Une tribune pour les luttes

Collectif Soutien Migrantes 13 / Al Manba

Les occupations continuent rue de la République ! The Occupations are continuing on rue de la République !

Article mis en ligne le vendredi 21 janvier 2022

english below

LES OCCUPATIONS CONTINUENT RUE DE LA REPUBLIQUE !

Octobre 2021, l’immeuble 1 place Sadi Carnot, alors occupé par une
quarantaine de personnes : des mineurs non-accompagnés, des familles et
simplement des personnes sans toit, est expulsé. La justice française et
sa police n’hésitent plus à mettre à la rue des enfants en bas-âge, des
jeunes scolarisés et simplement des personnes qui tentent de survivre et
se débrouiller sans possibilité de légalisation de leur situation, et ce
juste avant le début de la trêve hivernale. Au passage, toutes leurs
affaires ont été jeté dans l’heure, certain.e.s ont perdu leurs
documents.

En Novembre 2021, les habitant.e.s s’organisent entre elleux et occupent
un nouveau batiment quelques mètres plus loin, toujours sur la rue de la
république.

Rappelons un peu le contexte. Plus de la moitié de la rue de la
République est cédée en 2004, sous le régime de J-C Gaudin, à une
société immobilière domiciliée à Paris, appelée "SCI MARSEILLE CITY", et
appartenant elle-même à une "société de gestion portefeuille" nommée
PRIMONIAL REIM qui se targue sur son site internet de "gèrer et
valoriser sur le long terme pour le compte de ses clients investisseurs,
un parc immobilier représentant plus de 21 Mds € d ’encours sous gestion
et réparti sur 7 pays européens". L’objectif est de réaliser ce que
l’ancien maire appelera « une requalification de la rue de la République
 ». Il s’agit en réalité d’éliminer ce qui fait alors de la rue une rue
vivante, populaire et solidaire ; sa population, ses activités et ses
commerces, pour remplacer tout ça par des commerces de luxes et des
logements chics et chers.

Presque 20 ans plus tard, cette rue est vide. Personne ne se précipite
acheter dans les nouveaux commerces qui n’intéressent pas, entre autre
parce que la nouvelle clientèle n’est jamais arrivée. Selon un rapport
de « Centre Ville pour tous » datant de 2016 :

« Sur 208 immeubles et 3947 locaux à usage d’habitation actuels, un
quart des immeubles est à l’abandon ou en travaux. Sur les lots
d’habitation rénovés, un tiers du parc privé n’est pas loué.Concernant
les 205 locaux d’activité en rez-de-chaussée, deux tiers sont à
l’abandon. Seul le parc de près de 500 logements sociaux est entièrement
rénové et habité. »

Le bâtiment rue de la République occupé depuis novembre par les familles
expulsées du 1 Sadi Carnot appartient justement à un de ces fameux
bailleurs sociaux : UNICIL, filiale du groupe ACTION LOGEMENT,
entreprise prestataire de services sociaux et immobiliers pour les
collectivités territoriales dans toute la France. Sur son site internet,
à l’onglet "notre raison d’être", UNICIL dit vouloir intervenir "dans la
lutte contre l’habitat indigne, la gestion de copropriétés dégradées et
le centre de villes moyennes à redynamiser, en apportant des réponses
concrètes aux enjeux sociétaux des collectivités locales, avec
lesquelles nous dialoguons sans cesse, travaillant avec elles de manière
étroite et concertée". On se demande alors pourquoi le bâtiment était
fermé par une porte antisquat, verrouillant un chantier laissé en
suspens qui a laissé l’immeuble dans un état habitable mais nécessitant
les travaux gratuits d’artisans solidaires des familles nouvellement
habitantes.
La réponse se trouve peut-être dans le fait que la moitié du Conseil
d’Administration d’UNICIL se trouve être membre du Medef, syndicat
patronal bien connu pour son goût du profit et de la spéculation. N’y
aurait-il pas comme une odeur de socialwashing aubénéfice d’entreprises
locales ?
On se demande aussi si les appartements de ce bâtiment faisaient partis
des "près de 500 logements sociaux rénovés et habités" cités en 2016
par Centre Ville pour Tous. Si c’est le cas, on peut légitimement
s’inquiéter pour le reste des logements sociaux de la rue de la
République. Sont-ils tous devenus, à l’instar du bâtiment avant qu’il ne
soit occupé par les familles de Sadi Carnot, des chantiers abandonnés,
vides et empoussiérés ?

Au 1 Sadi Carnot, une rumeur qu’on a tendance à croire laissait entendre
que l’immeuble fait l’objet d’un projet d’hôtel de luxe, à deux pas des
marches qui mènent au panier. Pour qui ? Pour quand ? On vous laisse
imaginer la réponse.

En réalité, les investisseurs se fichent bien de laisser leurs bâtiments
vides ou d’en faire des projets qui ne répondent en rien à une crise du
logement qui concerne une grande partie de la population à Marseille.
Pour ne pas gâcher leur spéculation, ils préfèrent s’assurer qu’ils
restent vides en détruisant les appartements à l’intérieur des
immeubles, en plaçant des vigiles qui passent leur nuit à faire des
allers-retours rue de la république et en dépensant de l’argent dans des
dispositifs aberrants comme les portes antisquat.

Leurs profits ne viendront enrichir ni Marseille, ni sa population. Leur
gestion n’apportera pas de solution aux problèmes d’insalubrité des
bâtiments marseillais, des personnes sans domicile, des loyers qui ne
cessent d’augmenter.

