Une tribune pour les luttes

Ukraine "Il n’y a pas de « on »"

Article mis en ligne le dimanche 6 mars 2022

« A l’usage de ceux qui se réjouissent des sanctions économiques prises contre la Russie, il est peut-être bon de rappeler que l’inflation et la récession, si elles peuvent éventuellement « augmenter le mécontentement populaire » et affaiblir le pouvoir en place, ont pour première conséquence de rendre plus cher et donc de diminuer ce qu’il y a dans le fameux « panier de la ménagère », et ce d’abord chez tous ceux dont la première préoccupation n’est pas de sauvegarder leurs économies, mais de manger tous les jours, qu’ils soient Ukrainiens ou Russes. Et desquels on va attendre, en plus de ça, qu’ils descendent dans la rue pour faire le ménage politique, ça commence à faire de grosses journées pour les bons « peuples ».

La guerre économique tue aussi, un peu plus lentement que les bombes, mais tout aussi sûrement. L’économie, d’ailleurs, contrairement aux chars d’assaut, n’a même pas besoin de la guerre pour tuer, cela aussi est bon à rappeler.

Quoi qu’il en soit, d’accord a minima pour dire « Non à la guerre », mais alors à toutes les guerres, et en étant d’abord avec ceux qui les subissent au premier chef, de tous les côtés de toutes les frontières. Et s’il faut finalement prendre les armes, que ça ne soit jamais au nom d’un drapeau.

Mais je ne vois pas en quoi nous serions, comme prolétaires, ou disons sujets du capital, et/ou a fortiori comme communistes, en devoir de chercher ou choisir une « alternative satisfaisante » à cette lutte entre l’aire européenne d’accumulation, ses règles douanières et ses accords commerciaux sous domination franco-allemande et l’aire d’accumulation eurasiatique sous domination russe. Il n’y a pas de « contre-pouvoir » au niveau des Etats, que du pouvoir, ou alors on pense que la police est là pour nous protéger, c’est la même logique. C’est leurs affaires, leurs bombes, leurs capitaux, on se les prend en travers de la gueule sous formes de bombes ou de restrictions, prolétaires ukrainiens, russes, et demain (allez, aujourd’hui) si le prix du gaz explose encore plus, et celui des denrées de base avec, prolétaires français, allemands, etc. On nous gave en ce moment H24 avec des problèmes géopolitiques qui ne sont pas les nôtres, et CA précisément c’est le nationalisme, et c’est le pourquoi du nationalisme et de la propagande dans toutes les guerres : faire qu’on pense comme si on était du côté du manche. Le problème des prolétaires ukrainiens, ce n’est pas la Russie et l’agression russe, mais leur gouvernement et leur bourgeoisie, et le fait d’être pris au centre d’une guerre économique pour savoir par qui et comment ils vont être exploités, toute autre logique ne conduit qu’à la justification du nationalisme et de toutes les guerres capitalistes.

La question n’est pas « on fait quoi face à l’agression russe », on n’a pas à répondre à cette question parce qu’elle ne nous est pas posée mais imposée, par les Russes, par l’Europe, par l’Etat ukrainien, c’est-à-dire au bout du compte par le capital. Il n’y a pas de « on ». Les réponses ne nous appartiennent pas plus que les questions une fois qu’on est entrés dans cette logique. Il faudrait trouver nos propres questions avant d’être débordés par celles des autres, et ça ça serait vraiment urgent. Ca n’est pas gagné, on dirait.”

la source : dndf.org
Philippe

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