Une tribune pour les luttes

Témoignages sur la rafle des sans papiers au faciès à Barbès (Paris)

pendant les rassemblements contre les groupes d’extrème droite qui ont tué Clément .
+ Communiqué ADDE, Gisti : "Rafle d’étrangers à Barbès, l’État policier toujours à l’œuvre"

Article mis en ligne le jeudi 11 juillet 2013


ADDE, Gisti
Rafle d’étrangers à Barbès, l’État policier toujours à l’œuvre

On connaît maintenant le bilan de la gigantesque rafle qui a eu lieu le jeudi 6 juin 2013, dans le quartier de la Goutte-d’Or à Barbès (Paris) visant notamment les étrangers en situation irrégulière.

Aux alentours de 15 heures, arrivés à bord de plusieurs dizaines de fourgons, les CRS se déploient en travers de plusieurs rues pour procéder au bouclage d’une zone formée par la rue de la Goutte-d’Or, la rue des Islettes, la rue Capla, la rue Charbonnière, ainsi qu’une partie du boulevard Barbès. Personne ne peut pénétrer dans le périmètre et pour en sortir il faut prouver son identité française ou montrer son titre de séjour. À l’intérieur de la zone prise d’assaut, policiers en uniforme et en civil, CRS et agents de la brigade anti-criminalité sont à l’œuvre : ils quadrillent les rues, fouillent les halls d’immeuble, les cafés et effectuent des contrôles d’identité quasi systématiques pendant près d’une heure et demie. Plusieurs témoignages font état de violences policières.

Au final, 16 personnes ont été placées en garde à vue pour des délits mineurs et au moins 32 personnes de nationalité étrangère ont été menottées et conduites au commissariat du 18e arrondissement parce qu’elles étaient dans l’incapacité de prouver leur droit au séjour en France. Ces personnes ont été placées en rétention administrative à Vincennes et, comme la loi du 16 juin 2011 le prévoit, elles ont dû attendre cinq jours pour qu’un juge contrôle le respect de leur libertés individuelles au cours de la procédure. Précisément, les juges de la liberté et de la détention ont annulé les trois quarts (24 sur 32) des procédures – entraînant la libération des intéressés – pour contrôle au faciès ou notification tardive des droits.

Le bilan de cette opération policière d’envergure est maigre au regard des objectifs affichés et qui la rendent possible en droit : la préservation de la sécurité et de l’ordre publics. En réalité, à l’instar d’autres opérations policières d’envergure visant les étrangers – que l’on songe au démantèlement des « jungles » à Calais – cette rafle n’avait pas pour véritable objectif de reconduire à la frontière un grand nombre d’étrangers sans titre de séjour. Parce que trop de personnes sont concernées en même temps en un même lieu, il est en pratique très difficile que leurs droits soient effectivement respectés – comme le droit à un interprète – et c’est de manière tout à fait prévisible qu’un grand nombre d’interpellations et de placements en rétention ont été annulés par les juges. Mais alors pourquoi une telle rafle ?

Ce déploiement démesuré des forces de police n’est rien d’autre qu’une démonstration de force à l’adresse des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables de la capitale. Il s’agit avant tout de signifier avec violence aux habitants des derniers quartiers populaires de Paris qu’ils sont sous surveillance, sous contrôle. Si pour certains, la liberté d’aller et venir est une liberté fondamentale, pour eux, étrangers et étrangères en situation irrégulière ou détenteur d’un titre précaire, il s’agit d’un privilège qui disparaît au détour d’une rue, au bon vouloir d’un policier en civil.

Englués dans une vision de la société qui secrète chaque jour davantage d’inégalités et de misère, nos gouvernants en sont réduits à humilier les plus vulnérables et à bafouer leurs droits. Cette rafle qui s’inscrit dans une politique féroce de lutte contre l’immigration est bien le reflet d’une vision du monde ségrégationniste et autoritariste contre laquelle nos organisations continueront de se battre.

Paris, le 11 juillet 2013

Signataires :

ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers)
Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s)


De nouveaux témoignages

Mis en ligne le 13 juin 2013


http://www.streetpress.com/sujet/94794-quand-la-police-met-barbes-en-etat-de-siege-pour-rafler-des-sans-papiers

Quand la police met Barbès en état de siège pour rafler des sans-papiers

Mathieu Molard le 13 06 2013

Jeudi 6 juin, plus de 80 interpellations

Info StreetPress

C’est une gigantesque descente qui a eu lieu à Barbès, jeudi 6 juin. Pendant une heure et demie, une centaine de policiers bloque 4 rues du quartier, dispose des check-points et fouille les bistrots du coin à la recherche de sans-papiers.
quand-la-police-met-barbes-en-etat-de-siege-pour-rafler-des-sans-papiers

"J’avais l’impression qu’ils arrêtaient tout le monde"

Métro Barbès – 15 heures. Ce jeudi, Kamel* est posté comme chaque jour face aux tourniquets de sortie de la station. Il tente d’alpaguer le chaland -« cigarettes, cigarettes ! » – quand il voit « des dizaines de fourgons de police arriver par tous les côtés. » En un instant c’est la débandade. Les vendeurs à la sauvette courent dans tous les sens, semant derrière eux des paquets de clopes et quelques babioles. Le jeune Tunisien, comme bon nombre de ses amis, n’a pas de titre de séjour. La plupart se précipitent à l’intérieur du Tati situé de l’autre côté de la rue.

