Une tribune pour les luttes

Nouvelles acquisitions

Le Bulletin de la Médiathèque de Mille Bâbords n°14

Février 2013

contact-biblio chez millebabords.org

Permanences : le lundi de 14 à 17 h / le jeudi de 15 à 19 h

Abonnement 8 euros (ou plus par soutien). Gratuit pour les adhérents à Mille Bâbords.

I. Nous avons reçus

II. Les précédents bulletins

III. Principe de fonctionnement de la médiathèque

pour voir le catalogue en ligne


Nous avons reçu...

DVD

  • Hollande, DSK, etc. / Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure, Aurore Van Opstal - C-P Productions, 2012 - 83 min

Au printemps 2012, en pleine campagne des élections présidentielles, une équipe de choc s’invite chez les notables de la presse parisienne pour les interroger sur le traitement de faveur dont ils gratifient François Hollande depuis les premiers jours de sa candidature. En plébiscitant le prétendant socialiste au détriment des autres candidats, les responsables de l’information ne sont-ils pas en train de préempter l’issue du jeu électoral ?

Hollande saura-t-il les consoler de l’effondrement de leur ancien favori, Dominique Strauss-Kahn ? Confrontés aux preuves de leur parti pris, directeurs de journaux, éditorialistes chevronnés et petits soldats du journalisme politique se cabrent, se défaussent, se récrient, s’énervent – et parfois se dévoilent…

  • Mouton 2.0 : La puce à l’oreille / Antoine Costa, Florian Pourchi - Synaps collectif Audiovisuel, 2012. - 77 minutes.

La modernisation de l’agriculture d’après guerre portée au nom de la science et du progrès ne s’est pas imposée sans résistances. L’élevage ovin, jusque là épargné commence à ressentir les premiers soubresauts d’une volonté d’industrialisation.

Depuis peu une nouvelle obligation oblige les éleveurs ovins à puçer électroniquement leurs bêtes. Ils doivent désormais mettre une puce RFID, véritable petit mouchard électronique, pour identifier leurs animaux à la place de l’habituel boucle d’oreille ou du tatouage. Derrière la puce RFID, ses ordinateurs et ses machines il y a tout un monde qui se meurt, celui de la paysannerie.

Dans le monde machine, l’animal n’est plus qu’une usine à viande et l’éleveur un simple exécutant au service de l’industrie. Pourtant certains d’entre eux s’opposent à tout cela …

Écologie politique et Critique du productivisme

  • Avenir radieux : une fission française / Nicolas Lambert - L’Échappée, 2012

Ça faisait sept ans que Nicolas Lambert préparait cette pièce de théâtre sur le nucléaire, avalant des montagnes d’articles et de livres, allant visiter une centrale, hantant les réunions publiques sur l’EPR de Penly, rencontrant syndicalistes, intérimaires et militants, interpellant des responsables d’Areva et d’EDF quand, soudain, le 11 mars 2011 : Fukushima.

Alors cette énorme tâche qu’il menait seul, dans l’ombre et une indifférence polie, prit tout son sens. Le silence des médias ; l’apathie parlementaire ; le mépris envers les antinucléaires vus comme d’aimables hurluberlus ; le refrain rassurant sur l’absence de risques d’accident majeur : tout cela vola en éclats. à peine terminée, sa pièce tombait à pic…

Tour de force : en deux heures et en 23 personnages qu’il incarne seul sur scène, Nicolas Lambert nous raconte comment la France est devenue le pays le plus nucléarisé du monde, de 1945, date à laquelle De Gaulle crée le Commissariat à l’énergie atomique pour fabriquer la Bombe atomique, à nos jours, où ceux qui veulent « sortir du nucléaire » restent inaudibles… Entre rires étranglés et neurones irradiés, on comprend tout : la fable de l’indépendance énergétique ; la farce des débats publics ; le rôle très discret mais essentiel des grands commis de l’état comme l’étonnant Pierre Guillaumat, un des personnages clefs de cette saga ; l’affaire Eurodif et les attentats de Paris en 1986 ; les oukases de Mesmer et Pompidou ; les atermoiements de Mendès France et
Mitterrand…

Le texte de la pièce est enrichi d’un long entretien avec l’auteur, de compléments d’informations, de portraits et d’une chronologie.