Nous ne laisserons pas Marseille être accaparée par des grands
investisseurs qui n’en n’ont que faire des gens qui vivent cette ville !
Nous continuerons à demander à la mairie de prendre ses responsabilités.
Et notamment de laisser ses propriétés vides à ceux et celles qui n’ont
pas de toit. En attendant d’avoir le courage de réquisitionner les
bâtiments vides laissés aux spéculations d’investisseurs privés. Et nous
continuerons aussi à considérer que le droit d’usage de personnes dans
le besoin est bien plus censé que la propriété privée cultivant le vide
absurde et criminel du capitalisme. Nous nous donnerons les moyens de
reprendre les espaces qu’ils cherchent à spolier pour y créer une
solidarité combative.

Des Occupations plutôt que de la Spéculation !

Des logements dignes pour tous.tes et mort au capitalisme !

Des frontières aux métropoles, solidarité avec les exilé.e.s !

Collectif El Manba / Soutien migrant.e.s 13


THE OCCUPATIONS ARE CONTINUING ON RUE DE LA REPUBLIQUE !

October 2021, around forty people living in the building on 1 place Sadi
Carnot, were evicted : mainly unaccompanied minors, families or simply
people without a roof over their heads. The French justice and its
police are no longer hesitating to evicte small children, schoolchildren
or simply people who are trying to survive and get along without legal
papers, and this just before the start of the winter eviction break
(every year from November 1st to March 31st). In the meantime, all
their belongings have been dumped within one hour, some have even lost
their documents in the process.
In November 2021, the residents organised themselves and occupied a new
building a few metres away, still on rue de la république.

Let’s remember the context. In 2004, under the administration of the
previous mayor of Marseille, Jean-Claude Gaudin, more than half of the
rue de la République was sold to a real estate company based in Paris
and called "SCI MARSEILLE CITY". This company itself belongs to a
"portfolio management company" called PRIMONIAL REIM, which boasts on
its website that it "manages €30 billion of assets and more than 1,400
buildings in 9 european countries". The objective is to achieve what
the former mayor called "a requalification of the rue de la Republique".
In truth, it was a matter of removing what was creating a lively,
popular and supportive street over there : its population, its activities
and its shops are to be replaced by luxury shops and fancy expensive
housings.
Almost 20 years later, the street is now empty. No one is rushing to buy
anything in these new shops, among other things because the new
clientele has never arrived.
"Un Centre Ville pour tous", an association from Marseille that
struggles to ensure that the public authorities respect the right to
live with dignity in the center of the city, states in a 2016 report :
"Out of 208 buildings and 3947 premises for residential use today, a
quarter of the buildings are abandoned or undergoing work. Of the
renovated housing lots, one third of the private stock is not rented
out. Concerning the 205 ground floor business premises, two thirds are
abandoned. Only the pool of almost 500 social housing units is fully
renovated and occupied".

Since November, the families who were evicted from 1 place Sadi Carnot
are occupying a building on rue de la République that belongs to one of
these famous social landlords : UNICIL, a subsidiary of the "ACTION
LOGEMENT" French group, a company that provides social and real estate
services to local authorities throughout France. On its website, under
the heading "Our purpose", UNICIL says : "We want to fight against
undignified housing, manage degraded co-ownerships revitalize the center
of medium-sized towns. We intend to achieve this goal by providing
practical responses to the social challenges of local authorities with
whom we are continually in touch and with whom we are working in a close
and collaborative manner".

So we wonder why the building was closed by an anti-squatting door,
closing up the place in a livable state that required only some work
that craftsmen have done for free in solidarity with the newly inhabited
families.
The answer may lie in the fact that half of UNICIL’s Board of Directors
are members of Medef, a union of company owners that are well known for
its appetite for profit and speculation. Doesn’t this smell like
socialwashing for the benefit of local companies ?
One also wonders if the flats in this building were part of the "nearly
500 renovated and inhabited social housing units" listed in 2016 by
Centre Ville pour Tous. If this is the case, one can legitimately worry
about the rest of social housings in rue de la République. Just like
this building was, before it was occupied by the families of Sadi
Carnot, have they all become abandoned, empty and dusty building sites
as well ?
About 1 place Sadi Carnot, a rumour that we tend to believe suggested
that the building is the target of a luxury hotel project, just a few
steps away from the "Panier", a famous city quarter that attracts so
many tourists. For whom ? When ? Well, we’ll let you imagine the answer.

In truth, investors don’t mind leaving their buildings empty nor turning
them into projects that don’t address the housing crisis that is
affecting a large part of the population of Marseille.
In order not to waste their speculative money, they would rather make
sure that these buildings remain empty by destroying the flats inside,
by putting security guards all night long in front of them, and by
spending money on ridiculous devices such as anti-squatter doors.
Their profits will not enrich Marseille or its population. Their
management will not solve the problems in Marseille of unhealthy
housing, of homeless people, of ever-increasing rents.

We will not let Marseille be taken over by big business investors who
don’t care about the people who live in this city ! We will continue to
ask the city council to take its responsibilities and specially to give
its empty properties for those who do not have a roof over their heads.
We are tired of waiting for them to have the courage to publicly
reclaiming all the empty buildings that are left to speculation by
private investors. So, we will also continue to consider that the right
of people in need to use those housings is much more relevant than the
liberal right to private property that cultivates the absurd and
criminal vacuum of capitalism. We will give ourself the right to take
back all the spaces they seek to despoil in order for us to create
combative solidarity everywhere it is needed.

Occupations rather than speculation !

Decent housings for all and death to capitalism !

From every borders to every cities, solidarity with the exiled people !

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