Une tribune pour les luttes

Turquie

Solidarité avec Pinar Selek

Le 1er Octobre 2014 par Collectif lyonnais de solidarité avec Pinar Selek

Article mis en ligne le vendredi 3 octobre 2014

Pinar Selek est une militante et sociologue turque, féministe et antimilitariste.

Elle est accusée par les autorités turques d’avoir commis un prétendu attentat à la bombe au marché aux épices d’Istanbul en 1998. Alors jeune sociologue engagée de 27 ans, elle mène une enquête sur le conflit armé qui a transformé le sud-est anatolien en zone de guerre. Elle s’intéresse tout particulièrement aux militants kurdes du PKK qui ont choisi la lutte armée. Arrêtée par la police le 11 juillet 1998, elle est torturée puis incarcérée pour refuser de livrer les noms des combattants kurdes qu’elle a interviewés. C’est au cours de son incarcération qu’elle apprend qu’elle est accusée d’être complice d’un attentat au marché aux épices. Elle est libérée en 2000 suite à un rapport judiciaire attribuant l’explosion à une fuite de gaz puis acquittée en 2006.

Mais la cour de cassation fait appel du jugement. Un acharnement judiciaire commence qui dure maintenant depuis seize ans. Malgré deux nouveaux acquittements en 2008 et 2011, l’Etat continue d’instrumentaliser la justice pour que celle-ci révise le procès.

Dès le lendemain de sa libération, Pinar Selek a repris son travail de terrain et ses luttes contre toutes les formes de domination, le patriarcat, l’hétérosexisme, le nationalisme, le militarisme. Elle continue à déranger en écrivant sur des sujets tabous. En 2001, elle fonde avec d’autres l’association féministe Amargi qui s’engage contre les violences faites aux femmes et qui ouvre la première librairie féministe au centre d’Istanbul.

Après des années de procès, Pinar Selek a été condamnée à la prison à vie avec mandat d’arrêt le 24 janvier 2013. Ses avocats ont dénoncé l’illégalité de cette condamnation et ont obtenu son annulation auprès de la 9e Cour de cassation le 30 avril 2014. Le 3 octobre 2014, l’affaire est renvoyée devant la 15e Cour pénale d’Istanbul qui va recommencer le procès.

Depuis 2011, Pinar Selek vit en exil en France en tant que réfugiée politique. Elle est aujourd’hui à Lyon et a besoin de la solidarité de tout-e-s. La création d’un collectif lyonnais répond à cette exigence : au nom de la liberté d’expression et de lutte contre l’arbitraire et l’acharnement judiciaire, au nom de la lutte contre toutes les formes de domination. Nous appelons toutes les organisations et toutes les personnes attachées à ces valeurs et désireuses d’apporter leur soutien à Pinar Selek afin que celle-ci demeure libre à rejoindre ce collectif.

http://www.pinarselek.fr/

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3 Messages

  • Le 3 octobre 2014 à 14:31, par

    Je comprends tout à fait votre solidarité avec Pinak Selek victime comme bien d’autres kurdes de Turquie d’un procès injuste, mais il me semble qu’il serait plus important en ce moment où le Kurdistan démocratique syrien est détruit par les combattants bien armés de Daech, sous les yeux complaisants des grandes puissances et de la Turquie, de relayer les appels de la communauté kurde de Marseille au soutien des combattants Kurdes de Kobané.

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    • Le 3 octobre 2014 à 14:50, par

      Solidarité avec le Kurdistan en grand danger :
      Ne laissons pas se perpétrer un nouveau génocide

      Appel à manifester samedi 4 octobre, 14h00,
      aux réformés, en haut de la Canebière

      Depuis le 15 juillet, les gangs armés de l’Etat islamique (EI ou Daesh en arabe) lancent des offensives sur trois fronts contre le canton de Kobanê, utilisant des armes lourdes saisies en Irak et en Syrie. Dans le cadre de ces offensives, ils bénéficient du soutien militaire, politique et logistique de la Turquie. En échange de la libération de ses 49 otages retenus par l’EI, la Turquie a fermé les yeux sur les massacres commis par les djihadistes et leur a secrètement livré des tanks et des armes.

      Malgré leurs appels urgents et incessants à la coalition internationale contre l’EI, les Kurdes n’ont reçu aucune aide.

      Les Etats-Unis et les puissances européennes qui prétendent avoir créé une coalition internationale contre l’EI n’ont jusqu’à aujourd’hui entrepris aucune action en faveur des populations et, ce, malgré les violences et les atrocités commises par l’Etat islamique (EI ou Daesh en arabe) . Jusqu’à présent, la coalition n’a effectué aucune frappe aérienne contre les positions de l’EI autour de Kobanê, et n’a pas non plus répondu aux demandes d’aide humanitaire et militaire des Kurdes. L’inaction coupable de la communauté internationale met la population kurde de Kobanê face à un danger imminent de génocide.

      Le peuple kurde continuera à se défendre face aux assauts de l’EI, comme il l’a toujours fait jusqu’à aujourd’hui. Mais LE SPECTRE D’UN GENOCIDE EST BIEN LA ! Les Kurdes, ne sauraient affronter seuls cette menace, ils ont besoin du soutien de la communauté internationale.

      Un exemple frappant montre clairement la complicité de la Turquie avec l’EI : au lieu d’intervenir contre les gangs terroristes, les forces de sécurité turques ont violemment attaqué la population kurde qui a massivement afflué à la frontière pour soutenir les réfugiés venus de Kobanê. Ces attaques ont fait plusieurs morts et blessés graves des deux côtés de la frontière.

      Quant à l’EI, son objectif principal est de détruire le système politique mis en place par les Kurdes au Rojava. Il y a tout juste un mois, ses hordes de barbares ont violemment attaqué la région de Shengal (Sinjar) et de nombreuses exactions à l’encontre de sa population, majoritairement kurde yézidie. Depuis le 15 juillet, ils tentent de faire la même chose à Kobanê, sous les yeux indifférents de la communauté internationale.Avançant avec une artillerie lourde comprenant des obus, des chars, des missiles et des lance-roquettes, l’EI est arrivé aujourd’hui aux portes de Kobanê. Les centaines de milliers d’habitants de cette ville sont menacés de génocide. Les Unités de Défense du Peuple (YPG et YPJ) aidées par la population sont les seules à résister contre ces attaques, mais leurs armes ne suffisent pas pour arrêter l’avancée des gangs de l’EI.

      - Afin d’empêcher une nouvelle tragédie humaine, nous demandons d’urgence à la communauté internationale de fournir aux forces des YPG et des YPJ des moyens de défense adéquats pour résister contre l’EI à Kobanê.

      - Nous demandons également que des sanctions soient adoptées contre la Turquie et les autres Etats qui soutiennent l’EI.

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  • Le 3 octobre 2014 à 15:38, par arden

    Depuis plusieurs semaines , je suis surpris de constater que Mille Babords ( site militant de gauche avais-je cru comprendre ) ne relayait aucun des appels de solidarité envoyés par la communauté Kurde de france ( Paris , Lyon , Marseille ...) face à la menace d’extermination de la population Kurde de Syrie par les assassins-violeurs-pilleurs de Daech . Les Peshmergas kurdes sont les seuls ( avec des moyens limités ) à tenter de résister à ce nouvel impérialisme sauvage .
    Ils méritent au moins d’ëtre entendus , autant que les Palestiniens il me semble !

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