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En Italie la répression bourgeoise s’abat sur les militants du syndicalisme de base - Grève sur les plateformes norvégiennes - Négation du droit à l’avortement aux États-unis - L’Espagne vise, le Maroc tire

Article mis en ligne le mercredi 10 août 2022

En Italie la répression bourgeoise s’abat sur les militants du syndicalisme de base, avec les accusations les plus absurdes, dans le cadre de la criminalisation des luttes ouvrières hors du contrôle du collaborationnisme tricolore.

Aujourd’hui, ils visent les luttes des travailleurs de la logistique, comme hier celles des chômeurs, et demain ils réprimeront tout autre mouvement de lutte.

Aux premières heures du vendredi 22 juillet dernier, quatre syndicalistes de SI Cobas et deux de l’USB ont été arrêtés et placés en résidence surveillée pour « violences privées, résistance à agent public, sabotage et interruption du service public » lors des grèves des travailleurs de la logistique entre 2014 et 2021.

Selon le ministère public de Piacenza, « ces grèves ont été mises en œuvre avec des prétextes comme motifs et avec des intentions « d’extorsion », afin d’obtenir pour les travailleurs de meilleures conditions que celles prévues par le contrat national » (1).
Selon le GIP (2), il a en effet été constaté que « dans de nombreuses situations, l’agitation syndicale et l’exercice du droit de grève n’ont servi qu’en partie à défendre les droits des travailleurs, mais surtout à consolider des positions de force, et même à des fins lucratives ». Et encore : « Chaque infraction commise, chaque blocage de personnes et de biens, chaque interruption de service public ou boycott, chaque conflit physique avec la police ont été planifiés, recherchés et voulus par les suspects qui ont toujours agi avec la conviction qu’ils bénéficieraient de positions de privilège, presque d’une sorte d’immunité derrière l’exercice du droit de grève ».

« Dans la concrétisation d’un tel dessein de délinquance - poursuit le GIP - les travailleurs étaient simplement instrumentalisés et utilisés comme des pions à déplacer d’un côté à l’autre pour accentuer chaque initiative (d’après les virements bancaires, la SI Cobas aurait dépensé plus de 200 000 euros en un an pour la location de bus) ».
Pour parvenir à leurs fins, les suspects auraient constitué des groupes criminels capables d’organiser et faire converger des travailleurs, mais aussi des personnes totalement étrangères au contexte du travail mais de temps à autre intéressées, pour commettre de nombreuses infractions comme celles en lien avec le conflit en les « légitimant » par la lutte syndicale, en les « dissimulant sous la rhétorique de la lutte des plus faibles contre les plus forts ». [...]

Publié le 24/07/2022
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Grève sur les plateformes norvégiennes en mer du Nord
Après le diktat de la concorde nationale contre l’ennemi Covid,
la lutte prolétarienne ne doit pas se soumettre encore au chantage de la crise et de la guerre impérialiste

Le 5 juillet dernier éclatait une grève d’une partie du personnel des plateformes gazières et pétrolières de la mer du Nord. Les travailleurs en lutte sont des cadres assurant des fonctions de responsables dans le contrôle de la production et un arrêt de travail de leur part signifie aussi l’interruption de l’activité sur les plateformes concernées par la lutte (1). Leurs revendications concernent le rattrapage salarial. Comme d’habitude pour toute grève gênante pour la bourgeoisie, le peu d’information ne nous permet pas de décortiquer tout le fonctionnement de cette lutte. Mais aussi brève qu’elle fût, un sel jour celui du 5 juillet, elle s’est déroulée dans un contexte international de guerre économique et militaire où les Etats bourgeois ne tolèrent des prolétaires que leur soumission et leur embrigadement au service du capitalisme. Il y a donc des leçons à tirer de ce point de vue.

Rappelons ce contexte. Avec la guerre impérialiste sur le champ de bataille Ukrainien et la guerre parallèle et simultanée de représailles économiques que se livrent les deux blocs belligérants, les matières énergétiques et premières sont devenues une arme de destruction économiques et financière. Répondant aux coups de canons des sanctions économiques de l’Ouest, la Russie a riposté par d’autres missiles économiques pour éviter notamment l’effondrement du rouble et pour bénéficier aujourd’hui des prix super élevés du gaz et du pétrole.

Avec ces matières énergétiques, la Russie détient par ailleurs une arme absolue de chantage contre les pays de l’Europe. En exigeant le paiement du gaz et du pétrole en roubles et non plus en dollars, sous peine de fermer les robinets, la Russie a réussi non seulement à consolider sa monnaie et augmenter le prix du gaz, mais aussi à son tour à affaiblir économiquement et socialement l’impérialisme européen adverse. L’inflation vient frapper de plein fouet la classe ouvrière qui n’avait déjà plus de réserve après la crise Covid-19 et qui aujourd’hui peut potentiellement faire exploser la paix sociale en dehors de tout contrôle des forces politiques, syndicales et sociales destinées à cette fonction de contrôle. L’ennemi économique et militaire est connu, la Russie. L’ennemi social intérieur est lui aussi connu, le prolétariat. Il fait trembler toutes les démocraties européennes qui se pressent un peu plus encore pour mettre en place leur cordon de sécurité d’associations, syndicats et partis réformistes, mais aussi qui renforcent de manière permanente leur cordon de sécurité et surveillance policière. En particulier en France en ce moment du jeu parlementaire dans le nouveau parlement, le thème de l’appel à la concordance nationale va faire parti de tous les débats. [...]