Du premier étage du magasin, ils assistent au déploiement des CRS. «  Ils ont mis en place des barrages  », raconte Karim. Harnachés « comme Robocop », ils prennent position en travers de la rue, formant un mur d’uniformes. Impossible de passer. La même scène se répète dans les rues voisines : les forces de l’ordre établissent un périmètre. A l’intérieur : une partie de la rue de La Goutte d’Or, la rue des Islettes, la rue Capla, la rue Charbonnière et une partie du boulevard Barbès. En un instant, le quartier est bouclé.

Violence

A l’intérieur du périmètre, c’est la panique. Certains se faufilent dans les halls d’immeuble, les cours ou les commerces. Mohamed, sans titre de séjour, tente sa chance en direction du boulevard Magenta. « Je voulais traverser ici. » Index tendu, il désigne un passage piéton sur le boulevard de la Chapelle. Il court sur le trottoir. «  Un policier m’a mis un coup de pied  », il exhibe alors un bleu sur l’arrière de sa cuisse tandis qu’un strap maintient son épaule blessée. «  Ensuite, il m’a poussé contre les barrières en me tirant le bras dans le dos  », continue le Tunisien de 29 ans. «  Et puis, je ne sais pas pourquoi, il m’a relâché en me disant ‘vas-y dégage’ ». Sans demander son reste, il s’éloigne du quartier.

A chaque intersection, les riverains racontent la même histoire : un cordon de CRS prend position en travers de la rue. Progressivement, une queue se forme au check-point. «  Pour entrer ou sortir du périmètre il fallait présenter ses papiers  », explique un bistrotier de la rue de la Goutte d’Or. Lui comme ses clients sont priés de rester dans l’établissement, limitrophe de la zone bouclée. Ils regardent médusés l’opération. «  Il y avait des dizaines de fourgons de police ici et autant par là. Au total plus de cent policiers », raconte un client, la quarantaine grisonnante et du plâtre plein le t-shirt. La préfecture de police, contactée par StreetPress, ne « souhaite pas communiquer sur les effectifs déployés  ». A l’intérieur du périmètre, CRS, police de quartier et agents de la brigade anti-criminalité sillonnent les rues, pendant près d’une heure trente.

Rafle Personne ou presque n’échappe au contrôle. «  Comme s’ils cherchaient quelqu’un  », raconte un vendeur de téléphone. Femme, enfants, personnes âgées… les policiers vérifient méthodiquement l’identité de chaque passant. Pas de papiers, immédiatement les talkie-walkies grésillent : « J’en ai un ! ». Mickaël et sa bande sont posés sur un muret rue de la Goutte d’Or quand quatre agents en civils – « en sweats, déguisés en jeunes, quoi !  » – leur tombent dessus. «  Vos papiers, les jeunes ! » Deux d’entre eux n’en ont pas. Face au mur, les bras dans le dos, ils sont menottés. En guise de bracelet, des lanières de plastiques leur enserrent les mains. Enfin, deux policiers les escortent jusqu’à l’un des trois bus garés un peu plus loin. A l’intérieur, des dizaines de sans-papiers s’entassent. « Plus de 80  », racontent de nombreux témoins. Certains parlent d’une centaine de personnes. La préfecture de police ne souhaite pas communiquer le nombre exact d’interpellations.

Du premier étage du magasin Tati où il se cache, Karim observe le ballet incessant des policiers. Tous ceux qui sortent du métro sont contrôlés, impossible par ailleurs d’y entrer. « J’avais l’impression qu’ils arrêtaient tout le monde. Je les ai même vus embarquer un touriste avec son appareil photo. » Certains sans-papiers se sont glissés dans les cours ou les halls d’immeuble. «  Ils allaient les chercher à l’intérieur, on les voyait ressortir menottés », raconte Frank, lunettes de soleil vissées sur le visage. Saïd, patron du Barbès Café, est posté derrière son comptoir quand une dizaine de policiers «  tous en civil », font leur entrée dans l’établissement. « Ils ont fermé la porte derrière eux. » Dehors, le soleil est au beau fixe. Pas grand monde à l’intérieur. «  Une dizaine de clients tout au plus.  » Table après table, les agents contrôlent les papiers d’identité, jusqu’à tomber sur un sans-pap’. «  Au total, ils ont arrêté trois personnes chez moi, dont deux mineurs », raconte Saïd.

Pendant ce temps-là

Jeudi 6 juin, toutes les caméras du pays semblent tournées vers la rue Caumartin où la veille, Clément Méric, jeune militant antifasciste est mort. En milieu d’après-midi quelques centaines d’antifas viennent lui rendre hommage. Une heure plus tard, ils seront près de 6.000 place Saint-Michel. Anne Hidalgo, candidate socialiste à la Mairie de Paris tente une apparition. La foule scande alors «  PS hors la manif, socialos trahison  » puis quelques instants plus tard un autre slogan est repris en cœur « les fascistes assassinent à saint Lazare, le PS rafle à Barbès  ». Des militants de retour du 18è font circuler l’info : des dizaines de sans-papiers sont interpellés au même moment. Anne Hidalgo décide de rebrousser chemin.

Hygiène

La préfecture confirme bien être entrée dans les cafés et restaurants du quartier. L’opération était menée en collaboration avec les services administratifs. Le motif ? «  Vérifier le respect des normes d’hygiène, de licence, la vente d’alcool aux mineurs… Neuf établissements ont été contrôlés  », explique la préfecture. Deux établissements ont été immédiatement fermés, «  deux autres ne devraient pas tarder à l’être ».

