Une tribune pour les luttes

Tract international

Seule la lutte de classe internationale peut mettre fin à la course du capitalisme vers la destruction

Article mis en ligne le vendredi 13 septembre 2019

L’un des slogans les plus populaires dans les manifestations contre le changement climatique clame : "Changer le système, pas le climat".
Il ne fait aucun doute que le système actuel entraîne l’humanité vers une catastrophe environnementale. Les preuves matérielles s’accumulent chaque jour : vagues de chaleur sans précédent, incendies de forêt inédit en Amazonie, fonte des glaciers, inondations, extinction d’espèces entières -avec pour résultat final l’extinction de l’espèce humaine. Et même s’il n’y avait pas de réchauffement climatique, le sol, l’air, les rivières et les mers continueraient d’être empoisonnés et épuisés pour toujours.
Il n’est pas étonnant que tant de gens, et surtout tant de jeunes qui font face à un avenir menaçant, soient profondément préoccupés par cette situation et veuillent faire quelque chose à ce sujet.
La vague de protestations organisée par "La jeunesse pour le climat", "Extinction Rébellion", les Verts et les partis de gauche est présentée comme une voie à suivre. Mais ceux qui suivent actuellement leur exemple devraient se demander : pourquoi ces protestations sont-elles si largement soutenues par ceux qui gèrent et défendent le système actuel ? Pourquoi Greta est-elle invitée à s’adresser aux parlements, aux gouvernements, aux Nations Unies ?
Bien sûr, des gens comme Trump, Bolsonaro ou Farage vilipendent constamment Greta et les "guerriers de l’écologie". Ils affirment que le changement climatique est un canular et que les mesures visant à réduire la pollution constituent une menace pour la croissance économique, surtout dans des secteurs comme l’automobile et les combustibles fossiles. Ils sont les défenseurs éhontés du profit capitaliste. Mais qu’en est-il de Merkel, Macron, Corbyn, Alexandria Ocasio-Cortez et d’autres qui ont fait l’éloge des protestations contre le climat : Font-ils moins partie du système actuel ?
Beaucoup de ceux qui participent aux protestations actuelles conviendront que les racines de la destruction écologique se trouvent dans le système et qu’il s’agit du système capitaliste. Mais les organisations à l’origine des protestations, et les politiciens qui clament hypocritement les soutenir, défendent des politiques qui cachent la véritable nature du capitalisme.
Considérons l’un des principaux programmes les plus radicaux de ces politiciens : le soi-disant "New Green Deal". Il nous offre un ensemble de mesures à prendre par les États existants, exigeant des investissements massifs en capital pour développer des industries "non polluantes" qui sont censées être en mesure de réaliser un profit décent. En d’autres termes : il est entièrement encadré dans les limites du système capitaliste. Comme le New Deal des années 1930, son but est de sauver le capitalisme en ces temps difficiles, et non de le remplacer.

Qu’est-ce que le système capitaliste  ?

Le capitalisme ne disparaît pas s’il est géré par des bureaucrates d’État au lieu de patrons privés, ou s’il se peint en vert.
Le capital est un rapport mondial entre les classes, basé sur l’exploitation du travail salarié et de la production pour la vente afin de réaliser des profits. La recherche constante de débouchés pour ses produits entraîne une concurrence impitoyable entre les États-nations pour la domination du marché mondial. Et cette concurrence exige que chaque capital national se développe ou meure. Un capitalisme qui ne cherche plus à pénétrer le dernier recoin de la planète et à croître sans limite ne peut exister. De même, le capitalisme est totalement incapable de coopérer à l’échelle mondiale pour répondre à la crise écologique, comme l’a déjà démontré l’échec lamentable des différents sommets et protocoles climatiques.
La chasse au profit, qui n’a rien à voir avec les besoins humains, est à l’origine de la spoliation de la nature et ce, depuis le début du capitalisme. Mais le capitalisme a une histoire, et depuis un siècle, il a cessé d’être un facteur de progrès et a été plongé dans une profonde crise historique. C’est une civilisation en déclin, car sa base économique, forcée de croître sans limite, génère des crises de surproduction qui tendent à devenir permanentes. Et, comme les guerres mondiales et la "guerre froide" du XXe siècle l’ont démontré, ce processus de déclin ne peut qu’accélérer la course du capital vers la destruction. Avant même que ne devienne évident le massacre mondial de la nature, le capitalisme menaçait déjà d’anéantir l’humanité par ses affrontements impérialistes incessants et ses guerres, qui se poursuivent aujourd’hui sur une grande partie de la planète, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au Pakistan et en Inde. De tels conflits ne peuvent qu’être exacerbés par la crise écologique, car les États-nations se disputent des ressources de plus en plus rares, tandis que la course à la production -et surtout à l’utilisation- d’armes de plus en plus cauchemardesques ne peut que polluer davantage la planète. Cette combinaison scandaleuse de dévastations capitalistes rend déjà certaines parties de la planète inhabitables et force des millions de personnes à devenir des réfugiés.