  • L’emprise numérique : comment internet et les nouvelles technologies ont colonisé nos vies / Cédric Biagini - L’Échappée, 2012

Cartable électronique, cloud, e-book, Twitter, tablette tactile, Facebook, smartphone, big data… Le déferlement techno-logique bouleverse notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes. Les nouvelles technologies donnent l’illusion de la toute-puissance : transparence, accès immédiat à une infinité de connaissances et de produits culturels, démulti-plication des contacts et des échanges, accélération, etc. 

Multinationales du high-tech, start-ups ou hacktivistes, tous prétendent construire un monde sans conflit dans lequel les humains communieraient ensemble grâce à leurs machines magiques, affranchis de toutes contraintes et limites (temporelles, spatiales, relationnelles, corporelles), dans une société fondée sur la fluidité et l’instantanéité des échanges, organisée sur le modèle du réseau informatique : une forme de marché idéal. L’utopie libérale se réalise grâce à la révolution numérique en cours. Les nouvelles technologies recomposent le monde selon leur propre logique, celle de la performance et de l’efficacité. Elles renforcent le règne de la compétition et l’exigence d’aller toujours plus vite, de se mobiliser intégralement pour son entreprise et sur les « réseaux sociaux », d’être capable de s’adapter à toutes les évolutions technoculturelles, sous peine d’être exclu. L’homme numérique croit avoir trouvé l’autonomie en se débarrassant des pesanteurs du vieux monde matériel. « Enfin libre ! », dit-il, alors qu’au contraire, il dépend de plus en plus de dispositifs technoscientifiques. Pour rester dans la course et tenter de maîtriser un réel qui lui échappe, il multiplie les machines. Mais ce sont elles qui désormais le possèdent.

Féminisme

  • Contre les publicités sexistes / Sophie Pietrucci, Chris Vientiane, Aude Vincent - L’Échappée, 2012

La publicité exploite le corps des femmes pour susciter du désir, générer de l’envie, exacerber les frustrations et rendre le produit à vendre attirant. Soumise aux normes aliénantes d’une beauté stéréotypée, symbole du plaisir sexuel, ou encensant la ménagère passive cantonnée dans sa cuisine, l’image des femmes n’a jamais été autant instrumentalisée. Omniprésentes et conçues pour marquer les esprits, ces représentations modèlent notre imaginaire et participent à la construction des normes de genre : d’un côté, la féminité associée à la jeunesse, à la beauté et à la maternité et, de l’autre, la virilité à la force, à la puissance et à l’action. Loin d’être un art, tout sauf inoffensive – c’est-à-dire perçue au second degré par des consommateurs responsables –, la publicité véhicule les pires clichés sexistes et renforce la domination patriarcale.

  • Les féministes blanches et l’empire / Félix Boggio Éwanjé-Épée, Stella Magliani-Belkacem - La Fabrique, 2012

Depuis la loi dite « sur le voile à l’école » de réelles fractures sont apparues entre les différentes composantes du mouvement féministe pour aboutir à des clivages profonds en termes de mots d’ordre, d’actions et de mobilisations. Dans le même temps, l’offensive raciste s’est affermie, greffant à sa rhétorique la question des « droits des femmes ». Il est de plus en plus courant d’analyser ce virage en terme d’« instrumentalisation du féminisme à des fins racistes ». Ce livre entend précisément interroger et discuter cet énoncé.

L’idée qu’un mouvement social, une politique d’émancipation, puissent être simplement utilisés, ou récupérés par l’ordre existant pour renforcer son discours rencontre bien des limites. Comment expliquer que la réaction ait pu soudainement se parer de vertus « féministes », elle qui a toujours été si hostile aux mouvements féministes, elle qui est si prompte à défendre le patriarcat ? Pour comprendre ce tournant, il faut envisager la chose non comme une simple « récupération » ou « instrumentalisation » mais plutôt comme une convergence d’intérêt, comme une affinité entre les objectifs, à court ou moyen terme, de larges franges du féminisme et du pouvoir raciste et impérialiste, à des moments historiques précis.