En plus de ces «  contrôles administratifs  », on évoque deux autres objectifs : « lutter contre l’accroissement des cambriolages dans l’arrondissement » et combattre les « receleurs, nombreux dans le marché sauvage autour de la station de métro ». Bilan officiel de l’opération : 16 gardes à vue pour « des questions de droit commun » (« un port d’armes prohibées, du recel et plusieurs individus inscrits au fichier des personnes recherchées. ») La police se refuse à communiquer le nombre total de personnes amenées au commissariat pour vérification d’identité, puis pour certains placés en centre de rétention.

GAV

A 16h20, la police lève les barrages. «  A la sortie des classes, encore beaucoup de policiers, mais c’était possible de passer », raconte l’un des employés de l’école du quartier. Certains sans-papiers se glissent hors de leurs cachettes. «  Il y avait toujours des mecs en civil. Ils en ont encore cueilli quelques-uns qui pensaient s’en être sortis  », raconte un commerçant. Pour tous les interpellés, direction le commissariat de la rue de Clignancourt. Les militants de plusieurs associations d’aide aux sans-papiers dont Réseau Education Sans Frontières ont pu recueillir par téléphone quelques témoignages. L’un d’entre eux raconte avoir été placé en cellule pendant «  trois ou quatre heures  » avec une vingtaine de personnes. Le temps de vérifier l’identité des 80 interpellés (chiffre approximatif). Finalement, en plus des 16 GAV, 33 personnes devront passer devant le juge des libertés pour défaut de titre de séjour. Pour eux, direction le centre de rétention administratif de Vincennes.

Je les ai même vus embarquer un touriste avec son appareil photo !

Au tribunal Mardi 11 juin, tribunal de grande instance de Paris. Au dernier étage du bâtiment après une interminable montée des marches, un portique de détection de métaux et un gendarme gardent l’entrée sur un petit couloir. Une dizaine de militants s’y entassent. Depuis quelques jours, l’info circule sur les mails d’alerte des collectifs d’aide aux sans-papiers : les clandestins de Barbès passent devant le juge des libertés. Derrière une porte, à l’abri des regards. Les sans-papiers attendent leur tour, alignés dos à dos sur un banc en bois. Quelques avocats consultent les dossiers sur leurs genoux. Les trois boxes d’entretien sont occupés. Chacun est prié de faire vite. Jour d’affluence pour la justice, 36 cas doivent être tranchés dans la journée par les deux magistrats. A trois exceptions près, tous ont été interpellés le 6 juin dans le 18e.

Les audiences se suivent et se ressemblent. Dans une petite pièce, la magistrate, la cinquantaine coiffée avec un chignon. A sa gauche, la greffière, plus jeune. Face à eux, quatre chaises. «  Monsieur Singh  », la vingtaine, prend place sur l’une d’entre elles. A sa gauche, une traductrice lui chuchote à l’oreille. A sa droite, son avocate. Juste à côté, l’avocat de la préfecture. Maître Kornman compulse le dossier de son client. Commise d’office, elle n’en a pris connaissance que le matin même, comme les quatre autres cas qu’elle défendra dans la journée. Son argumentaire est très technique. Elle pointe les défauts du dossier. Ici une signature qui manque, là un délai de quatre heures entre la sortie du commissariat et la notification d’arrivée en centre de rétention… Jurisprudence à l’appui, elle tente de faire valoir la nullité de la procédure. L’avocate de la pref’ a pu consulter à l’avance les arguments de sa consœur. Elle répond point par point, précédent à l’appui. Maître Kornman tente de reprendre la parole pour répondre. « Vous avez déjà plaidé, si on fait toujours ça, on n’en finit jamais », coupe la juge. Elle réussit à placer une phrase avant d’être coupée à nouveau. Après 25 minutes d’échanges, tout le monde dehors. «  Monsieur Singh », n’a pas dit un mot. Seule question qui lui est posée : «  Etes-vous prêt à rentrer dans votre pays ? »

Expulsions

Dans le couloir, les militants s’échangent leurs notes. «  Sur un document, ils avaient écrit qu’ils avaient procédé à un menottage permettant l’usage d’un téléphone. J’ai du mal à imaginer ! », ironise l’un d’entre eux. «  Le dernier charter est parti hier et le prochain est seulement dans vingt jours ! Alors ils ont demandé un délai pour organiser le retour dans son pays !  » Les tristes anecdotes se succèdent, dressant en pointillés le portrait d’une police débordée par le nombre de dossiers. Des procédures traitées à la va-vite. «  Lui, pendant la procédure, il avait un interprète tamoul alors qu’il parle ourdou. Ils vont l’expulser quand même.  » Pour «  Monsieur Singh  », même traitement. La jeune avocate, visiblement fatiguée et dépitée, sort en courant « s’en griller une  ». «  De toute façon, cette juge expulse tout le monde », commente un militant, cheveux longs et carnet de notes à la main. Ceux qui échappent à l’expulsion doivent encore patienter 6 heures. Le délai pendant lequel la préfecture peut faire appel. Les autres tenteront leur chance en appel.

Les sans-papiers cités dans l’article ont préféré voir leur nom changé.


