Une tribune pour les luttes

Sur le site de Nantes Révoltée

Juste une mise au point sur le mouvement en cours contre le pass sanitaire

Article mis en ligne le mardi 27 juillet 2021

https://www.nantes-revoltee.com/juste-une-mise-au-point/

A propos de remarques entendues dans la mobilisation contre le pass sanitaire

« La police avec nous »

Ce slogan avait disparu des manifestations ces dernières années tant la police se montre brutale avec tout ce qui s’oppose au pouvoir. S’il ressurgit à présent, c’est souvent chez des groupes de personnes qui n’ont pas l’habitude d’être confrontées à la police. Lors de la première semaine des Gilets Jaunes en 2018, la plupart des manifestants chantaient « la police avec nous ». On connaît la suite : des dizaines de milliers de grenades tirées, des milliers de blessé-es, dont plusieurs centaines très gravement, des yeux crevés, des mains arrachées, des vies brisées, des milliers de personnes arrêtées. La police, en tant qu’institution, ne sera jamais « avec nous » puisqu’elle est la garante d’un ordre injuste. C’est la garde prétorienne d’un État autoritaire qui lui donne tous les droits. Nous l’avons encore vu samedi à Nantes : des salves de grenades ininterrompues sans autre motif que de se réunir devant la préfecture.

« Le COVID est un complot »

Le COVID est une pandémie très contagieuse et dangereuse, inutile de nier l’évidence. Elle touche gravement en majorité les personnes vulnérables et âgées mais aussi des personnes plus jeunes et sans facteurs de risques, beaucoup de personnes développant des séquelles à long terme (fatigue prolongée mais aussi problèmes inflammatoires voire amputations). Ce type d’épidémie est le produit du mode de production industriel : en saccageant la nature, en fabriquant des élevages gigantesques, en créant des zones en contact entre la faune sauvage et les industries, on crée les conditions de zoonoses : de passage d’un virus de l’animal vers l’homme, de mutations virales. S’il y a un « complot », il s’agit du capitalisme qui produit les conditions d’émergence de ces maladies, réellement mortelles. Par ailleurs, les fameuses « comorbidités » dont parlent les médecins sont pour certaines elles-mêmes le fruit du mode de consommation capitaliste : obésité, maladies liées à la malbouffe, etc. Être « radical », c’est chercher aller chercher les causes des choses à la racines et pas seulement des explications immédiatement satisfaisantes ou non-rationnelles.

« Unité avec l’extrême droite » ?

Des groupes ouvertement fascistes, royalistes ou intégristes tentent de s’emparer de la mobilisation contre le « pass sanitaire ». Et dans les cortèges, de nombreuse-eux manifestant-es lambda n’y voient pas d’inconvénient au nom de « l’unité ». Mais cette unité doit viser un objectif commun. L’extrême-droite rêve justement d’un monde de contrôle et de traçabilité, d’un monde de policiers et de militaires, où l’État gère la population. En plus, l’extrême droite française a voté contre la levée des brevets sur les vaccins, protégeant de fait l’industrie pharmaceutique. Enfin, l’extrême droite discrédite les manifs avec ses parallèles honteux sur la Shoah, dont les médias parlent tant pour salir le mouvement. Nous n’avons pas besoin d’elle, au contraire, il faut s’en débarrasser.

« Le vaccin est un poison »

Le principe du vaccin est un énorme progrès scientifique. Il a permis d’éradiquer de nombreuses maladies, notamment infantiles, et de renforcer notre immunité collective depuis un siècle. S’il est toujours légitime de se poser des questions sur les innovations qui touchent à nos corps et à notre santé – comme les nanotechnologies, les OGM ou les traitements expérimentaux par exemple –, focaliser le débat sur le vaccin est le meilleur moyen de perdre de vue le sujet crucial : l’extinction à marche forcée de nos libertés. Les médias qui cherchent à nous salir utilisent d’ailleurs cette méthode, en ne parlant que « d’antivax » plutôt que d’une opposition légitime à une mesure liberticide.

« On lutte pour les libertés individuelles »

C’est nécessaire, mais c’est insuffisant. Macron a été très clair le 12 juillet, le Pass sanitaire s’inscrit dans une batterie de mesures à la fois liberticides et anti-sociales. D’ailleurs, le gouvernement n’impose pas le vaccin par humanisme mais pour « relancer l’économie », comme l’a dit Bruno Lemaire. Depuis 5 ans, Macron s’en prend « en même temps » aux libertés – de manifester, de s’exprimer, de filmer la police – et aux droits sociaux – retraites, chômage, code du travail… C’est donc ici encore un package autoritaire ET anti-social qui nous tombe dessus, et il convient de lutter sur ces deux fronts. Se contenter des « libertés individuelles » ressemble à du libéralisme. Un message clair : libertés pour toutes et tous, égalité pour toutes et tous.