C’est dans cette perspective que les auteur-e-s de ce court essai entreprennent une généalogie des stratégies féministes : non pas une histoire détaillée, mais plutôt un coup de projecteur sur des situations historiques où la question raciale et/ou coloniale s’est trouvée au cœur du discours des féministes. Les suffragettes et « la mission civilisatrice », le féminisme de la deuxième vague et, plus près de nous, l’épisode de la loi sur le voile à l’école ou encore celui de la solidarité internationale, constituent ces « moments » dont l’étude met à jour les logiques qui ont conduit certaines féministes à promouvoir leurs objectifs aux dépens des colonisé-e-s et descendant-e-s de colonisé-e-s.
Le livre propose une discussion stratégique sur le féminisme et le racisme, un récit des occasions perdues et de certaines faiblesses héritées que les mouvements progressistes doivent comprendre et dépasser pour inventer des futurs émancipateurs.

Histoire

  • Pirates de tous les pays : l’âge d’or de la piraterie atlantique, 1716-1726 / Marcus Rediker, illustrations de Thierry Guitard - Libertalia, 2008

Qui étaient les pirates ? Au nom de quel idéal ont-ils hissé leur drapeau à tête de mort, cet énigmatique « Jolly Roger » ? En quoi ont-ils perturbé durablement le commerce colonial et les traites négrières du début du XVIIIe siècle ?
Dans cet ouvrage, Marcus Rediker raconte l’histoire de quelques milliers de « scélérats » qui refusèrent de se soumettre à l’ordre mercantile et à l’exploitation pour préférer la liberté et la jovialité, dussent-ils le payer de leur vie.

Histoire ouvrière

  • Le goût de l’émeute : manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la Belle époque / Anne Steiner - L’Échappée, 2012

Malgré la poussée de la gauche aux élections législatives de 1906, les conflits sociaux se multiplient, impulsés par une CGT acquise au syndicalisme révolutionnaire. Entre 1908 et 1910, Paris et sa banlieue sont le théâtre de manifestations violentes rassemblant des milliers de participants que le sentiment d’injustice et d’impuissance face à la répression transforme en émeutiers. Ils attaquent des bâtiments, saccagent le mobilier urbain, brûlent trams et bus, élèvent des barricades et tirent sur les policiers à coups de browning.

À l’origine de ces explosions de colère, il y a des morts. Le 2 juin 1908, deux terrassiers grévistes de Draveil sont abattus par la gendarmerie. En octobre 1909, en Espagne, le pédagogue libertaire Francisco Ferrer est fusillé dans les fossés de Montjuich après une parodie de procès. En juin 1910, l’anarchiste Henri Cler est frappé à mort par un policier devant le quartier général des ébénistes en grève du faubourg Saint-Antoine. En juillet de la même année, des milliers de Parisiens se massent autour de la guillotine pour empêcher l’exécution du jeune cordonnier Liabeuf. Au printemps 1909, les boutonniers de Méru, engagés dans un long conflit, saccagent les demeures et les fabriques des patrons les plus haïs.
Ce livre raconte ces événements et dresse le portrait de ces foules sensibles et inflammables, versatiles parfois, courageuses toujours, affrontant avec des armes improvisées ou à mains nues les dragons casqués et montés envoyés pour les mater.

Immigration

  • Feu au centre de rétention, janvier-juin 2008 - Libertalia, 2008

Au cours des six mois qui ont précédé l’incendie du centre de rétention de Vincennes, le 22 juin 2008, les migrants « retenus » ont multiplié les actes de résistance, refusant de manger, d’être comptés, déchirant leurs cartes, brûlant leurs chambres, affrontant la police. Six mois de luttes collectives durant lesquels les éditeurs n’ont cessé de leur téléphoner et de recueillir le récit de leurs révoltes.
Il apparaît clairement que l’incendie de Vincennes et la révolte des enfermés étaient inévitables. Le décès d’un retenu tunisien le 21 juin, à qui l’administration refusait les soins appropriés, a été l’élément déclencheur. Ce que les sans-papiers de Vincennes nous disent pourrait tout aussi bien avoir été recueilli ailleurs, dans l’un des nombreux camps d’internement pour migrants érigés par les pays riches afin de contrôler les mouvements des populations pour mieux les exploiter. 
À la suite de la révolte collective qui a abouti à la destruction de cette prison spéciale pour étrangers, six personnes ont été interpellées. Elles ont été condamnées en janvier 2012 en appel de Paris à des peines de six mois à deux ans et demi de prison ferme.