Témoignage n°2, lundi 10 juin 2013

« Je descendais du métro Barbès avec mon cousin vers 15h30. La police m’a demandé un titre de transport, je le leur ai donné, et ensuite ils ont demandé les papiers. J’ai dit que je n’en avais pas. Ils m’ont mis les menottes et m’ont amené dans un car. Dans le commissariat [rue de Clignancourt] il devait y avoir 80 personnes arrêtées. On a passé 3 ou 4 heures dans une cellule à 20. il y avait une personne très malade qui se plaignait auprès des policiers mais ils s’en fichaient. Et puis quelqu’un a demandé d’aller aux toilettes et les policiers ont dit non. Les gens n’étaient pas contents. Alors des flics sont entrés dans la cellule et ils ont frappés 3 personnes avec les mains et les pieds. Dans la cellule, on avait ni ceinture ni lacets puis, 3 ou 4 flics sont arrivés et ils nous ont demandé de nous mettre tout nu, d’enlever les vêtements, d’enlever les slips ! On ne voulait pas, on a refusé ! Alors le chef est intervenu et a dit à ses collègues de laisser tomber.
Pour l’instant, à ma connaissance, personne de Barbès n’a été expulsé. Mais il y a des gens qui ne sont pas bien, ils ne veulent pas manger et ils ne veulent pas rester enfermés. »
Karim, sans papiers arrêté lors de la rafle et enfermé au CRA de Vincennes.


Bonjour

Audiences JLD aujourd’hui mercredi
CA jld (cour d’appel jld) demain jeudi (pour ceux qui n’ont pas été libérés hier mardi)

Proposition de texte à faxer et mailer auprès de la préfecture et du ministère  ;

"Nous protestons contre la rafle organisée dans le quartier de Barbès jeudi 6 juin 2013 : pendant plus de deux heures, les rues ont été bloquées par les forces de l’ordre empêchant passants et riverains de sortir. D’après les témoignages receuillis, les policiers en uniformant et en civil ont réalisé des contrôles au faciès, ce qui est formellement illégal. Les personnes interpellées, pour le seul fait qu’elles étaient dépourvues de pièces d’identité ou de titre de séjour, ont été violemment menottées et conduites ainsi à travers les rues du quartier jusqu’à des bus de police. La Cour européenne de justice a récemment rappelée à la France que le défaut de titre de séjour n’était pas un délit !
Nous exigeons la libération de toutes les personnes arrêtées et actuellement enfermées au Centre de rétention de Vincennes et l’arrêt des rafles !"

Préfecture de police de Paris
Fax cabinet du préfet : 01 53 71 67 23
Fax direction de la police générale : 01 53 71 57 10
prefpol.dpg-etrangers-secretariat chez interieur.gouv.fr

Cabinet du ministre de l’Intérieur :
fax : 01.40.07.13.90
manuel.valls chez interieur.gouv.fr

Lien vers la pétition du resf paris nord ouest :
http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=41580

Pour se rendre aux audiences JLD

/ métro cité (ligne 4) ou RER st Michel - Notre Dame (ligne B ou C)

/ Bd du Palais
une porte pour la sainte Chapelle, file d’attente séparée sur la gauche pour le tribunal.

/ Dans la cour passer entre les bungalows et la Sainte Chapelle

/ rerentrer à droite au fond de la cour (Y au dessus de la porte)

/ on arrive dans un hall, sur la gauche prendre l’escalier en pierre à droite de la guérite d’accueil, en haut traverser
le couloir tout droit

/ prendre la porte exactement en face, monter l’escalier en marbre qui part à gauche

/ puis l’escalier en bois en haut sur la gauche, monter deux volées de marches, c’est là sur la droite.

Pour se rendre aux audiences CA JLD (cour d’appel) demain jeudi

/ Palais de Justice de Paris : Métro Cité (ou Châtelet ou St Michel)

/ Bd du Palais,
Attention, on reste toujours au rez-de-chaussée :

/ une porte pour la sainte Chapelle, file d’attente séparée sur la gauche pour le tribunal.

/ Dans la cour passer à gauche entre les bungalows et la Sainte Chapelle,

/ rerentrer à gauche au fond de la cour Y (au dessus de la porte)

/ on arrive dans un hall

/ tout droit on passe les distributeurs de café

/ au bout de ce hall on sort et on tourne sur la droite dans une nouvelle cour

/ sur la gauche on voit l’impressionnante porte de prison verte de gris du centre de rétention Cité pour femmes et du dépôt, on continue

/ c’est au fond de cette cour tout à droite (il est écrit salle d’audience 35 ter et quater au dessus)


Mis en ligne le vendredi 7 juin 2013

Témoignage de sans papiers arrêté lors de la rafle au faciès d’hier à Barbès (Paris)

il y a eu une rafle gigantesque à Barbes hier après midi, le quartier a été
entierement bouclé pendant plus de deux heures , et les dizaines et
dizaines de sans papiers arrêtés étaient amenés dans des bus stationnés au
métro.
On sait d’ores et déjà qu’une partie des gens est désormais au CRA
de Vincennes.


Jeudi 6 juin dans l’après-midi, une rafle comme on n’en voyait plus depuis la guerre d’Algérie ou depuis les grandes vagues d’expulsions de squatts au début des années 1980, a eu lieu à Barbès. Pendant presque deux heures tout un quartier a été bouclé, les gens ne pouvant plus ni entrer ni sortir, bloqués par des centaines de flics de toute sorte arrivés à bord de dizaines de véhicules, quadrillant la zone jusqu’à la Gare du Nord, La Chapelle, Château Rouge et Anvers. A l’intérieur du périmètre qui comprenait la rue de la Goutte d’Or, la rue des Islettes et une autre rue parallèle à la rue des Islettes, les flics se déploient. A l’extérieur du périmètre ils sont apparemment aussi extrêmement nombreux. Divers contrôles sont effectués : papiers et ventes à la sauvette, hygiène dans les établissements (d’après ce que disent certains commerçants mais ça je n’ai pas vu).

Des gens commencent à s’entasser aux différents check points. Protestations molles, entre résignation et agacement. Très vite, à l’intérieur du quartier bouclé, beaucoup moins de "vrais gens" que d’habitude et une multitude de patrouilles de robocops qui interpellent au faciès. Comme souvent, délit d’extranéité et de classe sociale sont de mise, à savoir que les cibles principales du contrôle sont les Africains qui ressemblent à des mecs qui viennent d’arriver du bled.

