Une tribune pour les luttes

Couvre-feux, remise en cause du collège unique : REVOLTANT !

Article mis en ligne le mercredi 9 novembre 2005

Face à la révolte des jeunes issus des classes populaires, le gouvernement poursuit dans la surenchère sécuritaire et policière.

Nous savons tous que cette révolte est le fruit d’une importante dégradation sociale orchestrée par les gouvernements successifs, et concentrée dans les banlieues, depuis de nombreuses années : chômage massif, accroissement inexorable de la précarité,
appauvrissement d’une part toujours plus grande de la population, conditions
de logements dégradées, violences policières à répétition couvertes par l’Etat.

Qu’offrent ces politiques successives aux jeunes ? Du mépris et un déterminisme social que l’école seule n’a pas les moyens d’enrayer.

Comble du mépris et de l’ironie, la réponse principale faite à ces jeunes est une loi de 1955 utilisée pendant la guerre d’Algérie. Le gouvernement dit faire appel à cette loi pour utiliser une de ses dispositions : l’imposition de couvre-feux qui sont une véritable
atteinte aux libertés individuelles. Plus inquiétant encore des dispositions de cette loi
permette d’accroître les pouvoirs de la police et des préfets (perquisition la nuit, interdiction de réunions, de soirées ....)

De plus les déclarations de Villepin sur l’école, au lieu d’être porteuses d’espoir pour ces jeunes, deviennent un prétexte pour appliquer les aspects les plus rétrogrades de la loi Fillon, déjà unanimement rejetée par l’ensemble de la communauté éducative. En
souhaitant instaurer l’apprentissage dés 14 ans, le gouvernement veut revenir sur
l’obligation de scolarisation de tous les jeunes jusqu’à 16 ans, ceci s’accompagnant
inévitablement de la fin du collège unique et de la casse du code du travail qui interdit l’emploi de jeunes de moins de 16 ans. Le collège unique, loin de bénéficier des moyens à la hauteur de ses projets, a l’ambition de tenter d’enrayer le déterminisme social
et de faire accéder tous les jeunes à un même niveau de culture.

Le premier ministre reconnaît également que les baisses importantes d’aides aux associations a été une erreur et souhaite la corriger.

Outre que ces promesses doivent être suivies d’effets, les choix de société faits actuellement doivent être revus : il faut cesser de brader les services publics dont les populations défavorisées sont les premières bénéficiaires, de précariser davantage le travail comme c’est le cas avec le contrat nouvelle embauche, et de radier toujours
plus de chômeurs.

Ce n’est pas la « gauche actuelle », en proposant d’incantatoires « soirées d’espoir » qui a la volonté de faire changer les choses.

Dans nos écoles, et pour les parents d’élèves, la CNT-FTE, continuera de militer
pour un changement radical de société et en attendant se battra pour plus de justice, des emplois stables, des salaires décents, des horaires humains pour les parents, des logements convenables, la fin d’un quadrillage policier contre-productif, des services
sociaux à la hauteur des besoins, et une école réellement émancipatrice.

Le secrétariat fédéral de la CNT-FTE

Lyon, le 8 novembre

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