Une tribune pour les luttes

Précarité étudiante : marre de bouffer des pâtes.

Article mis en ligne le vendredi 24 octobre 2008

Les prix, en particulier des denrées alimentaires, n’arrêtent pas d’augmenter. Au cas où on aurait un doute, il suffit de se rendre dans n’importe quelle librairie, pour constater le boom d’une certaine forme de littérature, les recettes de cuisine « spécial étudiants ». Des dizaines d’ouvrages se disputent le privilège de nous expliquer les cent et une manières de préparer des pâtes, du riz ou encore de la purée micro-ondée.

Les bourses baissent…

Pendant ce temps le gouvernement pense à nous. Et pour bien montrer qu’il se soucie de nos problèmes, il nous concocte un vrai menu spécial…

1 En entrée, la suppression de l’ALINE. Il s’agit de cette allocation de 300 euros, mise en place il y a deux ans. En regardant de plus près, après les annonces triomphales du ministre de l’époque, elle ne concernait que 4% d’entre nous. Apparemment, c’était déjà trop.
2 En plat principal, la réforme des bourses. Et si, pour quelques veinards, c’est un peu plus de cash en début de mois, ou le remboursement des frais d’inscriptions, plusieurs dizaines de milliers de boursier(e)s perdent (au moins) un échelon, soit en moyenne 50/60 euros par mois. Quant à l’annonce de revalorisation des bourses, c’est une blague : + 2,5% pour les bourses, soit 1% de moins que l’inflation moyenne (sans parler du prix de la bouffe, des loyers… Qui augmente encore plus). Une « augmentation » comme ça, en général, on appelle ça une baisse…
3 En dessert, les prêts bancaires. Voici LA réponse à la précarité étudiante que l’état nous propose. Suppression des prêts à 0% remplacés par des crédits CETELEM ou Banque Populaire au taux du marché. Proposer l’endettement avec intérêts comme seule solution, à des clients de plus en plus pauvres, c’est fou comme ça rappelle des choses en ce moment…


Les salaires stagnent…

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous salarier : trois sur quatre en été, un sur deux à l’année, pour la plupart abonnés au SMIC. Et si il y a une chose qui n’augmente pas en ce moment, c’est bien les salaires. Pourtant, la situation est grave. 20% des étudiantes et des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit 880 euros par mois en 2006. Combien d’entre vous se sont dit en lisant ces lignes : « j’aimerais bien gagner 880 euros par mois… » ? Et maintenant la récession. Et voilà la crise. Elle est le produit naturel de système capitaliste. Et ne nous leurrons pas sur les gesticulations présidentielles autour d’une quelconque « moralisation » du capitalisme. La seule solution que l’on nous propose, c’est de fermer notre gueule. C’est de travailler encore plus. C’est de s’endetter encore plus. C’est d’enrichir encore plus patrons et actionnaires pour sortir de la crise et… d’attendre la prochaine, encore plus grave. Place à la lutte. Face à la dégradation continue de nos conditions de vies, nous ne sommes pas seuls.

Refusons la réforme des bourses Luttons pour les salaires

Organisons nous nous-mêmes dans les facs, dans les cités… Préparons la lutte ! Les moyens d’actions ne manquent pas. Occupations de CROUS, blocages… Ensemble nous sommes une force. Pour les salaires, les luttes, bien que non médiatisées, se multiplient. Notre arme, c’est plus que jamais la grève. Il est temps de se doter d’outils capables de fédérer, de populariser ces luttes. Certains existent déjà (syndicats de luttes, collectifs), d’autres restent à mettre sur pieds (réseau de soutien aux luttes…).

Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

Clash N°29 - Octobre 2008

Publié le 22 octobre 2008 par Secrétariat de branche Jeunesse

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