A chaque fois qu’ils en capturent, les bleus appellent victorieusement leur central avec leur talkie pour annoncer combien ils en ont attrapé. Puis ils les ramènent vers des bus d’embarquement sur le boulevard Barbès. Apparemment tout un staff technique et bureaucratique était installé dans les cars.

A un moment, une vieille dame juive a attrapé un jeune sans papier qui était capturé et elle a dit que c’était son fils. Les flics voulaient quand même l’emmener car évidemment ils ne la croyaient pas mais elle criait et s’accrochait au jeune homme et ils ont finalement du le lâcher.

Quand les flics bouclent un quartier ils sont plus ou moins obligés de relâcher les barrages qui empêchent de sortir et entrer dans le quartier pour la sortie de l’école. Du coup ils ont ouvert les barrages à 16h25

Mais attention, ouvrir les barrages et laisser les gens circuler dans le quartier ne signifie pas que les contrôles vont s’arrêter... Au contraire, et de fait plein de gens se sont fait attraper comme ça. Voyant que certains flics en uniforme partaient et que les camionettes de CRS qui barraient les rues se poussaient, pas mal de personnes, sans doute réfugiées dans des halls, sont sorties de leur cachette... Mais c’était sans compter avec des groupes de civils qui par quatre ou cinq ou six sillonnaient le quartier, pour certains avec des camouflages assez réussis (le rasta, le gars qui ressemble à un sans papier, la fille déguisée en jeune de quartier), et contrôlaient et arrêtaient les gens. Les personnes arrêtées étaient alors conduites menottées dans des bus stationnés à ce moment-là sous le métro au carrefour Barbès. Le dernier bus rempli est parti vers 16h30.

Dans cette apathie déprimante où on a l’impression que les gens sont menés à l’abattoir dans la passivité la plus totale, si ce n’est quelques ronchonnements individuels (Mais on est prisonniers dans notre quartier) ou désabusés (Ah ici c’est comme ça ils cherchent les cigarettes, les sans papiers, pff). Ca finit toujours par entrainer des personnes qui n’osaient pas se lancer pour protester et par se transformer en petit rassemblement, ce qui permet de discuter de ce qui se passe. Ca met un rapport de solidarité minimal mais essentiel entre les gens arrêtés et les autres qui y ont échappé.

Plus tard, au rassemblement pour l’assassinat de Clément Méric nous avons appris qu’une partie des gens emmenés dans les bus avaient été conduits au commissariat de la rue de Clignancourt, ce qui a provoqué des cris de « Les fascistes assassinent à Saint Lazare ; le PS rafle à Barbès ».

Un appel à se rendre au commissariat de la rue de Clignancourt pour 20h30 a donc circulé. La rue était bloquée à la circulation par plusieurs camionettes et un bus de la police qui sert à transporter les gens arrêtés dans les manifs. Les premières personnes arrivées ont constaté que dans ce bus posté juste devant le commissariat étaient parqués plusieurs sans-papiers. Quelques autres sortaient libres. Ils nous ont dit que dans le commissariat ils avaient été triés : certains comme eux pouvaient sortir et d’autres qui allaient être conduits au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes étaient montés dans le bus.

Cela faisait plusieurs heures que ces derniers étaient enfermés là sous une chaleur écrasante, sans pouvoir boire ; manger, aller aux toilettes. Sans attendre l’heure du rassemblement, des slogans ont commencé à fuser « Liberté », « Solidarité avec les sans-papiers » auxquels les dizaines de personnes emprisonnées dans le bus ont répondu chaleureusement en criant eux aussi et en tapant sur les vitres.

Très vite les flics ont violemment repoussé les quelques personnes présentes en bas de la rue à grand renfort de coups de tonfas, coups de pieds, insultes, … Très vite, alors qu’en bas de la rue quelques autres personnes commençaient à arriver, le bus a démarré, protégé par un grand renfort de flics dont certains étaient flashball à la main. Nous n’avons pu qu’unir nos slogans à ceux des gens qui étaient enfermés à l’intérieur.

Le lendemain nous avons su qu’une quarantaine de personnes étaient enfermées au centre de rétention de Vincennes. D’autres sont peut-être dans d’autres centres de rétention. Les gens arrêtés devraient passer devant un JLD mardi ou mercredi s’ils ne sont pas expulsés d’ici là.


Témoignage d’un sans papiers arrêté lors de la rafle d’hier à Barbès.

" Les flics nous ont traités comme des terroristes. Ils nous ont mis des menottes en plastique. Elles étaient très serrées, on a encore les marques. On va aller voir le médecin pour faire un certificat.
Ils ont encerclé Barbès et ils contrôlaient « au visage », tous les Arabes, les
Noirs... Ils étaient très méchants et ne respectaient personne. Il sont arrivés vers 14 heures et gueulaient après tout le monde dans la rue. Il y a des gens ça fait 10 ans qu’ils sont ici et ils n’avaient jamais vu ça.

Moi je sortais de chez le coiffeur et c’est un policier en civil qui m’a arrêté. C’était comme Guatanamo. Ça veut dire quoi ? Parce que on est arabe, on
est des terroristes, ou quoi ? On a risqué notre vie sur un bateau, on est passé par Lampedusa et ici il n’y a pas de liberté.
On a cru qu’on était en Tunisie. On n’ a pas de problème avec les
gens ici, on a un problème avec les flics.

