Une tribune pour les luttes

Communiqué du mouvement NO TAV

Extradition d’Emilio Scalzo

France et Italie complices dans la criminalisation des luttes

Article mis en ligne le mercredi 8 décembre 2021

Le 15 septembre 2021 Emilio Scalzo, activiste italien en soutien aux exilés et issu du mouvement No Tav avait été incarcéré sur l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par les autorités françaises, puis assigné à résidence à Bussoleno (Val de Susa) en attente de la décision du juge.

Le 1 décembre il a ensuite été déplacé au centre pénitentiaire de Turin avant d’être extradé en France le vendredi 3 décembre. Actuellement à 400 km de chez lui, il n’a pas pu faire recours au Tribunal des Libertés et a été placé en détention préventive au centre pénitentiaire d’Aix-Luynes. La requête d’assignation à résidence en France chez un proche a été rejetée.

La demande d’extradition fait suite à une manifestation à Clavière en soutien aux exilés en mai dernier. Le chef d’inculpation serait le fait d’avoir agressé un CRS au cours de la manifestation, fait pour lequel il risque 7 ans d’emprisonnement. Emilio a déclaré qu’il ne pouvait pas partir lors de l’usage des gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre, alors même qu’il avait une attelle au genou et qu’il était assis. D’après un entretien pour Radio Sauvage il a déclaré "Les CRS ont continué à avancer vers moi et m’ont lancé une grenade explosive dessus, j’étais sonné, j’ai saisi un bâton en bois à côté de moi pour me défendre".

La solidarité envers les sans-papiers et les exilés qui essayent de trouver refuge en Europe ne cesse d’être criminalisée. De Calais à Vintimille, de la route des Balkans à Clavière, les solidaires qui s’organisent pour donner de l’aide matériel aux personnes qui veulent poursuivre leur chemin sont réprimés. Par ailleurs, l’enjeu des politiques de droite est celui de cibler les étrangers en tant que risque pour la stabilité national. Cela alors que la crise sociale et économique mondiale est le résultat de l’incapacité des gouvernements à faire face à la pandémie. Les prochaines élections en France sont une occasion pour ce genre de propos d’obtenir de la visibilité, le cas d’Eric Zemmour polémiste d’extrême droite candidat aux présidentielles 2022 avec son parti "Reconquête", explicitement raciste et nationaliste, en est un exemple.

En revanche, les militants qui sont mis en examen pour "aide à l’entrée sur le territoire national de personnes en situation irrégulière" comme Lorena Fornasir, Gian Andrea Franchi, ou les plus connus "7 de Briançon", n’obtiennent jamais la même attention ni considération.

Les politiques italiennes et françaises ont établi une relation de collaboration dans le domaine du contrôle, que ce soit en ce qui concerne la circulation des personnes en Europe ou bien au niveau de la répression de la solidarité, qui ne cesse de croître. L’histoire d’Emilio fait d’ailleurs écho à la récente condamnation de Mimmo Lucano, maire du village de Riace condamné à 13 ans de prison pour avoir aidé des migrants en utilisant ses pouvoirs administratifs.

Emilio Scalzo est un homme de 66 ans, défini comme "infatigable" par le même procureur de la République de Turin. Originaire du Sud de l’Italie il a traversé le territoire national quand il était encore adolescent . Maintenant il est loin de sa famille, de ses proches et de ses batailles parce que les systèmes juridiques et politiques des pays comme la France et l’Italie ont comme but commun la répression de la solidarité transfrontalière et la criminalisation des luttes.

Le mouvement NO TAV
8 décembre 2021
mail : notav.info chez gmail.com

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