Une tribune pour les luttes

Tous migrants : action en justice

Article mis en ligne le samedi 25 juin 2022

Cette lettre particulière est un appel à votre soutien indispensable à la poursuite de nos actions en justice.

Notre association s’est constituée pour dénoncer et résister face à la politique migratoire illégale, illégitime, dangereuse et meurtrière qui s’exerce sous nos yeux contre les personnes exilées.

Cette politique violente est basée sur la militarisation de la montagne frontalière afin de traquer, contrôler et refouler de manière systématique les personnes exilées, au vu de leur faciès et au mépris de leurs droits.

Depuis la mise en place de cette politique, huit personnes ont perdu la vie dans nos montagnes briançonnaises et plus de 400 personnes sur l’ensemble des zones frontières de notre pays soumises à militarisation. Ce bilan terrifiant ne cesse d’augmenter malgré l’action de nombreuses associations de part et d’autre des frontières avec nos voisins européens. Ces jours derniers, à Sospel un exilé égyptien a été tué d’une balle dans la tête, au Pays Basque Abderraman Bas s’est noyé dans la Bildassoa.

Pour stopper cette politique meurtrière, nous n’avons de cesse de documenter ces violences afin de les rendre visibles par nos actions de plaidoyer, y compris en justice. Nous nous servons de l’arme du droit parce ce que nous n’acceptons pas que les personnes exilées soient traitées comme des citoyens de seconde zone, et qu’elles soient parfois pourchassées comme des bêtes sauvages, surtout si elles sont noires.

Depuis l’hiver 2016/2017, nous nous relayons dans la montagne pour réduire les risques et tenter de mettre les personnes à l’abri, avec l’aide des maraudeurs et de Médecins du Monde.

Nous organisons des manifestations devant la PAF pour dénoncer cette politique, mais aussi pour parler avec les forces de l’ordre. Nous avons réalisé à leur attention un livret « Au nom de la loi » (à lire en cliquant ici) qui les encourage à désobéir aux ordres illégaux et dangereux qu’ils reçoivent, après leur avoir rappelé les droits des personnes exilées et les règles déontologiques de leur métier.

Nous avons publié de nombreux communiqués et adressé des dizaines de signalements au procureur de la République (déni de droits, violences, discriminations, courses poursuites...) sur la base de plusieurs centaines de témoignages des personnes exilées.

Nous avons réalisé de nombreuses requêtes auprès des tribunaux administratifs, des actions en contentieux, des actions en référé liberté, et des saisines des instances indépendants comme le défenseur des droits.

Nous nous sommes constitués partie civile dans plusieurs affaires (décès de Blessing Matthew, procès des suprématistes de Génération Identitaires, procès de deux agents de la police aux frontières).

Notre action se place aussi dans la défense et le soutien aux solidaires, par exemple lors du procès en appel des 3 + 4 de Briançon, ou en contestant les dizaines d’amendes subies par les maraudeurs. Trente-trois personnes solidaires ont été ou sont encore poursuivies en justice.

Depuis notre mobilisation, 2 policiers de la PAF ont été condamnés, 1 autre mis en examen, de nombreuses décisions préfectorales d’obligations de quitter le territoire et de refus d’entrée ont été cassées, tandis que le conseil d’état s’est prononcé contre l’inaction de l’Etat vis-à-vis de la protection des exilés en temps de pandémie. Les personnes se déclarant mineures ne sont plus systématiquement refoulées et les témoignages de violence sont plus rares.

Mais la militarisation ne cesse de se renforcer avec l’arrivée d’un deuxième escadrons de gendarmes mobiles en renfort de la PAF depuis novembre dernier.

Depuis sa mort et le classement sans suite de l’enquête du procureur, nous menons le combat aux côtés de la famille de Blessing Matthew, une jeune nigériane qui a péri dans les eaux de la Durance, le 7 mai 2018, alors qu’elle était poursuivie par des gendarmes mobiles (en savoir plus en cliquant ici).

Nous mènerons aussi le combat aux cotés de la famille de Fatallah BELAFHAIL, mort le 2 janvier 2022, noyé dans le barrage du Freney, dans des conditions troubles là encore.

Aujourd’hui nous sommes aux côtés de la famille de Blessing et de Fatallah pour demander que la vérité soit établie et que justice leur soient rendue. Ce combat emblématique fait sens pour toutes les personnes qui ont trouvé la mort aux frontières de notre pays.

Nous avons besoin de vous à nos côtés pour nous soutenir, politiquement et moralement par votre adhésion, et financièrement par votre don, car ce combat nécessite des ressources humaines et financières importantes.

Merci d’avance pour votre soutien et pour partager cet appel.

P.-S.

Pour adhérer à Tous migrants : https://tousmigrants.weebly.com/adheacuterer.html
Pour faire un don à Tous migrants : https://tousmigrants.weebly.com/faire-un-don.html

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