Ensuite ils nous ont
amenés au commissariat de Clignancourt, on était 40 dans une
cellule et on ne pouvait pas respirer. Et si on protestait, les flics
disaient : «  Ferme ta gueule. Pourquoi vous êtes venu
ici, Restez chez vous !
 ». Il y avait aussi un vieux
touriste marocain au commissariat, sa famille a apporté ses papiers
et il a été libéré. Quel accueil touristique !

Devant le commissariat il y avait des dames qui n’étaient pas d’accord et qui criaient Liberté ! Et les flics les ont frappées.

On a doit être 40-50 de Barbès au
CRA‌. Même en Tunisie la prison c’est pas comme ça. Personne ne
mange. On a décidé de faire la grève de la faim la semaine prochaine. La
prison c’est mieux parce que là je ne sais ce qui va se passer demain. Il n’y a
pas de solution. (...)

Centre de rétention de Vincennes, vendredi 7 juin 2013

Les sans papiers arrêtés hier devraient passer mercredi prochain au JLD de
Paris. Soyons nombreux pour les soutenir !

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26 Messages

  • Le 10 juin 2013 à 00:40, par nicole Le Guennec

    «  »Je suis solidaire des opprimé(e)s en général, et donc de toutes les victimes d’arrestations et de menaces arbitraires. Nicole

    Répondre à ce message

  • Le 10 juin 2013 à 09:52, par MARTIN Jacky-Pierre

    Solidaire à 100% de TOUS les Humains dans le besoin, opprimés quels qu’ils soient, et d’où qu’ils viennent.
    Ma France n’appartient pas à quleques cow-boys en tunique bleue.
    ...
    Blacks, Blancs, Beurs, Rroms... sont mes frères, et nul ne guidera ma conduite vis à vis de ces populations, et certainement pas ces cow-boys qui se donnent tous les droits, et que MES impôts rémunèrent.
    Vive la France en couleurs !!!

    Répondre à ce message

    • Le 10 juin 2013 à 11:22, par élisabeth Pavageau

      il n’y a pas d’autre possibilité que de HURLER tous ensemble ! La terre entière doit être libre de circulation !!!
      AIMONS-NOUS LES UNS LES AUTRES s’il vous plaît. MERCI

      Répondre à ce message

    • Le 10 juin 2013 à 22:12, par Rash

      He bien peut etre pour vous mais pas pour moi pas envie de payer pour des roms ou des gens qui viennent ici pour rien foutre ormis mendier, voler ou taper dans la caisse de l’etat. C’est vos impots mais aussi les miens, donc pensez ce que vous voulez mais ne soyez pas intolerant avec moi ou les gens qui pensent le contraire de votre point de vue. LA LIBERTE française c’est celle de tous...

      Répondre à ce message

      • Le 11 juin 2013 à 13:44, par Charlie

        Rash : je veux bien être tolérante avec les gens qui ne PENSENT pas comme moi. Mais dans votre cas, il ne s’agit pas de PENSEE. Et jamais vous ne convaincrez que dire de TOUT UN GROUPE D’ETRES HUMAINS qu’ils sont voleurs, mendiants et venus ’pour rien foutre’. Ca ne s’appelle pas une opinion. Ca s’appelle une reaction des tripes. Ca n’est pas une opinion et c’est le contraire d’UNE PENSEE.

        Mes impots ne servent pas a payer les reactions de tripes. Mes impôts servent a payer une POLITIQUE COMMUNE, donc quelque chose de PENSE.

        Quand a la LIBERTE française, elle s’applique a ceux qui pensent, et non a ceux qui se sont arrete de penser. Parce que vous VOTEZ et donc vous etes suppose REFLECHIR et donc PENSER.
        Quand vous commencerez a PENSER, vous mériterez la TOLERANCE REPUBLICAINE. Mais pas avant.

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  • Le 10 juin 2013 à 11:17, par Wazzag

    Bonjour,

    C’est très bien d’être vigilant, mais savez-vous ce qui se passe dans ce coin ? Cette rafle visait-elle des sans-papiers, ou un attroupement permanent de petits délinquants, se livrant au vu et au su de tous à des tas de petits trafics, au point de pourrir le quartier, et de rendre la vie difficile aux habitants (en particulier aux jeunes femmes non voilées, que la plupart de ces mecs ont l’air de considérer comme des chiennes). Savez-vous par exemple que l’année dernière un flic a été poignardé par les gentils vendeurs de cigarettes pourries (et sauvé de justesse par les vigiles d’un magasin voisin) parce qu’il avait eu l’audace de poursuivre un type qui venait d’arracher un portable ? Savez-vous que les balayeurs de la ville sont menacés quand ils veulent nettoyer pendant les heures de présence de ces ptits gars (soit en gros de 11 h à minuit), parce que ça les dérange ?

    C’est ça les "sans-papiers" ? Les "victimes" ?

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    • Le 10 juin 2013 à 13:42, par vincent

      merci de mettre des point sur les i aux gens qui manifestement n’habitent pas au milieu d’un quartier où on ne laisse pas sortir sa copine seule le soir pour aller chercher un truc à l’épicerie...

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      • Le 10 juin 2013 à 14:37, par Benoit

        J’y vis depuis des années et je suis totalement solidaire des personnes incarcérées.

        Marre de voir tout le temps la police. Laisser les gens vivrent, laisser ce quartier vivre.

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    • Le 10 juin 2013 à 14:38, par Benoit

      Allez une fois dans un CRA, vivez ne serait se qu’une journée, la peur au ventre de vous faire arrêter et vous comprendrez ce que c’est qu’être victime.