Jeunesse

  • Un air de liberté / Hellena Cavendi. Illustrations de Julie Grugeaux, Éditions Chant d’orties, 2012

En 2368, certains nostalgiques du capitalisme projettent de remonter le temps grâce à une machine. Ils souhaitent empêcher la révolution populaire qui a débouché sur une société libre et égalitaire. Quatre adolescents aidés par un ami inventeur, Phil, Lluvia, Amélie et Pierrot, les poursuivent pour déjouer l’assassinat de John Lesmoines, auteur de la chanson « Liberty » qui a été le déclencheur de cette révolution. Ils échouent et la machine à remonter le temps les propulse dans le XXIe siècle. Ils se mettent sur la piste de Sean Desmoines, le seul qui pourrait reprendre la chanson de son père. Soumis à des imprévus, ils se perdent à travers le temps et découvrent les réalités du monde capitaliste. Aidés par deux anarchistes, ils parviennent à déclencher une révolution qui les rapproche de leur XXIVe siècle. Le premier manuscrit de ce livre a été écrit par Hellena Cavendi à l’âge de quatorze ans.

Littérature

  • Blackout ; précédé de Vivere à Milan ; et suivi d’Hypocalypse : poème / Nanni Balestrini - Entremonde, 2011

Rendre en vers la parabole des mouvements contestataires des années soixante-dix – leur force, leur rage, leur déclin – c’est ce que fait Nanni Balestrini dans les textes ici réunis. Par un savant équilibre entre la rigueur de la composition, qui repose sur des habiles techniques combinatoires, et une langue fragmentaire, portant inscrite en elle-même la trace d’une histoire en devenir, l’auteur donne vie à une mosaïque vaste et mouvante. Si Vivre à Milan reflète la radicalité et la complexité des conflits qui ont mis à feu et à sang l’Italie au cours de la décennie, Blackout apparaît incontestablement comme le grand poème épique de cette saison de révoltes. Lamentation funèbre pour la mort du mouvement mais aussi ultime cri de rébellion et d’espoir, cette épopée des vaincus, dont l’architecture répétitive évoque un mythique éternel retour, vibre de l’élan des grands événements collectifs et résonne d’une multitude de voix, personnelles et publiques. Ce sont l’intimité et la suspension qui dominent enfin dans Hypocalypse, images poétiques de la condition existentielle d’incertitude et de repli liée à la fin des grandes aspirations collectives.

  • Marcher & Une promenade en hiver / Henry David Thoreau - le Mot et le reste, 2013

Deux textes de H.D. Thoreau : le premier est le texte d’une conférence. Nous retrouvons ici le ton du plaidoyer et de la lutte. Marcher pour affirmer sa liberté d’homme, marcher pour mieux s’ancrer dans l’espace, fuir les villes et les clôtures et faire sien le monde.
Le second est un texte littéraire, l’évocation nostalgique d’un paysage enneigé du Massachussets, où la poésie se mêle à des observations très fines, dignes d’un naturaliste, sur les changements de la nature en hiver. Thoreau nous y emmène en promenade, nous faisant partager son émoi face aux splendides paysages gelés, s’arrêtant sur un lac, une forêt, le flanc d’une montagne ou la cabane d’un forestier, chaussant les patins pour suivre les méandres d’une rivière qui n’est prise qu’en superficie car, toujours, le feu couve sous la glace. L’hiver, nous dit-il, n’est pas une saison morne et triste mais une vitrine de curiosités, un moment de vie plus intérieure.
Dans les deux cas, Thoreau décrit ce qui marque l’expérience américaine en contrepoint de l’Europe et de l’Orient : l’appel de l’Ouest, les grands espaces.

