Une tribune pour les luttes

Israël : Ce que nous entendons par antisionisme

Article mis en ligne le jeudi 25 avril 2019

L’antisionisme porté par les communistes libertaires est un anticolonialisme. Il ne vise pas à « jeter les Israéliens à la mer » mais à remplacer l’apartheid colonial par une société laïque et égalitaire.

La volonté de pénaliser l’antisionisme au nom de la lutte contre l’antisémitisme est régulièrement au centre du débat politique en France. Dernière initiative en date, un groupe de parlementaires (principalement La République et Marche et Les Républicains) souhaite que l’antisionisme soit intégré à la définition juridique de l’antisémitisme qui est puni par la loi en tant qu’incitation à la haine raciale.

Le sionisme est une idéologie et un projet politique auquel l’adhésion, comme pour n’importe quelle autre opinion, n’implique pas d’appartenance religieuse ou ethnique particulière.

On peut être sioniste sans être juif et bon nombre de juifs sont antisionistes. Il existe même aux États-Unis dans l’entourage de Donald Trump un courant de l’extrême droite chrétienne favorable au sionisme en tant qu’accomplissement d’une prophétie biblique, dont les dirigeants, les pasteurs John Hagee et Robert Jeffress auteurs de propos antisémites étaient présents lors de la cérémonie célébrant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem aux côtés de Benyamin Nétanyahou.

En tant que courant révolutionnaire et communiste libertaire, notre refus de l’État d’Israël c’est le refus d’un État ethnique « juif » qui se maintient par le racisme, l’expansionnisme colonial, la spoliation et l’asservissement du peuple palestinien. Le sens et le but de notre antisionisme est d’en finir avec ce système colonial de ségrégation et de négation des droits du peuple palestinien et d’œuvrer à la formation sur la terre de Palestine d’un pays unique, laïque, dont les citoyens, qu’ils soient juifs, musulmans, chrétiens ou athées, vivraient libres et égaux en droits, ce qui implique de construire une société sans privilèges liés à l’appartenance ethnique ou religieuse comme en bénéficient les Juifs en Israël actuellement et non pas d’expulser celles et ceux qui vivent sur ce territoire.

Il est indéniable que l’antisionisme peut être un faux-nez pour de nombreux courants politiques réellement antisémites – d’extrême droite, religieux intégristes, complotistes – ou être porté par individus ou des États qui derrière ce terme et l’opposition à Israël professent la haine des Juifs ou entendent l’éradication de leur présence dans la région. Ces expressions peuvent se retrouver dans des manifestations pour la Palestine et AL les combat fermement, tout comme la grande majorité du mouvement de solidarité avec la lutte du peuple palestinien.

Les entreprises successives de criminalisation de l’antisionisme visent clairement les soutiens du peuple palestinien et plus particulièrement la campagne BDS (Boycott désinvestissement et sanctions) contre l’Etat d’Israël, déjà condamnée comme « antisémite » par Emmanuel Macron et avant lui Manuel Valls.

Clément G (AL Paris Nord-Est)

Alternative Libertaire n°293, avril 2019

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