« C’est une manif de fachos », « Où étaient-ils pendant les précédents mouvements ? »

Ces phrases méprisantes reviennent en boucle dans la bouche de militant-es sur internet, exactement comme au début des Gilets Jaunes. Des remarques hors sol face à un mouvement difficile à cerner. Qui, lors de ses premières manifestations, est arrivé parfaitement formé politiquement, parfaitement déconstruit ? Personne. D’autant plus dans un contexte d’omniprésence de la parole d’extrême-droite dans les médias et de confusion entretenue par le pouvoir. C’est la lutte qui est formatrice, c’est dans une mobilisation qu’on apprend, qu’on évolue. Se contenter de dénigrer depuis la fenêtre du net c’est précisément laisser le champ libre à l’extrême-droite. De même, se plaindre que les manifestant-es actuel-les n’étaient « pas là » lors de précédents mouvement est un procès d’intention : on pourra toujours reprocher à quelqu’un de n’avoir pas participé à telle ou telle mobilisation en 2018, 2016, 2006 ou 2003. L’important n’est pas le point de départ mais le chemin. Plutôt que de dénigrer par réflexe, on peut se réjouir de voir un tel mouvement se lever après près de deux années de peur et d’apathie.

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3 Messages

  • Le 28 juillet à 09:16, par Philippe

    Puisque Mille Babords décide, en relayant cet article, de mettre la main dans ce panier de crabes qu’est l’actuel mouvement « anti Pass », « Antivax » et surtout anti « tout ce qui vient de Macron », il serait bien qu’il y ait, au moins, ouverture d’un débat sur ce site....

    Comme il nous refont le coup des gilets jaunes, genre "les intellos qui méprisent la base qui bouge", je propose quelques positions claires sur le dit mouvement :

    Ce mouvement est une agrégation de toutes les micros colères qui traînent et chacun (e) essaye de se refaire un périmètre politique. Les fachos bien sur mais pas que : tout ce qui rentre fait ventre et, pour faire mouvement, on accepte de faire « nombre » avec des tas de gens à qui l’on adresserait pas la parole ailleurs.
    En vrac on retrouve dans ces manifs : des gens inquiets d’une nocivité éventuelle du vaccin, des soignants qui confondent Contrat de travail et droits de l’homme (depuis quand la « liberté » est elle concernée par mes horaires de travail, suis je libre de faire tel ou tel soin, de me désinfecter les mains, de porter des gants ?) des complotistes de tous bords et jusqu’aux Qanons, des parents qui ont peur qu’on vaccine leurs enfants, des politicards qui essayent de récupérer la colère (principalement l’extrême droite et les Insoumis), des démocrates obsédés de la liberté individuelle....

    Deux mots d’ordres seulement sont scandés par tout le monde dans ces manifs, de loin en loin, deux slogans qui ne concernent que les démocrates et qui devraient repousser tout « révolutionnaire » qui se respecte :« Macron démission » et « Liberté ».
    Pourquoi ces slogans devraient ne pas nous concerner ?
    Le premier car nous ne nous situons pas sur un plan de la vie démocratique : « Macron démission » signifie que nous pourrions en mettre un autre à se place. Nous n’avons pas à choisir le chargé d’affaire local du mode de production capitaliste.
    « Liberté » : nous pourrions avoir un débat sur cette notion capitaliste inventée pour permettre au prolétaire « libre » de vendre sa force de travail devenue une marchandise à l’homme aux écus « libre ».
    Mais en nous en tenant à la fameuse « liberté individuelle », il y a maldonne : je suis libre de refuser de me soigner si je choppe un cancer ou si cela ne concerne que moi. Dans le cadre d’une maladie contagieuse, je ne suis libre de rien du tout ! Pas plus que je suis « libre » quand je mets ma voiture au milieu de centaines d’autres sur la route. Ou que je peux contaminer une personne immunodéprimée, en danger de mort, sur mon lieu de travail !
    Quand aux slogans « liberticide », dictature, pour ne parler que des plus softs, ils sont ridicules à tout observateur de ce qu’est réellement la dictature sur cette planète.....

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    • Le 28 juillet à 13:10, par

      Nous serons des millions de crabes libres encore ce samedi.
      Et bonne vaccination à Philippe à Noel, Paques et aux tisons.

      Répondre à ce message

      • Le 28 juillet à 16:40, par Philippe

        Des millions ??? Au moins !!!!

        La trumpisation du débat passe d’abord par les fakenews !

        Dans notre série "ne mollissons pas dans l’excès", une des meilleures : " Peuples solidaires contre l’infamie !" . Rien de moins !

        A quand l’attaque du Capitole.... euh, de l’Elysée ?

        Répondre à ce message

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