Revue

  • Revue Agone n°50 – 2013 : Réprimer & domestiquer : stratégies patronales

Ce numéro 50 de la Revue Agone aborde les conditions de l’action collective en entreprise – de l’adhésion syndicale aux grèves – en plaçant la focale sur les dispositifs et stratégies patronales pour l’entraver et la canaliser. Si les sciences sociales se sont de nouveau penchées sur les mobilisations professionnelles et les conflits du travail depuis la fin des années 2000, les travaux sont souvent réduits à l’étude des transformations du syndicalisme lui-même (professionnalisation, stratégies de syndicalisation, etc.) et du contexte socio-économique dans lequel il opère. Les politiques patronales vis-à-vis de l’action des salariés, et en premier lieu des syndicalistes, restent un angle mort sociologique. À l’ombre des pratiques de « management » participatives et individualisantes qui font de l’entreprise un lieu aseptisé, il s’agira de montrer que celle-ci reste un lieu éminemment politique. C’est ce qu’illustreront les jeunes sociologues et politistes mais aussi les syndicalistes qui participent à ce numéro à partir d’enquêtes et d’observations au plus près des acteurs : de l’ethnographie des stages de formation des DRH et des supervisors en France et aux États-Unis à celle des relations et des proximités entre dirigeants syndicaux et patronaux d’une chaîne de la grande distribution, en passant par l’étude des usages du droit ou de l’histoire des répertoires de répression anti-ouvrière dans les années 1970. Cette revue se propose de décortiquer et d’analyser les politiques et stratégies patronales pour réprimer et/ ou domestiquer l’action syndicale et les luttes collectives.

  • Subversions : revue anarchiste de critique sociale – N° 1. Septembre 2012

Sommaire :

- Pot-pourri • Discours sur la méthode. La lutte avec des harragas à Paris • Aux insoumis de la pacification sociale • La répression et son petit monde • A l’air libre • Dans le marécage
- Démocratie • Démocratie blues • Le criminel c’est l’électeur • Crève la démocratie ! • Des pavés dans les urnes • Il fallait se décider à lutter • Quelques apports pour un dépassement de la démocratie • Le plus violent de tout serait de retourner à la normalité • L’incendie
- Focus • Un retour sur l’insurrection et ses contours • Sur quelques vieilles questions d’actualité parmi les anarchistes (et pas seulement) • Quarante
- Fil de l’histoire • Blanqui ou l’insurrection d’Etat

Stratégie

  • Résistance au gouvernement civil et autres textes / Henry David Thoreau - le Mot et le reste, 2011

Afin de protester ouvertement contre l’esclavage, Thoreau met en pratique une forme de « désobéissance civile » en refusant de payer des impôts, ce qui lui vaut en 1846 de passer une nuit en prison. Il en fait l’exposé dans un essai, Résistance au gouvernement civil (1849), plus connu sous le titre posthume de « La désobéissance civile », titre dont on n’a jamais pu prouver qu’il était de lui.

La présente édition de cet essai — accompagnée de larges extraits de « L’esclavage au Massachusetts » (1854), « La vie sans principe » (1854–1862), « Plaidoyer en faveur de John Brown » (1859) — vise à montrer que sa pensée n’est pas restée figée après 1849 ; ces textes permettent de saisir l’évolution de la pensée politique de Thoreau entre 1849 et 1859. Face à l’aggravation des tensions avec le Sud esclavagiste, il abandonne progressivement la désobéissance civile, conçue comme geste individuel d’objection de conscience. Il se rend compte que le simple non-respect de la loi par un citoyen ne suffira pas pour faire plier le gouvernement fédéral et qu’il faudra davantage qu’un geste « civil » isolé. Thoreau en vient alors à accepter l’idée d’une nécessaire violence et laisse poindre la tentation de « craquer une allumette » pour faire sauter le système ; lors de sa défense publique de l’abolitionniste John Brown, il considère même que ses fusils ont été bien employés à Harpers Ferry.

