Une tribune pour les luttes

Une victoire contre la criminalisation du mouvement de solidarité qui en appelle d’autres

Communiqué de l’UJFP

Article mis en ligne le vendredi 6 mai 2022

Le gouvernement Macron et le Ministre de l’Intérieur Darmanin se sont engagés, à coup de dissolutions, dans une démarche liberticide. Il y a d’abord eu la dissolution d’associations musulmanes dont le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) avec lequel l’UJFP travaillait. Puis il y a eu l’annonce de la dissolution de Nantes Révoltée et celle du GALE (Groupe Antifa Lyon et Environs).

En attaquant le mouvement de solidarité avec la Palestine, le pouvoir a tenté de franchir une nouvelle ligne rouge. Alors que le gouvernement français affiche sans honte une complicité ouverte avec l’apartheid israélien, alors que les relations politiques, économiques et militaires entre Israël et la France se développent, la dissolution de deux collectifs visait à bâillonner le mouvement de solidarité. Cette dissolution avait été prononcée au lendemain du discours de Jean Castex au dîner du CRIF affirmant, au mépris du droit international, que « Jérusalem est la capitale éternelle du peuple juif ».

Le décret de dissolution du Collectif Palestine Vaincra assimilait le boycott d’Israël à de la discrimination, violant ainsi l’arrêt de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) qui stipule que le boycott relève de la liberté d’expression. Il accusait le collectif de provoquer à la haine en qualifiant Israël d’État d’apartheid et considérait que ce collectif faisait l’apologie du terrorisme en soutenant la résistance palestinienne ou en exigeant la libération de Georges Abdallah.

Ensemble, le Collectif Palestine Vaincra (CPV), l’UJFP, l’AFPS et l’Union Syndicale Solidaires ont déposé des référés auprès du Conseil d’État. Et ils ont gagné. Le Conseil d’État met un coup d’arrêt à une dangereuse dérive liberticide en suspendant le décret de dissolution du Comité Action Palestine et du Collectif Palestine Vaincra.

Le Conseil d’État considère que les référés des associations (et en particulier celui de l’UJFP) sont recevables. Le décret de dissolution accusait CPV d’être l’auteur de propos figurant sur leur site. Le Conseil d’État explique qu’ils ne peuvent être tenus responsables de propos dont ils ne sont pas les auteurs.

Le Conseil d’État met les points sur les i en ce qui concerne le boycott : « … l’appel au boycott, en ce qu’il traduit l’expression d’une opinion protestataire, constitue une modalité particulière d’exercice de la liberté d’expression … » . Cerise sur la gâteau, l’État est condamné à verser 3 000 euros aux plaignants, les outrances de Mr Darmanin coûtent cher au contribuable.

Dans son référé, l’UJFP, association juive antisioniste, dénonçait la confusion entretenue entre antisionisme et antisémitisme. Elle rappelait qu’elle aussi prônait le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’État d’Israël et se battait pour la libération de Georges Abdallah.

Avec ses partenaires et en particulier le Collectif Palestine Vaincra, l’UJFP continuera à soutenir les droits du peuple palestinien jusqu’à ce que justice lui soit rendue.

La Coordination nationale de l’UJFP le 30 avril 2022

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