Une tribune pour les luttes

La lettre d’information du site "la voie du jaguar"

Cette lettre recense les nouveautés publiées depuis 14 jours

Article mis en ligne le mercredi 13 janvier 2021

Nouveaux articles


** La Première Internationale
Entretien avec Mathieu Léonard **

par Mathieu Léonard - 8 janvier 2021

"L’Émancipation des travailleurs
Une histoire de la Première Internationale"
Mathieu Léonard (éditions La Fabrique, 2011)

(...) Seize ans avant la création de l’Internationale, il y a l’échec
de 1848. Répression de masse, exil… Il y a dans l’air l’idée d’un
crépuscule des révolutions au XIXe siècle, même si la Commune semblera
contredire cette impression. Nombreux sont ceux qui en viennent à penser
qu’il faut passer par d’autres formes d’actions et d’organisations
politiques, d’autant que quelques États européens s’ouvrent peu à
peu à un certain pluralisme, qui permet la constitution de partis ou de
syndicats. La construction de l’AIT ne se fait pas sur le projet d’une
insurrection armée, même si des internationalistes, comme les
blanquistes (surtout à partir de la Commune), y sont favorables. Son but
est d’y aller piano. C’est le jeu de l’histoire et la lutte des classes
qui conduit l’Internationale à la révolution, ce n’est pas une
aspiration de sédition qu’elle porte en elle-même. Les patrons et les
grandes puissances vont peu à peu la désigner comme une force subversive
et la diaboliser. Pourtant, il faut relire la définition de la
révolution dans "La Révolution politique et sociale", un journal de
l’AIT sous la Commune, pour mesurer la prudence des internationaux pris
dans le feu de l’histoire : "Nous sommes pour la révolution,
c’est-à-dire un état de choses tel que, sans secousse, sans désordre,
sans coup d’État, sans émeutes, sans léser aucun intérêt légitime, les
réformes politiques et sociales, cessant par la liberté complète de
pensée d’être un épouvantail pour les niais et les ignorants, puissent
passer aisément du domaine de la théorie sur le terrain de la pratique…"
(...)
- https://www.lavoiedujaguar.net/La-Premiere-Internationale-Entretien-avec-Mathieu-Leonard

** Les origines répressives du capitalisme **
par François Jarrige - 5 janvier 2021

Peter Linebaugh
"Les Pendus de Londres"

L’ouvrage classique de Peter Linebaugh sur les pendus de Londres
est enfin traduit en français. Il montre comment au XVIIIe siècle
le capitalisme industriel s’est adossé à la justice répressive pour
criminaliser un prolétariat attaché à des coutumes jugées dangereuses
pour le nouvel ordre social.

Historien états-unien et marxiste engagé, Peter Linebaugh n’a cessé
de militer contre la peine de mort et les ravages du capitalisme, tout
en défendant les biens communs comme alternatives au néolibéralisme.
Sa trajectoire et son œuvre restent pourtant assez mal connues en
France. Traduit une première fois via son travail avec Marcus Rediker
sur l’histoire de l’Atlantique révolutionnaire, la publication en
français de son premier livre constitue un événement éditorial.

Fruit d’une collaboration entre deux éditeurs indépendants, Lux,
éditeur basé au Canada, et le CMDE (Collectif des métiers de
l’édition) à Toulouse, l’ouvrage éclaire trois questions majeures de
l’historiographie du XVIIIe siècle : l’histoire sociale et populaire
de Londres, devenue une grande métropole commerciale qui atteint le
million d’habitants à la fin du XVIIIe siècle ; l’histoire du crime
et de la justice et de ses reconfigurations à l’heure de la répression
des communs ; mais aussi celle de l’avènement du capitalisme industriel
au moyen d’un arsenal normatif qui remodèle en profondeur les rapports
sociaux au travail. (...)
- https://www.lavoiedujaguar.net/Les-origines-repressives-du-capitalisme

** Première partie
Une déclaration… pour la vie **

par EZLN - 2 janvier 2021

Frères, sœurs et compañer@s,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de
différentes manières. Nous sommes femmes, lesbiennes, gays, bisexuels,
transgenres, travestis, transsexuels, intersexes, queers et autres
encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations,
mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier,
communautés et un long et cetera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des
ciels, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans,
des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des
cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des
identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes
d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du
prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des
monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des
préoccupations, des qualités, des défauts, des pour, des contre, des
mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions,
des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des
différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies,
des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements,
des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des
dégoûts, des manières d’être, et un long et cetera qui nous rend
différents et bien des fois nous oppose. (...)
- https://www.lavoiedujaguar.net/Premiere-partie-Une-declaration-Pour-la-vie

** "La Grande Transformation" (XII) **
par Georges Lapierre - 1er janvier 2021

Aperçus critiques sur le livre de Karl Polanyi
"La Grande Transformation" (à suivre)

L’argent est bien une ruse de l’esprit puisque la vie sociale a bien
lieu, mais c’est une vie sociale dont les hommes sont absents — dans
le sens où l’on dit de quelqu’un qu’il est absent de ce qu’il fait.
Ils en ont perdu et l’intelligence et l’esprit. Seul le don et ce
qu’il signifie comme détachement pourrait leur en apporter
l’intelligence. Le don est l’acte par lequel nous nous détachons de
l’apparence, de l’objet plein de promesse, pour retrouver l’idée.
L’argent nous dépossède de la pensée de l’autre. Il est notre
pouvoir d’achat, notre pouvoir d’entrer en communication avec
l’absence — avec l’autre absent. Pour retrouver le don et la pensée
non aliénée, nous sommes amenés à passer par l’argent, par
l’absence de l’autre ; à passer par la pensée sous sa forme
aliénée, ce qui nous amène à nous trouver en pleine confusion.