Bien plus que la « désobéissance » ponctuelle à une loi injuste, c’est une « résistance » farouche, aux objectifs variés, qui mobilise Thoreau en permanence et définit sa philosophie de vie : elle représente une posture de lutte pied à pied contre un gouvernement qui porte atteinte à la liberté de l’individu et contre les forces envahissantes de la société américaine, notamment la tyrannie du tout-économique et l’emprise sur l’opinion publique d’une presse de piètre qualité. Oublier les derniers essais politiques et réduire Thoreau au “théoricien de la désobéissance civile” enlève à sa pensée, celle de la résistance, son ampleur et sa complexité, émousse enfin sa force subversive : Thoreau est un rebelle qui conteste l’autorité de la Constitution et revendique le droit d’ingérence par la force dans les affaires des esclavagistes. Ne voir en lui qu’un « désobéissant » revient à préserver l’image de l’idéaliste non-violent, comme si l’on voulait tenter d’apprivoiser ce penseur jugé trop dérangeant.

Surveillance et Contrôle

  • L’industrie de la contrainte / Frédéric Gaillard, Pièces et main d’oeuvre - L’Échappée, 2011

BM, Thales, Clinatec : un filet global de capteurs électroniques, des outils informatiques pour traiter des myriades de données, un laboratoire pour « nous mettre des nanos dans la tête ».
Nous entrons dans la société de contrainte. Au-delà de ce que la loi, les normes sociales et la force brute ont toujours imposé ou interdit aux sans-pouvoir, des innovations issues de l’informatique et des statistiques, des nano et neurotechnologies, des super-calculateurs et de l’imagerie médicale, permettent bientôt la possession et le pilotage de l’homme-machine dans le monde-machine. La gestion de flux et de stocks d’objets au lieu de la perpétuelle répression des sujets : macro-pilotage d’ensemble et micro-pilotage individuel. Voilà ce que montre ce livre à travers des cas concrets et leurs effets voulus autant qu’inéluctables. De ces exemples d’un mouvement général, il ressort : que la possession est l’état de ceux que gouverne une puissance étrangère (neuroélectronique) qui les prive de leur libre arbitre et en fait l’instrument de sa volonté ; que la guerre est une violence destinée à contraindre autrui à faire nos volontés ; que la technologie est la continuation de la guerre, c’est-à-dire de la politique, par d’autres moyens ; que l’innovation accélère sans fin le progrès de la tyrannie technologique. Que nul ne peut s’opposer à l’ordre établi ni au cours des choses sans d’abord s’opposer à l’accélération technologique.

Théorie politique - Anarchisme

  • La Joie Armée / Alfredo Maria Bonanno- Entremonde, 2010

« La joie s’arme. Son attaque est le dépassement de l’hallucination marchande, de la machine et de la marchandise, de la vengeance et du leader, du parti et de la quantité. Sa lutte brise la ligne tracée par la logique du profit, l’architecture du marché, le sens programmé de la vie, le document final de l’archive. Son explosion bouleverse l’ordre des dépendances, la nomenclature du positif et du négatif, la loi de l’illusion marchande. »
Ce texte a été écrit dans le contexte tendu de la vague révolutionnaire italienne des années 70. Alfredo M. Bonanno y attaque avec virulence la soi-disant mission historique du parti communiste. Opposant à la spécialisation militaire des Brigade Rouges, il militera au contraire pour un insurectionalisme assumé et généralisé à l’ensemble du mouvement social.

  • Louis Bertoni : une figure de l’anarchisme ouvrier à Genève / Gianpiero Bottinelli - Entremonde, 2012

Inlassable propagandiste, typographe, militant syndicaliste, Louis Bertoni (1872-1947) est une figure phare du milieu anarchiste suisse de la première moitié du XXe siècle. Cet infatigable diffuseur d’idées a écumé les meetings politiques et supervisé la publication de plus de mille numéros du Réveil anarchiste et du Risveglio anarchico en un demi-siècle. La biographie de ce militant anarchiste tessinois établi à Genève est basée à la fois sur les témoignages de contemporains de Louis Bertoni et sur un corpus de sources volumineux. Au-delà des idées et de la personnalité fascinante de cet habitué des délits d’opinion, cette traduction mise à jour de l’ouvrage de Gianpiero Bottinello est un texte important pour le tableau qu’il dresse du quotidien des groupes anarchistes genevois, suisses et italiens de cette période mouvementée.

