Une tribune pour les luttes

COMMUNIQUE DE PRESSE

Un jeune de 19 ans assassiné

Article mis en ligne le vendredi 24 juin 2005

Fahrettin INAN, 19 ans

assassiné dans la région kurde de Van, par l’Etat turc

Le peuple kurde s’inquiète que la tension qui perdure à Van s’étende aux autres villes kurdes.

La guerre qui dure depuis 20 ans dans la région du Kurdistan s’est intensifiée ces derniers jours en raison de la politique négativiste menée par l’Etat turc, à l’égard de la question kurde, qui le conduit à une impasse.

L’Etat turc a réactualisé sa politique en intensifiant la violence, depuis le 17 décembre 2004 notamment, et en répondant au mouvement kurde, qui depuis 6 ans demande une solution politique avec des moyens pacifiques à la question kurde, par des opérations militaires et par des exécutions extrajudiciaires.

Après l’assassinat d’un enfant de 12 ans, Ugur Kaymaz, à Kiziltepe, et d’un berger kurde de 19 ans, à Semdinli, les forces de sécurités turques, alors que les populations sont encore sous le choc devant ces pratiques anti-démocratiques, récidivent à Van où un jeune de 19 ans, Fahrettin INAN, a été assassiné par les gendarmes dans la rue sous les yeux de milliers de personnes.

Dans le cadre d’opérations militaires, déclenchées par l’Etat turc, des affrontements avaient mis aux prises, à Van, deux semaines auparavant, forces militaires turques et guérilleros kurdes, au cours des quels deux guérilleros avaient été tués. En dépit de toutes les démarches entreprises, les autorités turques voulaient procéder secrètement à l’inhumation sans rendre les corps aux familles qui, dès qu’elles eurent vent de cette manoeuvre, firent opposition, en déposant une requête, le 21 juin 2005, auprès du Procureur de la République par l’intermédiaire de l’Association des Droits de l’Homme, et s’en allèrent dans leurs villes natales enterrer leur enfants.

Le convoi qui transportait le cadavre de l’un des guérilleros vers sa ville natale, Bostanici (district de Van), s’est vu empêché par des forces policières et militaires.

Des milliers de personnes descendirent alors dans la rue pour forcer le barrage et permettre l’inhumation. C’est alors que les policiers ouvrirent le feu sur la population civile. Fahrettin Inan, 19 ans fut tué sur le coup et 8 autres personnes, dont 2 journalistes, furent gravement blessées.

Malgré les efforts des dynamiques internes, malgré la voie montrée par l’Union Européenne, l’Etat turc continue à refuser de se démocratiser. Alors que les négociations avec l’Europe vont commencer le 3 octobre prochain, les meurtriers des enfants sont toujours en fonction, Fahrettin Inan et autres jeunes sont assassinés dans les rues, les opérations militaires continuent dans les montagnes, les forces de l’Etat turc sèment la peur dans la population.

Les familles des jeunes assassinés et le peuple kurde, dont le sang coule attendent, avec espoir, un soutien des pays de l’Union Europenne et des opinions publiques démocratiques internationales.

Il est possible de mettre fin à toute cette violence et le gouvernement turc en a les moyens : qu’il regarde la réalité en face et qu’il accepte, pour régler la question kurde, d’ouvrir le dialogue avec les représentants kurdes pour trouver une solution démocratique stable.

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