Publié le 11/07/2022
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Négation du droit à l’avortement aux États-unis d’Amérique

L’abolition du droit fédéral à l’avortement aux États-Unis par la Cour suprême a semé le trouble dans le monde occidental. Des partis les plus ouvertement sociaux-démocrates et parlementaires aux partis d’opposition autoproclamés « marxistes », des cris d’indignation ont été lancés contre cet affront aux droits humains, affront apparemment rendu encore plus grave par le fait que c’est un pays « avancé » qui l’a mis en œuvre. De notre côté, nous affirmons plutôt que c’est une confirmation de nos thèses sur la démocratie et sur la prétendue « civilisation » de la société bourgeoise d’aujourd’hui. Mais pour traiter la question d’une manière plus approfondie, il faut rappeler brièvement l’histoire du droit à l’avortement aux USA .

Dans ce pays, il a été institutionnalisé au niveau fédéral par l’arrêt « Roe versus Wade » en 1973. Avant cette décision, l’avortement était réglementé par les lois de chaque État indépendamment, ce qui le rendait illégal dans tous les cas pour un grand nombre d’États (au moins 30), compte tenu des choix des administrations locales de tendance conservatrice et chrétienne. Le cas de Jane Roe, pseudonyme de Norma McCorvey, a été particulièrement important dans le développement du droit aux États-Unis. Cette femme, née et vivant dans le dit « sud profond », mariée à l’âge de 16 ans, a été incitée à poursuivre l’État du Texas pour sa législation anti-avortement alors qu’elle attendait son troisième enfant. L’avocat de la défense de l’État était Wade, qui a donné son nom à l’affaire. La Cour suprême des États-Unis, interpelée dans le débat après 3 ans de procès, a fait valoir que la Constitution américaine (en particulier le 14e amendement) devait garantir la limitation de l’ingérence étatique sur les individus, y compris dans le cas d’avortement. Cette décision était capitale, forçant un grand nombre d’États à modifier leurs lois sur l’avortement et ouvrant directement la voie à une loi fédérale sur le sujet. Dans cette histoire, il faut noter que, bien qu’il y ait évidemment eu des pressions sociales évidentes, la sentence a été une décision essentiellement juridique décidée par un petit cercle de bureaucrates ; il faut donc comprendre cette libéralisation comme un processus (comme cela arrive souvent dans le système capitaliste moderne) de limitation des frictions de classe par des concessions pour alléger des difficultés de la vie des prolétaires. [...]

Publié le 04/07/22
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37 migrants tués à la barrière de Melilla, des centaines d’autres blessés :
L’Espagne vise, le Maroc tire

Selon les derniers chiffres fournis par les ONG, le nombre de migrants tués vendredi 24/6 alors qu’ils tentaient d’entrer en Espagne s’élève désormais à 37. Le Maroc, et l’Espagne avec lui, affirment qu’il y en a beaucoup moins, mais les images diffusés par les médias, où l’on peut voir des cadavres empilés comme dans une scène de guerre, contredisent la version du gouvernement alaouite.

D’après ces mêmes ONG, 2 000 migrants, pour la plupart d’origine subsaharienne, ont tenté de franchir la barrière de sécurité séparant Melilla du Maroc vendredi matin. Ces migrants attendaient depuis des semaines du côté marocain de la frontière, dans les forêts de la région, pour tenter de passer en Espagne par la partie la plus facile, celle qui borde le quartier chinois de la ville. Au moment du passage, la gendarmerie marocaine a utilisé des équipements anti-émeutes contre eux, les forçant à battre en retraite et les faisant tomber dans un ravin qui agit comme une défense naturelle de la frontière. Alors que les immigrants tombaient, la police a continué à leur tirer dessus, provoquant le massacre. En plus de ceux qui sont morts immédiatement des coups qu’ils ont reçus avec des bidons de gaz jetés à bout portant ou par la chute sur la pente, il faut ajouter ceux qui ont perdu la vie étouffés sous le corps de leurs compagnons.

Les quelques centaines de migrants qui ont réussi à sauter la clôture, bien qu’ils aient eu plus de chance que ceux qui sont tombés morts ou grièvement blessés, ont dû faire face à la Garde civile et aux gendarmes marocains qui ont été autorisés à entrer (illégalement selon la loi espagnole) pour aider à réprimer, capturer et renvoyer les immigrants. Ils n’ont pas été tués, comme cela s’est produit de l’autre côté de la barrière, mais ils ont subi les passages à tabac des policiers des deux pays : c’est la véritable solidarité qui existe entre les mercenaires à la solde des deux États, pour lesquels il n’y a aucune restriction lorsqu’il s’agit de cibler les jeunes qui ont subi depuis des mois, voire des années, les affres d’un voyage éprouvant au cours duquel le manque d’eau et de nourriture adéquate les a laissés épuisés. [...]

Publié le 25/06/2022
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