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      • Le 10 juin 2013 à 18:26, par Wazzag

        Allez une fois entre le métro Barbès et la rue de la Charbonnière, vous y verrez que ces jeunes ont l’air de tout sauf d’être inquiets.

        Faire l’amalgame entre de braves gens qui vivent, eux, dans l’angoisse permanente du contrôle et de l’expulsion, et des plus ou moins voyous, dont certains sont sans-papiers, ce n’est pas défendre la cause des sans-papiers, à mon avis.

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        • Le 10 juin 2013 à 20:41, par nicole Le Guennec

          Professeur de sociologie à l’univ. Paris 13, j’ai souvent entendu, au cours d’enquêtes que j’ai menées dans des quartiers de banlieue, des paroles de "bons Français", dirai-je, assez semblables aux propos que vous tenez...Mais si tous les discours doivent être entendus et écoutés, il demeure nécessaire d’essayer de rester tous unis, nous les pauvres et les modestes citoyens, autour de nos intérêts et de nos valeurs communes...Attention à ne pas désigner de faux "coupables" comme nous y invite trop souvent une vraie propagande...Nicole

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          • Le 10 juin 2013 à 21:47, par Wazzag

            UNIS ? Vous plaisantez ? Uni avec le mec qui me menace parce que je lui refuse poliment une cigarette ? Uni avec des "pauvres" qui glandent toute la journée et arborent des Nike à 150 € ? Quels "intérêts", et quelles "valeurs communes" ? Ben non je ne me sens aucune solidarité avec eux, même si je les plains plus qu’autre chose. Pas d’amalgame SVP : il n’est pas question ici des sans-papiers en général ni des immigrés. Comme dans les cités, c’est une petite minorité qui pourrit la vie de tout le monde.

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    • Le 10 juin 2013 à 15:17, par leprixdusilence

      Je suis justement une jeune femme (non voilée) de ce quartier et c’est n’importe quoi : j’habite Barbès depuis 5 ans, les gens y sont bien plus sympa qu’ailleurs, j’aime beaucoup ce quartier et je m’y sens plus qu’à l’aise. Contrairement à beaucoup d’autres quartiers de Paris, ici il y a toujours quelqu’un pour te rendre service, te saluer... Arrêtez de regarder autrui comme une menace et vous vous rendrez compte que non, votre voisin ne vous montre pas les dents, il vous sourit et oui, c’est un être humain, comme vous...

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      • Le 10 juin 2013 à 17:38, par Wazzag

        J’aime beaucoup ce quartier moi aussi, j’ai des relations sympathiques avec toutes sortes de voisins, je n’apprécie pas de me faire insulter quand je fais une remarque à un type qui pisse dans le hall de mon immeuble. D’ailleurs il y a Barbès et Barbès, nous parlons là d’un secteur bien précis, où s’est établie une zone de non-droit, comme dans certaines cités. Et face à ce genre de territoire privatisé, l’Etat essaie périodiquement de rétablir un semblant d’autorité, avec ses gros sabots policiers (interventions massives, injustes voire brutales), alors qu’il laisse filer au quotidien.

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  • Le 10 juin 2013 à 16:22, par Barbes

    Comme par hasard rien dans la presse !

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    • Le 10 juin 2013 à 16:35, par caelor

      Est-ce qu’il y a des actiosn de soutien de prévues, et comment y participer ? Merci !

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  • Le 10 juin 2013 à 18:40, par Claude

    j’habite dans ce quartier et je partage de plus en plus l’exaspération des voisins, des riverains, des commerçants, même si je vote à gauche ! il arrive un moment où il faut mettre un coup d’arrêt à tous ces comportements illicites qui pourrissent le quotidien des autres ; et arrêtons d’y voir toujours du racisme là où il n’y en a pas. Je discute souvent avec les commerçants car c’est vrai il y a encore une vie de quartier ici mais le chinois qui tient le pressing pas loin de chez moi en a marre de cette ambiance, le kurde qui vend des kebabs dit que tous ces trafics lui attirent une mauvaise clientèle, l’épicier marocain râle de voir ces vendeurs à la sauvette faire beaucoup de tort à son petit commerce, les gens de la RATP doivent aussi se lasser de rester impuissants devant tant de gens qui enjambent le portillon du métro pour ne pas acheter un ticket ; c’est ça la réalité ! il n’y a pas un rejet de l’étranger mais un rejet de celui qui ne respecte pas les règles, c’est tout ! !

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  • Le 10 juin 2013 à 21:23, par Alice

    J’habite à Barbès et je soutiens l’action policière qui y a été mené ces derniers jours. Le quartier n’est pas sûr, (je me suis fait voler plusieurs fois, à l’arraché notamment ; je suis une fille et les sifflements et les insultes sont quotidiens) et de plus en plus surpeuplé et sale. Des gens qui ne sont pas de mon immeuble en squattent l’allée et urine dedans et sont visiblement des sans-papiers que des "cousins" ont fait venir, pour avoir entendu des bribes de conversations. J’en ai assez de vivre dans une insalubrité constante. Le voisinage avait déjà prévenu les autorités mais rien ne bougeait.
    Il faut bien comprendre que plus la France aura une politique laxiste en matière d’immigration illégale, plus il y aura de sans-papiers devant nos portes et de zones de non-droit et plus nos conditions de vie en seront dégradées (qui ne sont déjà pas excellentes sinon nous n’habiterions pas à Barbès).
    Pour tous ceux qui donnent des leçons pleines de "bons sentiments", qu’ils viennent s’installer à Barbès et ils comprendront qu’on ne peut plus rentrer un peu tard le soir si l’on est seule et qu’on est une fille, et qu’il ne vaut mieux pas investir dans quelque chose de nouveau tant qu’on habite le quartier car ça ne fera pas la semaine.