Il faut sans doute remonter à l’origine de l’argent, quand l’argent
vient remplacer les taureaux, les cochons, les vases, les trépieds ou
tout autre objet de valeur comme certains coquillages, les cauris, par
exemple. L’idée de l’échange paraît y gagner en universalité, en fait,
il n’en est rien, c’est seulement une classe sociale qui, s’étant
constituée comme entité sociale avec la formation de l’État, voit son
pouvoir augmenter en puissance et s’étendre dans toutes les directions.
(...)
- https://www.lavoiedujaguar.net/La-Grande-Transformation-XII

** Deuxième partie
La cantina **

par SCI Galeano - 31 décembre 2020

Calendrier ? Aujourd’hui. La géographie ? N’importe où dans le monde.

Vous ne savez pas bien pourquoi, mais vous marchez en tenant par main
une petite fille. Elle est sur le point de vous demander où vous allez,
quand vous passez devant une grande cantina. Un grand panneau lumineux,
comme la marquise d’un cinéma, déclare : "L’HISTOIRE EN MAJUSCULES.
Cantina-bar", et plus bas : "Les femmes, enfants, indigènes,
chômeurs, autr@s, personnes âgées, migrants et autres gens jetables
ne sont pas admis." Une main blanche a ajouté : "In this place, Black
Lives does not matter." Et une autre main virile a ajouté : "Les
femmes peuvent entrer si elles se comportent comme des hommes." À côté
de l’établissement sont entassés les corps des femmes de tous âges et,
à en juger par les vêtements en lambeaux, de toutes classes sociales.
Vous vous arrêtez et, résignée, la petite fille aussi. Vous regardez par
la porte et vous voyez un fouillis d’hommes et de femmes aux manières
masculines. Sur le bar, ou comptoir, un type brandit une batte de
base-ball et en agite la menace de droite et de gauche. La foule est
clairement divisée : d’un côté ceux qui applaudissent et de l’autre ceux
qui huent. Tous sont comme enivrés : le regard furieux, la bave coulant
sur le menton, le visage rouge.

Quelqu’un, qui doit être le portier ou quelque chose dans ce genre,
s’approche et vous demande : "Vous voulez entrer ? Vous pouvez choisir
le camp qui vous plaît. Vous voulez applaudir ou bien critiquer ? Quel
que soit votre choix, nous garantissons que vous aurez beaucoup de
followers, de likes, de pouces levés et encore plus d’applaudissements.
(...)

- > https://www.lavoiedujaguar.net/Deuxieme-partie-La-cantina

** Au Carnet, nous nous mobilisons aussi
contre le mensonge de la transition écologique ! **

par ZAD du Carnet - 29 décembre 2020

À la ZAD du Carnet, nous avons choisi d’occuper un territoire menacé
de disparaître sous le béton. Ce sont 110 hectares sur près de 400,
soit environ un quart de l’île que nous défendons, qui sont voués
à abriter ce que les grands bousilleurs osent appeler un parc
éco-technologique. Nous inscrivons notre lutte dans celle contre le
capitalisme vert, car nous ne croyons pas à une transition qui refuse
de remettre en cause les dominations qui structurent nos sociétés.
Ici, nous essayons de construire une forme d’autonomie et pour nous,
construire l’autonomie passe par la réappropriation de notre façon de
penser le monde que nous habitons, loin de l’écologie productiviste
qu’on nous impose.

Ça n’échappe plus à grand monde, nous sommes collectivement en train
de saccager notre planète. Que nous proposent exactement les pouvoirs
en place pour y remédier ? Premièrement, culpabiliser celles et ceux qui
consomment soi-disant mal, surtout quand ils et elles sont pauvres.
Deuxièmement, trouver une solution technique à nos ennuis, sans
questionner notre foi aveugle dans le progrès et dans l’industrie.
C’est ce qu’on peut appeler capitalisme vert. Sur le site du Carnet,
nous sommes directement concerné·e·s. Le port de Nantes-Saint-Nazaire
prévoit d’installer un parc éco-technologique, c’est-à-dire un parc
industriel mettant en avant les énergies renouvelables. Le terme est
volontairement flou et derrière le mot renouvelable, ce qui se cache,
c’est la recherche de nouvelles formes d’énergie à exploiter pour
continuer la croissance des besoins. En gardant toujours la mainmise sur
la production et la distribution, parce que le contrôle, contrairement
au reste du monde, n’est pas en train de s’écrouler. (...)
- https://www.lavoiedujaguar.net/Au-Carnet-nous-nous-mobilisons-aussi-contre-le-mensonge-de-la-transition


LA VOIE DU JAGUAR • informations et correspondance pour l’autonomie individuelle et collective • lavoiedujaguar chez riseup.net • http://lavoiedujaguar.net

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