête, ce que tu vas faire quand tu vas sortir, tu réfléchis à ta nouvelle vie quoi. Tu passes la porte de la prison et là, y’a la PAF (police aux frontières) qui t’attend et ils te ramènent au centre de rétention et c’est reparti pour 32 jours et ainsi de suite, ITF, prison, centre de rétention... »

fermeturetention chez yahoo.fr

1 Le consulat d’Algérie à la réputation de délivrer très facilement des laissez-passer y compris à des personnes qui ne sont pas algériennes. Ce qui bien sûr rend service à l’Etat français puisque cela lui permet d’expulser vers ce pays les personnes dont il ignore la véritable identité. A l’arrivée, c’est la prison qui les attend.

2 L’ITF est une sanction pénale tandis que l’arrêté préfectorale de reconduite à la frontière (APRF) et l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) sont des sanctions administratives.


Lire aussi :

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CIMADE
Chroniques de rétention,

ouvrage collectif écrit par les intervenants de la Cimade, dans un centre de rétention.
octobre 2010

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+ Tous les Rapports de la CIMADE 2009 sur les centres et locaux de rétention administrative
à télécharger sur
http://www.cimade.org/publications/43

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Des sans-papiers témoignent
Feu au centre de rétention

Collection À boulets rouges
160 pages - 7 euros
Parution : 05/11/08

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2 Messages

  • Le 9 février 2011 à 19:28, par Christiane

    Depuis plus de 35 jours, 5 détenus du camps de Lukavica sont en grève de la faim. Le Commissaire aux droits de l’homme Thomas Hammarberg et le Comité pour la prévention de la torture (CPT) ont été alertés de la situation. Des associations sur place sont également au courant de la situation et essaie de trouver des solutions sur place.

    Migreurop souhaite aujourd’hui lancer une campagne de fax à envoyer aux autorités du centre de rétention. En dessous vous pouvez trouver un exemple de fax à envoyer pour demander leur libération. Merci de bien vouloir envoyer ce fax au numéro indiqué en dessous. Bien évidemment, si ce dernier est personnalisé, il aura plus d’effet. Merci également de bien vouloir l’envoyer à vos contacts et réseaux pour qu’ils puissent faire de même.

    Le fax est anglais.

    Bonne journée et merci

    Lukavica camp- fax number : +387 (0) 57 342 498

    EXAMPLE OF THE FAX :

    We are aware that five people who are detained for breaching legislation on foreigners have been on hunger strike for 35 days in the Lukavica camp. They are weak, some of them are ill, they do not have any contact with the outside world and still do not have genuine legal counsel. They are held for an indefinite period with 15 other people.

    We know that the only detainees who have access to legal assistance in the centre are asylum seekers. The others have not been provided any information about the procedure concerning their detention. This silence contravenes international conventions, particularly the International Convention on the Rights of all Migrant Workers and the European Convention on Human Rights, of which Bosnia is a signatory.

    We demand the immediate release of the hunger strikers. Apart from past and current breaches of their rights, they are at the end of their strength and their health is in danger.

    We also call upon the Bosnian authorities to put an end to the violation of the rights of detainees in the camp of Lukavica, to respect the right to file an appeal against the detention measure, as well as the right to enjoy the assistance of a legal advisor and an interpreter.

  • Le 11 février 2011 à 22:33, par

    source : http://www.midilibre.com/articles/2...

    Des cris de joie, des poings qui se serrent... Hier, la cour d’appel a rejeté le maintien en rétention de 17 étrangers en situation irrégulière et placés au centre de rétention (Cra) de Nîmes. Ils étaient tous en quarantaine et bloqués dans leur chambre depuis mercredi et jusqu’à samedi. Un premier cas de gale avait été repéré par le médecin du Cra le 16 janvier dernier. Les jours suivants, un policier était contaminé.

    Apparemment, selon plusieurs témoins, le protocole qui doit alors être mis en place pour éviter toute propagation a été mal appliqué au centre de rétention. D’autres parlent d’une « gestion chaotique de cet épisode de gale ». Car selon le rapport du médecin du Cra produit hier par Me Pascale Chabert-Masson, six cas de gale ont été relevés depuis le 11 janvier
    et 22 personnes présentaient des prurits. S’appuyant sur deux expertises, la préfecture assure qu’aucun cas de gale n’est avéré... tout en plaçant une trentaine de personnes en quarantaine.

    Les associations qui soutiennent les retenus ont alors beau jeu de relever les «  contradictions entre les déclarations officielles et les mesures prises » ou encore « un problème de santé public inquiétant ». Le centre de rétention de Nîmes reste ouvert.. malgré tout.

    Samedi, les retenus en quarantaine ont été regroupés dans une partie du centre de rétention pendant que les policiers de la police aux frontières nettoyaient les salles. Une partie des retenus - apparemment leur période de séjour arrivait légalement à terme - a été libérée ce même jour.

    Hier devant la cour d’appel, Me Chabert Masson a rappelé que pendant cette quarantaine, les droits des retenus n’avaient pas été respectés. Elle a été entendue. Les retenus sont repartis libres.

    C. R.

    mercredi 9 février 2011.

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