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    • Le 11 juin 2013 à 03:57, par

      A quand une rafle chez les délinquant-e-s ( assassin-e-s armé-e-s de billets spéculatifs ) à "col blanc" ? ( vinci, dassault, veolia ... ca vous parle ? )

      https://www.youtube.com/watch?v=FjyFWlNHLek

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    • Le 30 août 2013 à 23:52, par Le Voyageur

      Depuis la révolution "douce" en Tunisie on est confronté avec une montée des Tunisiens, jeunes, sur les trottoirs du nord-est parisien. Tous égaux,cheveux courts,et au moins deux portables dans les mains et une canette de bière pas loin ( Allah ferme les yeux ). Pourquoi ces gens là, après le départ de leur président,ne sont pas de retour dans leur pays ? Que quelqu’un me réponde ( arabe bienvenu )
      Signé "Le Voyageur "

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    • Le 31 août 2013 à 00:09, par Le Voyageur

      Les pays du Maghreb ont voulu leur indépendance et ils l’ ont obtenue. Très bien pour eux.
      Pour quoi ces gens là qui se traînent dans les rues de Paris au lieu de travailler à Alger, Tunis ou Rabat ? Retournez chez vous et bâtissez vos pays. On a besoin de la jeunesse chez vous ( Malheureusement il n’y a pas l’ alcool que vous consommez à Paris ) Mais Allah ferme les yeux de fois. Une réponse d’un Arabe sera bienvenue !!!!!

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  • Le 11 juin 2013 à 16:15, par Wazzag

    @ Charlie

    Quand je commencerai à penser - à penser comme vous -, je mériterai votre tolérance. Tout un programme.

    J’en ai un autre pour ma part, il est vieillot, mais je tâche de ne jamais l’oublier :

    "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

    Il n’y en a pas de supérieurs, pas d’inférieurs, et tous se doivent un minimun de respect. C’est tout.

    (La suite est ici, c’est marrant à relire : http://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9claration_universelle_des_Droits_de_l%E2%80%99Homme)

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  • Le 11 juin 2013 à 17:01, par Nicolas

    Je suis très septique à la lecture de cet article, je ne remets pas en question les événements, mais aujourd’hui le moindre contrôle d’identité est devenu une "agression" ou un acte "fasciste". De plus l’emploi du mot "rafle" est disproportionné et malhonnête intellectuellement, dans l’inconscient collectif cela fait évidemment penser au traitement des juifs lors de la 2nd Guerre Mondiale et aujourd’hui son utilisation est purement partisane et n’a plus rien d’historique, que je sache les personnes arrêtées n’ont pas été gazées au commissariat de la rue Clignancourt.
    Des déclarations du genre « Ferme ta gueule. Pourquoi vous êtes venu ici, Restez chez vous ! » ou encore « Les flics nous ont traités comme des terroristes » on les a entend des milliards de fois, elles font partie du folklore habituel et disproportionné (d’un côté comme de l’autre).
    Dernière remarque, en ce qui concerne le défaut de titre de séjour je n’ai pas vérifié la soit-disante condamnation de la Cour Européenne mais cela me paraît bien aberrant, dans quel pays du monde un individu peut-il se promener sans aucune pièce d’identité ? Pourquoi passerais-je une journée entière par an à préparer les justificatifs administratifs et à accompagner ma petite amie (nous sommes pacsés) à la préfecture pour renouveler son titre de séjour annuel ? Ca serait une injustice pour ceux qui respectent la loi.

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  • Le 12 juin 2013 à 13:02, par Louise

    Elle a bien de la chance votre "petite amie" de n’avoir jamais aucun souci pour renouveler sa carte de séjour (et de ne faire non plus je suppose aucune queue pendant une nuit ou plusieurs à la Préfecture). Quel type de titre de séjour a-t-elle obtenu ? Et en étant de quelle nationalité ? Mais enfin, tant mieux pour elle (et pour vous).

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  • Le 14 juin 2013 à 16:13, par Olivier

    Habitant au centre de la zone concernée, je peux témoigner de la véracité des faits rapportés par cet article.
    Sauf un : non, on n’arrêtait pas tout le monde - je ne suis pas beur et j’imagine que mon faciès bien français m’a évité d’avoir à exhiber mes papiers.
    Que je n’avais d’ailleurs pas sur moi : j’étais allé acheter mon pain... Quand j’ai voulu me renseigner sur ce qui se passait, les CRS ont effectivement réagi comme des robocops aux ordres : "RAS, circulez !"
    Un mot, cependant : les trafics divers, les ventes à la sauvette, le proliférant "marché aux voleurs" se sont répandus de façon extensive dans le coin et, incontestablement, cela créée un climat malsain, tendu. Je fais partie des riverains qui demandent régulièrement à ce que la situation soit "assainie". J’imagine que, pour certains, cela me place dans le sac des fachos racistes - il est tellement difficile, de nos jours, d’exprimer une opinion nuancée...
    Alors, oui, je proteste contre ce genre de "rafle au faciès", digne des heures les plus noires de la collaboration ; mais, non, je n’estime pas que la présence policière soit indésirable, et je pense que nier tout "problème" revient à faire le nid des excès...

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  • Le 12 juillet 2013 à 20:19, par Benmoha

    Bonjour,
    je suis le"vieux touriste marocain" arrête lors des rafles
    il est vrai que les arrestations étaient parfois arbitraires ...
    Je tiens juste à préciser que notre geôlier un jeune homme à été
    Très correct et très respectueux

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