La nécessité et la possibilité du communisme

Ce système ne peut pas surmonter la crise économique, la crise écologique ou la course à la guerre.
C’est donc une duperie que d’exiger des gouvernements du monde entier qu’ils "se ressaisissent" et qu’ils fassent quelque chose pour sauver la planète -une demande formulée par tous les groupes qui organisent les marches et les manifestations actuelles. Le seul espoir de l’humanité réside dans la destruction du système actuel et la création d’une nouvelle forme de société. C’est ce que nous appelons le communisme -une communauté humaine mondiale sans États-nations, sans exploitation du travail, sans marchés et sans argent, où toute la production est planifiée à l’échelle mondiale avec le seul but de satisfaire les besoins humains. Il va sans dire que cette société n’a rien à voir avec la forme de capitalisme d’État que l’on observe dans des pays comme la Chine, la Corée du Nord ou Cuba, ou auparavant l’Union soviétique.
Le communisme authentique est la seule base pour établir une nouvelle relation entre l’humanité et le reste de la nature. Et ce n’est pas une utopie. C’est possible parce que le capitalisme a créé ses bases matérielles : le développement de la science et de la technologie, qui peuvent être libérées de leurs distorsions dans ce système, et l’interdépendance globale de toutes les activités productives, qui peuvent être libérées de la concurrence capitaliste et des antagonismes nationaux.
Mais c’est surtout possible parce que le capitalisme est basé sur l’existence d’une classe qui n’a rien d’autre à perdre que ses chaînes, une classe qui a intérêt à résister à l’exploitation et à la supprimer : la classe ouvrière internationale, le prolétariat de tous les pays. C’est une classe qui inclut non seulement ceux qui sont exploités au travail, mais aussi ceux qui étudient pour trouver une place sur le marché du travail et ceux que le capital jette au chômage et à la casse.

Manifestations citoyennes ou lutte ouvrière ?

Et c’est ici en particulier que l’idéologie qui sous-tend les marches pour le climat sert à nous empêcher de saisir les moyens de lutter contre ce système. Elle nous dit, par exemple, que le monde est dans le pétrin parce que la "vieille génération" s’est habituée à consommer trop. Mais parler des générations "en général" occulte le fait que, hier et aujourd’hui, le problème réside dans la division de la société en deux classes principales, l’une, la classe capitaliste ou bourgeoisie, qui a tout le pouvoir, et une classe beaucoup plus nombreuse qui est exploitée et privée de tout pouvoir de décision, même dans les pays les plus "démocratiques". Ce sont les mécanismes impersonnels du capital qui nous ont mis dans le pétrin actuel, et non le comportement personnel des individus ou l’avidité d’une génération précédente.
Il en va de même de tous les discours sur le "peuple" ou les "citoyens" qui seraient la force qui peut sauver le monde. Ce sont des catégories dénuées de sens qui couvrent des intérêts de classe antagonistes. La sortie d’un système qui ne peut exister sans l’exploitation d’une classe par une autre ne peut se faire que par la relance de la lutte des classes, à commencer par la défense des intérêts les plus fondamentaux des travailleurs contre les attaques de leurs conditions de vie et de travail portées par tous les gouvernements et tous les patrons en réponse à la crise économique -attaques qui sont aussi de plus en plus prises au nom la nécessité de protéger l’environnement. C’est le seul moyen pour que la classe ouvrière développe le sens de sa propre existence contre tous les mensonges qui nous disent qu’elle constitue déjà une "espèce éteinte". Et c’est le seul moyen pour que la lutte des classes fusionne les dimensions économique et politique -en établissant le lien entre la crise économique, la guerre et les catastrophes écologiques, et en reconnaissant que seule une révolution mondiale peut les surmonter.
Au cours de la période qui a précédé la Première Guerre mondiale, des centaines de milliers de personnes ont participé à des manifestations pacifistes. Elles étaient encouragées par les classes dirigeantes "démocratiques" parce qu’elles répandaient l’illusion qu’il pouvait y avoir un capitalisme pacifique. Aujourd’hui, l’illusion d’un capitalisme vert se répand de plus en plus. Et de plus, le pacifisme, avec son appel à tous les gens de bonne volonté, cachait le fait que seule la lutte des classes peut réellement s’opposer à la guerre, ainsi que cela a été prouvé en 1917-18 lorsque le déclenchement des révolutions russe et allemande a obligé les dirigeants du monde à mettre un terme rapide à cette guerre. Le pacifisme n’a jamais arrêté les guerres, et les campagnes écologiques actuelles, en vendant de fausses solutions au désastre climatique, doivent être comprises comme un obstacle à sa véritable solution.

Courant Communiste International (27/08/2019)

Ce tract est distribué dans plus d’une douzaine de pays.
Nous sommes intéressés à en discuter avec tous ceux
qui se posent des questions au sujet de ce système à
l’agonie. Pour cela, nous organisons des réunions
publiques au mois d’octobre sur les questions traitées
dans ce tract dont les dates seront prochainement
indiquées sur notre site web :
www.internationalism.org.
Vous pouvez nous écrire par mail à l’adresse suivante :
international chez internationalism.org.

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