Théorie politique - Conseillisme

  • La révolution n’est pas une affaire de parti : la lutte contre le fascisme commence par la lutte contre le bolchévisme / Otto Rühle, précédé de : Otto Rühle et le mouvement ouvrier allemand / Paul Mattick - Entremonde, 2010

"L’expérience historique nous apprend que tous les compromis conclus entre la révolution et la contre-révolution ne peuvent profiter qu’à cette dernière. Toute politique de compromis est une politique de banqueroute pour le mouvement révolutionnaire. Ce qui avait débuté comme un simple compromis avec la social-démocratie allemande a abouti à Hitler. Ce que Lénine justifiait comme un compromis nécessaire a abouti à Staline. En diagnostiquant comme maladie infantile du communisme le refus révolutionnaire des compromis, Lénine souffrait de la maladie sénile de l’opportunisme, du pseudo-communisme." – O. Rühle

Théorie politique - Partis Communistes Européens

  • Les années terribles (1926-1945) : La Gauche italienne dans l’émigration, parmi les communistes oppositionnels / Michel Roger - Ni patrie ni frontières, 2012

Cet ouvrage propose les débats qui ont agité l’émigration italienne des communistes de gauche, principalement en Europe. Il retrace aussi le parcours individuel d’un certain nombre de militants, courageux, tenaces, qui ont défendu leurs convictions communistes et leur engagement révolutionnaire au péril de leur vie, et n’ont jamais renoncé à leurs convictions révolutionnaires.
On pourra donc aborder les questions politiques fondamentales posées par la dégénérescence de l’Internationale communiste, des partis communistes et l’échec de la révolution russe qui a entraîné la montée du fascisme, du stalinisme et la guerre d’Espagne pour enfin aboutir à l’horreur absolue de la guerre impérialiste mondiale jusqu’à l’enfer atomique à Hiroshima et Nagasaki.

Travail

  • A bas les restaurants : Une critique d’un travailleur de l’industrie de la restauration - Vinaigre, 2012

"Abolish Restaurants" a été publié en 2006 sur le site américain prole.info

« Notre lutte n’est pas contre le geste de couper des légumes, de laver la vaisselle, de verser de la bière ni même de servir de la nourriture à d’autres personnes. Elle est contre la façon dont tous ces actes se rassemblent dans un restaurant, séparés d’autres actes, pour faire partie de l’économie et faire croître le capital. Le point de départ et de fin de ce processus est une société de capitalistes et de personnes obligées de travailler pour eux. Nous voulons une fin à cela. Les luttes des travailleurs de restaurant visent ultimement à créer un monde sans restaurants et sans travailleurs. »

  • Éloge du carburateur : essai sur le sens et la valeur du travail / Matthew B. Crawford - La Découverte, 2010

Matthew B. Crawford était un universitaire, bien payé pour travailler dans un think-tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. À partir du récit de sa reconversion professionnelle, il livre dans cet ouvrage une réflexion sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales.
Mêlant anecdotes, récit, et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce « travail intellectuel », dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l’« économie du savoir », se révèle pauvre et déresponsabilisant. A l’inverse, il restitue l’expérience de ceux qui, comme lui, s’emploient à fabriquer ou à réparer des objets - ce qu’on ne fait plus guère dans un monde où l’on ne sait plus rien faire d’autre qu’acheter, jeter et remplacer. Il montre que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d’un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l’« économie du savoir ».


La liste des bulletins mensuels suit :

Bulletin n°1 de la médiathèque, décembre 2011

Bulletin n°2 de la médiathèque, janvier 2012

Bulletin n°3 de la médiathèque, février 2012

Bulletin n°4 de la médiathèque, mars 2012

Bulletin n°5 de la médiathèque, avril 2012

Bulletin n°6 de la médiathèque, spécial Education

Bulletin n°7 de la médiathèque, mai 2012

Bulletin n°8 de la médiathèque, juin 2012

Bulletin n°9 de la médiathèque, septembre 2012

Bulletin n°10 de la médiathèque, octobre 2012

Bulletin n°11 de la médiathèque, novembre 2012

Bulletin n°12 de la médiathèque, décembre 2012

Bulletin n°13 de la médiathèque, janvier 2013 : Spécial Jeunesse


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